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Derniers commentaires

  • Gravatar Le dessin mignon arrière de ma maison, Zelia! avec quelques traits et couleurs que vous avez laissé un souvenir chaleureux
  • Gravatar Chère petite Zélia, que cela doit être doux pour Droopy d'entendre ce cris de tendresse! Garde cette spontanéité à ton
  • Gravatar Danseuses dans un patio andalou ! Quelle grâce et quel rayonnement ! A vous la vie !
  • Gravatar ! Pero que listita es mi chica! Lo que habreis aprendido, sin duda, es que todas las acciónes tienen sus consecuencias ( bue
  • Gravatar Comme je comprends ta lettre Zélia! Droopy, c'était un membre de ta famille, celui qui vous a porté sur les routes du mond
  • Gravatar Mi skribas por deziri al Zelia felicxan naskigxdatrevenon!!! Cxion bonan, kara knabineto!!! Mi sauxdadas vin!!! Kisojn!!! Eid

Boisson nationale (fin)

Écrit par Florence.

En Mongolie, habituée à commander du thé au restaurant, j'ai demandé ma boisson; fière de ne pas boire de sodas américains comme les autres touristes... Et bien, j'aurais plutôt dû commander autre chose! La Mongolie est connue pour son thé au beurre de yack, je l'avais oublié. Il faut néanmoins goûter le breuvage une fois dans sa vie. Le goût est vraiment particulier: on ne sent presque pas le thé; j'avais d'ailleurs plutôt l'impression de boire de l'eau chaude avec beaucoup de lait. Par contre, le goût gras du beurre s'imprègne bien sur les papilles gustatives!!

 Quelques jours plus tard, à nouveau au restaurant je remarque sur la carte différents choix de thés. Téméraire, je commande un Mac Tea curieuse de découvrir une nouvelle saveur. Il s'agissait en fait de poudre pour thé glacé servi dans de l'eau bouillante... C'est moins lourd que le thé au beurre, mais c'est tout aussi mauvais.

 Pour finir, en Mongolie, j'ai finalement fait comme les autres touristes et bu des sodas américains au restaurant...

 

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Mais tout s'arrange en Chine. Le thé au jasmin est à nouveau la boisson nationale la plus consommée. Au restaurant, il est compris dans la commande. Sans savoir besoin de le demander, le serveur apporte une théière sur la table et les clients peuvent en redemander autant qu'ils le désirent.

 

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Dès notre arrivée au Laos, nous constatons que la route du thé est belle et bien terminée. Au restaurant, ce sont des carafes d'eau fraîche qui trônent sur les tables. Pour se rafraîchir entre deux repas, les jus de fruits frais ont la préférence des consommateurs locaux ou des touristes.

La Ville Cachée

Écrit par Florence.

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 Émue par ce pan dramatique de l'histoire laotienne, je prends la place de Zachary pour vous relater notre découverte de la ville cachée.

 

Au nord-est du Laos, non loin du Vietnam, la province montagneuse de Houaphanh a été la cible d'intensifs bombardements américains de 1964 jusqu'à 1973. Pendant ces neuf années, 20'000 laotiens, l'administration du mouvement révolutionnaire pour un lao indépendant et des volontaires rejoignant la révolution se sont cachés et protégés des bombardements dans des montagnes transformées en un réseau de caves. Cette région est connue dès lors comme le lieu de naissance, en 1975, de la République Démocratique du Laos toujours en vigueur aujourd'hui.

 

Arrière plan du conflit:

Pendant la colonisation française de l'Indochine (Laos, Cambodge et Vietnam) un mouvement nationaliste s'est créé au Laos dont le but était le contrôle du pays par ses propres citoyens.

A la fin de la 2ème guerre mondiale et du colonialisme, un traité franco-laotien a été signé pour la création d'un Laos indépendant et d'une monarchie constitutionnelle. Mais cela ne suffit pas à stabiliser le pays.

