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Derniers commentaires

  • Gravatar Le dessin mignon arrière de ma maison, Zelia! avec quelques traits et couleurs que vous avez laissé un souvenir chaleureux
  • Gravatar Chère petite Zélia, que cela doit être doux pour Droopy d'entendre ce cris de tendresse! Garde cette spontanéité à ton
  • Gravatar Danseuses dans un patio andalou ! Quelle grâce et quel rayonnement ! A vous la vie !
  • Gravatar ! Pero que listita es mi chica! Lo que habreis aprendido, sin duda, es que todas las acciónes tienen sus consecuencias ( bue
  • Gravatar Comme je comprends ta lettre Zélia! Droopy, c'était un membre de ta famille, celui qui vous a porté sur les routes du mond
  • Gravatar Mi skribas por deziri al Zelia felicxan naskigxdatrevenon!!! Cxion bonan, kara knabineto!!! Mi sauxdadas vin!!! Kisojn!!! Eid

Une visite touristique particulière

Écrit par Florence.

Vous imaginez bien que lors de notre voyage autour du monde, nous ne visitons pas les pays traversés de la même manière que si nous y étions pour deux-trois semaines. Nous ne suivons pas à la lettre les conseils des guides touristiques et ne visitons pas la totalité des monuments ou merveilles de la nature.

Tout d'abord, nous n'avons pas de guides touristiques ! Non pas qu'ils soient inintéressants, mais ce serait difficile de caser une trentaines de bouquins dans le camion. Nos contacts espérantistes, le carnet d'adresse plus que fourni de Jacques et nos rencontres avec d'autres voyageurs nous permettent de savoir à peu près ce qu'il ne faut pas manquer!!

Ensuite, sous peine de faire une indigestion et de dégoûter les enfants du voyage, nous limitons nos visites culturelles et essayons de trouver si possible des activités qui plairont plus particulièrement à Zachary, Zohra et Zélia. Pour nous les parents, ce qui nous enchante le plus, reste de rencontrer et de discuter avec des gens du pays.

Enfin, j'estime pour ma part que nous visitons parfois, nécessité oblige, de manière plus approfondie que d'autres touristes. Qui penserait en effet à aller voir les garages ? Il me semble qu'au lieu d'écrire un livre sur notre périple comme souvent suggéré, nous devrions rédiger un guide des garages autour du monde !! Bien plus utile ...

 Récapitulons: nous avons déjà visité des musées, des monuments divers, des écoles publiques ou privées, des garages. Nous avons admirés mille et une merveilles naturelles et goûté quantités de cuisines différentes. Que nous manque-t-il pour affirmer sans complexe que oui, finalement nous avons eu une bonne connaissance des pays traversés lors de notre tour du monde ?

L'hôpital bien-sûr, même si c'est toujours le dernier endroit où les voyageurs ont envie de se rendre !!! Et bien pour notre part c'est chose faite grâce à Zélia. Merci à elle, et surtout je la bénis d'avoir attendu d'être en Thaïlande pour découvrir ce lieu de soins.

 Étant dans une région à malaria, quand Zélia fait une forte fièvre pour la première fois sur la côte thaïlandaise, je souhaite aller assez vite à l'hôpital faire le test. Heureusement, nous avions retrouvé dans le coin nos amis québécois qui nous indiquèrent l'hôpital public de Klaeng. Ils y étaient passé quelques jours plus tôt, pour les mêmes raisons, avec leurs quatre enfants. L'hôpital est très rassurant. Bonne organisation, avec l'enregistrement du patient en premier lieu, puis passage près d'une infirmière qui prend la température, le poids et le pouls du malade et l'envoie muni de son papiers sur lequel sont inscrites les données précédentes attendre son tour pour voir le médecin. Nous réussissons à nous faire comprendre et n'attendons pas longtemps. Deux heures après notre arrivée, nous ressortons rassurés de savoir le test malaria négatif et de constater que la fièvre de Zélia a bien baissé. Le tout, consultation médicale et analyse sanguine comprise pour 6 CHF. Pour une fois, voilà une dépense qui ne grévera pas notre budget !