Pendant les années cinquante, dans le climat de guerre froide, les USA versèrent de l'argent au Laos afin d'influencer la politique du pays et d'enrayer la création d'idéologies communistes; ce que faisaient justement le mouvement nationaliste pour un lao indépendant « le Pathet Lao ». Le Pathet Lao avait effectivement établi son pouvoir à Houaphanh et Phongsali, où le siège central de son gouvernement était basé dans les grottes des montagnes de la région. Le reste du pays restait par contre sous l'influence du gouvernement monarchique. Mais les USA étaient déterminés à stopper l'influence grandissante du Pathet Lao. Ils construisirent secrètement une base militaire où ils stationnèrent des avions de guerre. Contrairement à la guerre du Vietnam, la bataille menée au Laos était inconnue. Même le gouvernement monarchique qui autorisa le déploiement des forces aériennes américaines sur le sol laotien, ne mesuraient pas les conséquences de sa décision.

 

Création de la ville cachée:

En 1964, les bombardements intensifs de la province de Houaphanh commencèrent. Les chefs du Pathet Lao comprirent aussitôt le danger et ordonnèrent à tous les habitants des environs de venir s'abriter dans les grottes des montagnes ou à l'abri des forêts.

C'est ainsi que la ville cachée commença à se construire. Nous avons pu visiter quelques unes des 200 caves de la ville et entendre, grâce à un enregistrement audio, les témoignages poignants de survivants de l'époque.

 

Construction de la ville cachée:

Quelques caves servant de salle de réunion au Pathet Lao existaient déjà, mais elles étaient insuffisantes pour abriter tout le monde. Il a donc fallu les élargir, dynamiter et creuser les montagnes, déblayer les roches, renforcer les grottes par la construction de plafonds, de murs et de planchers; puis séparer chaque cave en chambres et bureaux. Les hommes travaillaient 24 heures sur 24 en équipes de jour et de nuit. Des réservoirs d'eau furent prévus ainsi que des « chambres d'urgence » semblables à nos abris anti-atomiques suisses, en cas d'attaque chimique. Elles étaient équipées de filtres à air mécaniques et de portes métalliques.

Les cuisines au feu de bois étaient toujours à l'extérieur des caves. Les habitants devaient se lever à 5 h. du matin pour cuisiner une heure de temps les plats de la journée avant le lever du soleil et avant le début des bombardements. De même à 18 h., au coucher du soleil ils pouvaient cuisiner le repas du soir.

Plusieurs caves communiquaient entre elles, créant un large complexe sur plusieurs étages! Une communication sûre et efficace étaient nécessaires dans toute la ville: des sirènes d'avertissement des attaques aériennes, des messagers et un téléphone interne étaient opérationnels avec noms de code et mots de passe. Une radio diffusait des nouvelles dans tout le pays et des journaux et des livres étaient également imprimés et distribués !

 

Organisation de la communauté:

Pendant ces neufs années, afin de se défendre et de survivre, chaque personne avait une tâche bien déterminée: hommes et femmes de tout âge étaient entrainés pour défendre la communauté. Ils possédaient des armes procurées par les pays communistes qui les soutenaient: le Vietnam, la Chine, la Mongolie et l'URSS, afin d'abattre les avions américains. Ces mêmes pays aidaient aussi par d'autres dons tels que de l'essence pour faire tourner les générateurs qui éclairaient et assuraient le bon fonctionnement des grottes principales: écoles, hôpitaux et salle de réunion. Des dons de nourriture en boîte pour suppléer les difficultés à cultiver les terres et élever des animaux. Mais les gens étaient débrouilles et cultivaient le riz jusque dans les cratères des bombes ou sous le couvert de la forêt où ils allaient aussi chercher des racines de bambou, des fruits et des légumes pour améliorer l'ordinaire. Les travaux des champs avaient lieu de 18h. à 22h. ou grâce à la lune pleine jusqu'à minuit; puis de nouveau de 3h. à 6h. du matin. A chaque sortie des abris, chaque détail avait son importance pour ne pas se faire repérer du ciel: les habits devaient se confondre avec la nature et beaucoup de bêtes furent abattues car les pilotes américains savaient que: « où il y a des bêtes, il y a des hommes ».

Les femmes avaient spécialement une surcharge de travail: remplacer au travail les hommes partis se battre, cultiver les terres pour nourrir la famille, élever les enfants et cuisiner; le tout accompli seules!

Les enfants pouvaient poursuivre leur éducation et le Pathet Lao créa même un programme pour contrer l'illettrisme des paysans de la région. Les enfants suivaient les cours le matin et les adultes l'après-midi. L'école secondaire et tertiaire était par contre poursuivie au Vietnam.