Malheureusement, deux jours plus tard, au milieu de la nuit, Zélia se réveille ne pouvant plus respirer correctement. A 3 heures du matin, nous décidons de repartir à l'hôpital, inquiets de son état. Zachary et Zohra restent dans la maison louée par les québécois où ils dormaient déjà avec leurs enfants. Cette fois, nous entrons directement aux urgences. Zélia reçoit du Ventolin et de l'oxygène, mais elle respire toujours mal. Le médecin de garde décide donc de l'hospitaliser après avoir effectué une radio de ses poumons qui ne révèle rien d'anormal. Nous montons donc en pédiatrie dans une chambre de quinze lits dont cinq sont occupés par des enfants dormant avec leur maman. Nous sommes les seuls étrangers et nous apprendrons plus tard que les occidentaux qui vivent en Thaïlande préfèrent aller dans les cliniques internationales... La qualité de soin étant bonne dans le public, nous pensons que c'est surtout pour des questions de langues. Le personnel soignant et même les médecins parlent mal anglais, ce qui ne doit pas être le cas dans le privé. A la visite du docteur le lendemain matin, nous avons un dialogue assez cocasse. Son anglais est plutôt mauvais. L'accent est difficile à comprendre (les asiatiques ont tous de la peine à prononcer les « r ») et il ne construit pas de phrases mais met bout à bout les mots qu'il connaît. Jacques et moi sommes concentrés au maximum pour essayer de le comprendre; la situation étant importante. La fièvre de Zélia a baissé, mais elle ne veut toujours pas s'allonger et panique si on lui enlève l'oxygène qu'elle respire par le nez... Nous devons faire répéter plusieurs fois le médecin pour être sûrs d'avoir bien compris. Constatant cela, il nous demande alors à diverses reprises si nous parlons anglais; en doutant fortement. Nous répondons par l'affirmative, n'osant pas lui avouer que c'est son anglais que nous ne saisissons pas !! Les jours suivants nous devrons à nouveau faire répéter encore et encore le personnel ne voulant surtout pas manquer une information importante. Peu importe, les infirmières sont patientes et se prêtent au jeu avec compréhension. Pour notre part, nous avons un joker en poche à Bangkok. L'ami d'enfance de Jacques, Alexis marié à une thaïlandaise pourrait traduire le cas échéant par téléphone. Mais finalement nous n'en avons pas eu besoin.

 Après la première nuit sans sommeil, Jacques repart en fin de matinée à Laem Mae Pim donner des nouvelles à nos amis et à Zachary et Zohra. Pendant deux jours il fera plusieurs fois ces 14 kilomètres qui séparent l'hôpital de la maison des québécois. Pendant ce temps, Zélia refait une forte fièvre et les médecins décident de lui administrer des antibiotiques par intraveineuse. Très vite elle va mieux. Nous supposons donc qu'elle a dû attraper une bactérie affectant le système respiratoire. Nous ne saurons jamais le diagnostic des médecins, mais nous ne sommes pas sûrs qu'ils le savaient eux-mêmes. Ils tiennent en effet à la garder encore 24 heures au moins pour observer l'effet du traitement et continuent à lui administrer du Ventolin. Nous ne sommes néanmoins pas inquiets. Les soins et le suivi infirmier sont de qualité et effectués régulièrement toutes les quatre heures. Le médecin passe matin et soir. Trois repas chauds sont servis par jour et les lieux sont lavés consciencieusement. Pas de blattes se baladant impunément comme j'ai pu voir dans un hôpital à l'hygiène douteuse d'un autre pays... Et puis, je me souviens qu'âgée de trois semaines, Zélia a dû être hospitalisé à Genève pour une forte fièvre. Malgré les nombreux examens coûteux, les médecins suisses n'ont jamais pu établir un diagnostic et avaient également soigné Zélia à coup d'antibiotiques !

 En fin d'après-midi, Zélia réclame son frère et sa sœur. Jacques qui était revenu, repart donc les chercher sachant qu'ils seront soulagés de voir que leur petite sœur va mieux. Lorsqu'ils arrivent, c'est l'effet assuré dans la chambre. En Thaïlande, pas d'heures de visite délimitées, les familles viennent, se relaient, s'entraident. Les thaïlandais ayant souvent beaucoup enfants, en cette fin de journée, la chambre est pleine de jeunes, de papas et de grands-parents venus soutenir les malades. Et pourtant pas de bruit insupportable. Ayant sûrement l'habitude de vivre à plusieurs, les thaïlandais savent être discrets. Quand ils constatent que nous avons nous aussi plusieurs enfants nous sommes immédiatement intégrés et Zélia chouchoutée. Elle reçoit des bonbons, des sourires, des petites attentions. Tout ceci sans paroles échangées, personne ne parlant anglais. En face de notre lit se trouve une maman avec un petit bébé particulièrement dénutri également sous oxygène. Lorsque ses frères et sœurs viennent le voir, je comprends. Dans les bras du papa, un bébé du même âge. Ce sont des jumeaux dont l'un s'est développé in utero normalement tandis que l'autre a visiblement manqué de nourriture, voire d'espace. Vu l'état du petit malade; on dirait un petit éthiopien sous-alimenté, je me demande combien de temps il devra encore rester hospitalisé. Son papa est pourtant le plus souriant de la chambre et le plus attentionné envers Zélia. Quelle belle leçon d'altruisme et d'empathie...

 A la visite médicale du lendemain matin, nous demandons au docteur si nous pouvons sortir le soir avec la fin du traitement antibiotique par voie orale. Il hésite, même si Zélia va toujours de mieux en mieux. Il finit par donner son accord, sauf si la fièvre revient entre temps. Jacques qui avait dormi dans le camion sur le parking de l'hôpital, très pratique ces camping cars, repart à Laem Mae Pim s'occuper des deux grands. Nous avons convenu qu'il reviendrait de toute façon à 18h, que Zélia sorte ou non. La journée se passe tranquillement. Le personnel attentionné pour cette petite aux cheveux clairs lui laisse choisir le DVD transmis sur l'unique télévision de la chambre. Nous jouons à divers jeux de société et ennuyée pendant que je m'écroule pour la sieste, Zélia aide même la femme de ménage à faire la poussière !! Elle a retrouvé l'appétit et me laisse les plats thaïlandais pour dévorer son pain et jambon que Jacques lui avait dégoté et apporté la veille pour l'inciter à manger.

En fin de journée, nous pouvons partir!! Le médecin me donne l'ordonnance et m'indique le chemin de la pharmacie de l'hôpital où je pourrai prendre les médicaments. La facture totale est à nouveau dérisoire, 100 CHF. Néanmoins, la pharmacienne ne donne aucune pilule avant d'avoir vu la facture payée! Je ne peux m'empêcher de penser que si celle-ci est bon marché pour nous, ce ne doit pas être le cas pour les thaïlandais. Comment font-ils, ont-ils un système social remboursant de telles dépenses ? Je découvrirai plus tard en discutant avec un thaïlandais qu'il n'en est rien et que chacun paie de sa poche les soins. Ce monsieur pourtant aisé a dû vendre une grande partie de son troupeau de vaches pour payer l'hôpital, le jour où il a fait un infarctus ...

 De retour à Laem Mae Pim, j'oublie un instant ces problématiques pour savourer avec plaisir et soulagement la purée maison cuisinée par Laurence, la maman québécoise. Nous la mangeons, réunis tous les onze comme une vraie grande famille thaï!!

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Le sport

Écrit par Zélia.