Pour les enfants, grandir dans les caves étaient particulièrement ennuyeux puisqu'ils n'avaient pas le droit de sortir la journée. Ainsi, tous les loisirs organisés dans la grande salle de réunion étaient bienvenus: projection de films, spectacles présentés par des artistes venus spécialement se produire dans la ville cachée. Les cérémonies religieuses, fêtes et mariages étaient aussi célébrées, mais plus simplement.

Enfin, tout un réseau de soins étaient accessibles dans les « caves-hôpitaux » dont la construction et l'assainissement reçu l'aide des vietnamiens. L'un d'eux, le plus grand s'appelait « l'hôpital de l'amitié ». Le personnel était formé de docteurs et infirmières laotiennes, mais aussi de docteurs vietnamiens et cubains venus soutenir le peuple laotien.

 

Fin des bombardements:

Malgré les millions de tonnes de bombes lâchées sur le Laos, l'influence politique et militaire du Pathet Lao au début des années septante, directement depuis la ville cachée, continua de s'étendre dans la plupart du pays, sauf dans les villes de la vallée du Mékong. Les USA n'arrivaient pas à les vaincre... Les alliances en place pendant les années de conflit impliquaient que la paix au Laos était dépendante de la paix au Vietnam. En janvier 1973, un cessez le feu fut signé entre le Vietnam et les USA. En conséquence, en février, un cessez le feu fut également signé entre le gouvernement monarchique et le Pathet Lao.

Les habitants de la ville cachée purent sortir de leurs abris et reconstruire des maisons parfois non loin des caves. La ville construite fut nommée Viengxay, ce qui signifie: « ville de la victoire ».

Le 2 décembre 1975 (jour de fête nationale au Laos), le Pathet Lao avait gagné du pouvoir sur l'entier du pays. Le Roi abdiqua et la République Démocratique Laotienne fut établie, ce qui signifiait que le Laos était enfin complètement indépendant.

 

Conséquences actuelles des bombardements:

Pendant ces neufs années de bombardement, des 270 millions de bombes lâchées, on estime à 30% le nombre de bombes qui n'ont pas explosées sous l'impact. Ces bombes non explosées disséminées un peu partout sur le sol laotien notamment au nord-est, tuent ou blessent encore aujourd'hui une personne par jour.

Assez vite, à la fin du conflit, les vietnamiens aidèrent les laotiens à déminer les sols, mais la tâche est loin d'être achevée. Lors de nos promenades dans la région, nous avons croisé plusieurs fois des voitures de démineurs et nous en avons même vu à la tâche! De nombreux cratères de bombes ont été laissé à titre d'exemple et c'est tout simplement impressionnant de voir concrètement la taille du trou surtout quand il y en a tous les 20-30 mètres !!

 

Sans avoir influencé leurs pensées, les enfants ont exprimé d'eux-mêmes que: « décidément les USA font du mal un peu partout dans le monde... ». Il est vrai qu'en prenant connaissance de ce pan de l'histoire laotienne, il semble incroyable que les USA n'aient pas signé la convention contre les mines anti-personnelles de 2008 !

 

Les favoris de papa

Écrit par Zachary.

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C'est dans une des nombreuses sources du Laos, que papa a décidé de se tondre la barbe.

C'est alors que je lui ai proposé de se faire des favoris. Croyant trouver une échappatoire il a demandé si maman était d'accord et malheureusement pour lui cette dernière était très enthousiaste à cette idée. Vous voyez, sur mon dessins la tête que papa à été obligé de se faire. 

Le Bateau

Écrit par Zélia.

 

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Ce dessin représente un bateau qui nous amène aux chutes d'eau . Nous avons vu des éléphants qui passent dans les sources.  L'eau des sources est tiède. 

Zélia 

(dessin sur le Laos, Flo)

A table, à table...

Écrit par Zohra.

En Chine, nous mangeons souvent dans les restaurants, contrairement à nos habitudes. Vu que nous roulons beaucoup, nous n'avons pas le temps de faire la cuisine. Les repas à l'extérieur sont bons marchés et avec nos compagnons de voyage: Adrian, Felix, Chrigi, Kölbi et le guide nous pouvons discuter et partager des moments ensembles.

 En Chine, nous avons essayé deux sortes de restaurants: les petits buibuis pas chers et les restaurants plus luxueux.

 Dans les petits restaurants, nous devons rassembler deux tables pour pouvoir tous nous asseoir ensemble. Contrairement à l'Europe, personne n'a son assiette avec son repas personnel. Chacun se sert dans les différents plats posés sur la table. Quand le serveur apporte un met qui est particulièrement bon, je lui fais signe pour qu'il le pose devant moi!!!

L'endroit que nous avons préféré, à l'entrée de la ville de Datong ressemble plus à un garage qu'à un restaurant. C'est là que beaucoup de camionneurs mangent et c'est effectivement là que nous nous sommes le mieux régalés.

Dans les buibuis, les cartes n'ont pas de photos de la nourriture pour nous aider à choisir. Une ou deux fois, nous mangeons sans le guide et nous ne comprenons pas les idéogrammes. Nous choisissons au hasard et Felix s'est retrouvé avec des pattes de poulet dans son assiette!!

Dans ces endroits, les gens sont plus populaires et maman a été choquée par un chinois qui a craché par terre à côté de sa chaise.

 Dans les restaurants plus luxueux, les tables rondes sont beaucoup plus grandes. Dessus, il y a au milieu un plateau tournant en verre. Les serveurs mettent les différents mets sur le plateau et en le faisant tourner chacun peu prendre avec les baguettes un peu dans chaque plat. A part le riz que nous nous servons dans des bols d'un gros panier en bois.

Le premier soir, nous avons dégusté une fondue chinoise dans un de ces restaurants. Chaque personne a son caquelon et son réchaud et ajoute de la viande, des légumes, des croutons, des sauces dans le bouillon de légume. C'est délicieux par rapport à la nourriture mongole!! Par contre toutes les vapeurs dégagées rendent l'air presque irrespirable.

 

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Le dernier soir avant d'aller au Laos, nous allons dans un buibui. Nous mangeons sur la terrasse des brochettes un peu piquantes et des légumes. En jouant autour des tables Zélia renverse quelques chaises. Deux heures après un monsieur nous retrouve et dit que Zélia a cassé une chaise en plastique en la renversant. Sauf que son histoire ne tient pas debout. La fissure qu'il nous montre à été faite par un coup plus violent. A la fin, le monsieur remarque que nous ne croyons pas à son histoire et sur un coup de colère il casse lui même sa chaise et s'en va sur sa moto.!!

Le sombre attrait de Pingyao

Écrit par Zachary.

Lorsque nous arrivons dans la ville de Pingyao, je suis presque étouffé par la mauvaise odeur de charbon et de pollution. Par chance, les larges remparts de la vieille-ville semblent arrêter les odeurs. Malheureusement, le smog passe au-dessus des murs et empêche le soleil de nous éclairer. Dans la rue principale, un homme décharge, avec précaution, de la crotte à l'aide de son balancier.

 Les anciennes maisons au teint charbonneux semblent abandonnées, malgré le maïs qui sèche au pas de leur porte. Dans des cadres délavés, dessins et peintures oubliées s'effacent lentement.

 Sur le trottoir, nous croisons des vieux et vielles qui occupent leur temps. Les unes cousent ou tricotent sur des machines d'une autre époque, les autres jouent à des jeux populaires aux idéogrammes effacés

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(Veuillez cliquer sur l'image pour accéder à l'album!)

Je m'arrête avec papa pour les filmer. Quelques instants plus tard, Maman et Zohra se pressent pour nous annoncer que la ville se transforme.

 Une barrière divise la rue et marque la frontière. Nous laissons alors les scènes habitées pour plonger dans une rue remplie de badauds et de touristes. Ici, les peintures écaillées sont toutes rénovées.

 Les façades repeintes sont décorées de lampions et de lanternes. Les vitrines éclairées interpellent les nombreux passants, comme des papillons de nuit.

 Pour entrer dans les intérieurs des plus riches maisons, les visiteurs nourrissent de tickets des tourniquets qui gardent l'accès.

 Restaurants, cafés, artisanats et souvenirs tiennent le haut du pavé pour délester les portes-monnaies. Affiches et panneaux se font lisibles, mêmes pour les étrangers. Au-dessus de tous ces commerces flottent les drapeaux d'une Chine nouvelle.

 Après quelques heures nous franchissons à nouveau la barrière. De ce côté-ci, la nuit est tombée, les vielles personnes ont rentré leurs tabourets et leurs machines à coudre. Le tas de crotte occupe bientôt la moitié de la rue et les quelques lampions peinent à éclairer notre chemin.

 En repassant la porte la ville, les mauvaises odeurs reviennent, nous nous dirigeons vers elles pour trouver un magasin encore ouvert. Dans l'épicerie, le sol crasseux et gras glisse sous nos chaussures, quant à moi, je colle mes doigts sur une tablette en carton gluante. Piège pour souris et pour mains baladeuses.

 De retour au camion, en attendant le délicieux repas maternel, j'écris dans mon carnet de bord quelques impressions sur cette ville mystérieuse. Du magasin de mode voisin une musique occidentale brouille encore mes pensées.

 

(Exercice de style de Zachary, revu et corrigé)

(mis en ligne à Phonsavan, au Laos)

Contrastes et frustrations en Absurdie

Écrit par Jacques.

Passer du pays le moins dense en population au pays le plus peu peuplé du monde demande certainement un effort d'adaptation. Mais vivre la liberté mongole, pendant deux mois où finalement chacun se débrouille au milieu des pistes et des steppes avec un naturel presque déconcertant, devait bien avoir son prix. Ce dernier nous l'avons payé avec un gros lot de frustrations en Chine. Les conditions vous ont été énoncée, par Florence dans son dernier article «  Nous avons joué au riche » un self driving tour, tranformé en cage à roulette express, dont quasiment le seul bénéfice réel serait de se gausser crânement d'un «  Nous avons l'avons fait à moins de 2000 $ »

 Autrement dit, nous n'avons quasiment pas profité du pays, nous n'avons presque rien compris et pour ainsi dire, nous avons vécu un rêve éveillé dont seuls la durée de trois semaines et les 4000 kilomètres parcourus ont marqué notre expérience. Oui, un de ces rêves fatigants dont le réveil

vous laisse une bousculade d'images et d'impressions incomplètes.

 Essayons de reconstruire le fil de cette traversée et de tirer quelques fonds exploitables pour reconstituer notre psychologie de voyageur ébranlée. Tout d'abord, on ne peut que relever les innombrables contrastes qui chavirent la tête et tordent l'esprit.

 

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(Cliquez sur la photo pour accéder à l'album)

 En arrivant à Erlianhote, Droopy est mis aux arrêts, dans une arrière-cour d'hôtel. Dès que nous y pénétrons, une ventilation énorme nous rabat les oreille. Nous décidons de nous parquer le plus loin possible de celle-ci, en espérant qu'elle ne tournera pas jour et nuit. Une fois installés, les reflux des canalisations nous chatouillent les narines désagréablement comme brise épicée de selles en putréfaction, puis un chauffage central au charbon, logé dans un réduit à proximité, exhale de fortes odeurs de combustion qui peu à peu viennent nous racler la gorge. Le temps d'obtenir tous nos permis pour traverser le pays, nous pourrons, ainsi, nous initier spontanément aux diverses formes de pollution de cette cour aux charmes inoubliables.

 

Dehors, c'est-à-dire en ville, silencieusement vélos, vélomoteurs et scooters, tous électriques tiennent le haut du pavé. De même quelques jours plus tard à Xian (8-12millions d'habitans). nous apprenons que les transports publics, les taxis et bon nombre de véhicules fonctionnent tous au gaz. Bien sûr tout cela se passe sous un ciel gris, malgré l'absence de nuages. A la clarté du ciel, on devine les tentatives infructueuses du soleil qui derrière le rideau opaque de smog, se bat pour entrer en scène. Sachez tout de même que si les chinoises ont un teint si joli, c'est que leur peau est ainsi préservée des rayons du soleil.

 Pour réussir notre pari et traverser les vastes terres du milieu, il nous faut absolument prendre l'autoroute et délester régulièrement nos portemonnaies, lors des péages hi-tech chinois. A chaque passage à la caisse, notre véhicule est filmé, photographié par les caméras et notre plaque est relevée par la souriante agente des autoroutes. Tout est informatisé au point d'être presque suivi kilomètre par kilomètre. Ne croyez pas que j'exagère, car preuve en est, la vitesse d'intervention de la police des autoroutes a de quoi faire pâlir la meilleur patrouille d'intervention du TCS. Nous avons crevé par deux fois, dans notre parcours et en moins de dix minutes, les agents étaient là, sans que nous les appelions. Comment ont-ils été si vite informés ?

 

Depuis la chaussée nous contemplons, autant que nous pouvons le paysage et la campagne omniprésente. Partout, il y a des petits champs, des petites terrasses et si chaque paysan travaille à la bêche, les tracteurs, eux, sont inexistants et auraient certainement de la peine à labourer de si petites parcelles. Parfois, un buffle aide à la labeur de ses travailleurs d'un autre âge. Tantôt une femme, bat encore le blé au fléau, tantôt les épis de maïs sont égrainés, à la main, puis mis à sécher sur le bord même des routes, des ponts, des toits enfin sur n'importe quelle surface plane qui ne soit pas cultivable.

 Les montagnes chinoises ressemblent souvent à des pyramides mayas, peu importe le type de culture: blé, maïs, bananiers, bambous, caoutchoucs, thé, tomates... Degré par degré, les terrasses d'arbres et de plantes gravissent le sommet, rien ne résiste aux millions de mains puissantes de la formidable armée agricole chinoise. En Chine, tout pousse, tout croît, la nourriture abonde ainsi dans les marchés.

 Dans les régions, où il y a un peu plus d'eau, ce ne sont plus les champs qui nous surprennent, mais les viviers de poissons qui s'étendent les uns à côté des autres. La Chine à signé un pacte avec la déesse de la reproduction...Elle reproduit tout, la nature vivante comme la nature morte.

 Au milieu des enseignes aux idéogrammes moqueurs, nous n'avons guère le temps d'apprendre à reconnaître les noms ou les marques. Les produits de bases sont tous chinois, les produits de moyenne gamme aussi, seul les produits de luxe ou de dernier cri sont écrits en lettre latine...mais on le sent bien, ce n'est qu'une question de temps, car le générique est déjà certainement en fabrication dans quelque usine inaccessible aux selves-drivers que nous sommes.

 Heureusement, la nourriture est excellente et fraîchement tailleé, découpée, écaillée ou déplumée peu importe le restaurant que nous choisissons, même le restoroute est meilleur que n'importe lequel des self-services européens et un repas nous coûte de 7 à 15 francs pour toute la famille, 25 francs dans un restaurant de classe. Par contre l'hygiène dans la rue, les marchés, et les cuisines renverse même les mouches. Entre la noircissure des poêles à charbon, les carrelages enduits de graisse ou d'huile, les crachats à côté des tables et des chaussures, il vaut mieux penser avec son ventre ou sa langue que de manger avec les yeux.

 C'est alors que nous nous régalons, car les plats défilent et si certains reviennent de temps en temps, comme les pommes de terres effilés ou les racines de lotus, pour le reste, rien ne se ressemble et cette diversité ravissante nous manquait depuis la Turquie.

 En Chine les petites villes sont énormes et comptent facilement 2millions d'habitants autant dire que dans les grandes villes comme Xian ou Chengdu, il y a foule. Les toilettes publiques cumulent en général deux files de pissoirs et de vespasiennes au total de quoi mettre facilement 40 à 60 personnes en même temps. Pour l'intimité essayer de trouver une heure creuse et vous trouverez l'équipe de nettoyage entrain de frapper à votre porte. En ville, dans les musées, les magasins, les transports publics...bref partout il y a du monde. Mais si pour nous, cela est vite inconfortable, les chinois eux semblent vivre cela très bien. Leur sociabilité à de quoi vous laisser bouche bée. Quoi de plus normal pour un chinois que de s'inscrire à un groupe de danse, de taï-chi ou de gymnastique et d'exercer son sport favori, sur la place de la Pagode à Xian, avec 40 copains, parmi une foule de plusieurs centaines de personnes.

 Contrairement à la nourriture, les lieux à visiter nous estomaquent: de 15 à 25 francs l'entrée, mieux vaut donc rester à table que d' étouffer au milieu de mille chinois, venus contempler le même boudha que nous. Comble de malchance, une de nos semaines coïncidait avec les vacances nationales. Sur les lieux, les familles chinoises étaient aussi attirés par nous que par les attractions nationales. Ils s'arrachaient Zélia et Zachary, pour les offrir comme décor de photo au dernier de la famille. Et si par un quelconque stratagème, ces derniers parvenaient à éviter la photo, c'était à notre tour de servir de toile fond pour leur souvenir de vacances. Cela fait toujours un drôle d'effet que de recevoir une rafale de 20 photos à bout portant, sous le regard amusés de trois pandas géants qui pour une fois ne sont pas pris comme cible!

 Ceci dit, nous avions dès lors, de bonnes raisons de fuir tout lieu indiqué par les belles pancartes brunes qui annoncent toujours les attractions touristiques.

 Contraste dans le contraste, notre groupe s' évertuait à jouer les «  Trois Suisses » avec cette ponctualité qui nous est propre. Chaque matin les moteurs denos véhicules démarraient à 8h00 souvent le notre, en premier, bien conscients de la lenteur de Droopy.

 Une organisation qui vise l'objectif premier, ne pas perdre de temps. Chaque halte se voit donc rentabilisée, pour cumuler les besoins essentiels, manger, faire le plein de fuel et des eaux, vidanger les vessies et faire quelques courses. Une autocensure qui limite le vrai voyage, celui qui laisse le temps à l'imprévu, à la rencontre et à la découverte. Le soir après avoir bouffé notre quota d'heures et de routes nous cherchons avant tout un endroit calme pour nous reposer. Entre nous, on parle anglais, français, allemand et bien sûr suisse-allemand ce qui n'est guère dépaysant !

 Je me plais, par instant, à imaginer que l'on nous a enfermés dans une galère chinoise où à la place de ramer, on nous as ordonné de rouler, en tenant la cadence. Chacun fait de son mieux, mais la frustration transpire, échauffe et échaude nos habitudes helvétiques qui n'apprécient guère la dépendance et les diktats non soumis aux votes populaires. Nos pauvres guides sont alors contraints à jouer des rôles encore plus absurdes. Ces derniers connaissent certes le chinois et la Chine, mais sont de piètres navigateurs ou conducteurs. Face à l'expérience du groupe, ils ne peuvent pas faire le poids...leur futilité ne peut qu'augmenter de jour en jour, malgré leur bonne volonté. Aider du GPS de Chrigi ou de nos réflexes prompts à reconnaître les carrefours clés et les pancartes essentielles...ils sont trop lents ou alors contraints de demander la route aux locaux.

 Ils aimeraient bien nous montrer quelques jolis en coin en plus, mais le temps presse et le danger qu'un des véhicule tombe en panne , n'est pas nul. D'ailleurs Droopy supporte avec peine la cadence et montre des signes évidents de fatigue. Pour le prix que coutent les guides nous aurions pu passer un mois de plus à vraiment visiter le pays. C'est le comble de l'absurde!

 Pour s'assurer tout de même quelques espaces, le groupe se sépare par deux fois. Une première sans réelle permission, la seconde en faisant un compromis. Cela nous octroie le temps de rencontrer quelques espérantistes à Xian et à Chengdu, une maigre consolation qui nous permet tout de même de glaner quelques infos sur le mode vie des chinois.

 De leur côté, nos amis de routes s'offrent quelques visites, délestés de notre présence ralentissante. Mais au final, deux bouchons ainsi qu'une route défoncée à Panzihua viennent torpiller la visite la plus importante de la traversée. Nous ne verrons pas les vieilles villes de Lijiang et ses environs magnifiques.

 Le choix est à nouveau frustrant, mais raisonnable. Cet art du compromis, nous permettra d'atteindre le Laos entier et dans les temps. Une manière de voyager qui pour ma part me rappelle la course effrénée du Lapin dans Alice au Pays des Merveilles !

 Ceci dit nous avons désormais accompli la partie la plus difficile de notre voyage en atteignant le Laos, où depuis quelques jours, nous vivons heureux et avec beaucoup d'enfants !