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On est à Bangkok dans un magasin. On est au deuxième étage, c'est le sport. On est venu dans le magasin parce que papa veut nous acheter des maillots de bain, des palmes et des tubas.

Il y a deux trottinettes, Zachary, Zohra et moi on s'amuse bien avec les trottinettes.

Zélia


(mis en ligne à Pukhet, Thaïlande)

Le père Noël, le diable et Angkor

Écrit par Zachary.

Un petit récit dénonciateur fait à deux avec papa, suite à notre visite d'Angkor juste avant les fêtes. Le contraste entre Siem-Reap, ville  transformée par le tourisme et ses besoins, et la réalité m'avait alors profondément énervé. Je ne voyais pas la pertinence des décorations des fêtes,et ne me sentait pas à l'aise avec le fait d'être assimilé aux touristes et à leur manière de vivre. Après avoir écrit la trame et les dialogues tout seul, papa a rendu plus réel le tableau en collaborant au texte. J'espère que ce texte vous amusera!

Zachary

 

En vacances au Cambodge, le père Noël se promenait dans les rues de Siem-Reap. Il avait décidé de faire un petit break, avant la distribution des cadeaux, en visitant Angkor. A cette occasion et pour partager son plaisir, il avait généreusement invité son ami le diable. Tous deux auraient pu passer incognito dans la campagne du pays, habituée aux personnages rouges et douteux. Mais à Siem-Reap, le père Noël était désormais à cette période une star incontestée.

Avant les fêtes, son effigie trônait dans les vitrines et tous les hôtels s'empressaient de gonfler des statues en son honneur. Pour lui donner plus de prestance, on ajoutait même de la neige artificielle , des sapins en plastique et des rênes en sagex autour des dites statues. Bien sûr, tout cela s'accordait de banderoles en anglais annonçant un éblouissant « Merry Christmas » et un prospère « Happy New Year » Dernier cris d'espoir d'une population tropicale qui s'adapte à la mondialisation avec ferveur.

Déjà la foule se pressait autour des deux compères et saluait le père Noel avec émerveillement, le diable constata avec envie:

- Les affaires vont bon train pour toi, mon ami!

- Oui, j'ai beaucoup d'admirateurs! Regarde où mène la gentillesse! Répondit le barbu, tout en signant avec bienveillance un autographe à une petite américaine!

- Tu sais bien que la gentillesse, n'est pas mon fort, même si je dois avouer qu'elle semble bien rentable. Rétorqua le diable

- Effectivement tu n'as pas la tête débonnaire d'un vieux grand-père, même si ton âge surpasse le mien de quelques millénaires.

- Et mon expérience également! rigola le cornu sournoisement.

Il s'empressa alors de dévier le sujet en pointant du doigt les nombreux restaurants de luxe et ajouta:

- Tu n'aurais pas un petit creux, j'ai l'estomac qui gargouille devant tout cet étalage de mets parfumés.

- Oui, oui bien sûr, tout cela m'ouvre également l'appétit! Viens ! Où veux-tu manger? Je t'invite!!

Le diable observa les terrasses, puis ayant pris sa décision, se dirigea alors vers un grand buffet où l'on servait des brochettes et du poisson grillés ainsi qu'un multitude de salades alléchantes. Il prit deux plateaux qu'il remplit autant qu'il put, puis s'attabla avec son ami. Ce dernier, n'avait pris que quelques salades prétextant devoir perdre un peu de poids pour passer à travers toutes les cheminées dans les jours à venir.

C'est donc tout en mangeant que les deux compères planifièrent leur visite du lendemain.

- Je choutiens mon idée, louer des vélos cherait moins coûteux...

- Au diable l'avarice! Répondit sans se rendre compte le père Noël qui n'avait nulle envie de pédaler. «  Je t'offre la ballade en tuk-tuk, pour la journée! Le site est énorme et cela nous fera un peu d'air frais ! »

Le diable acquiesça avec un hochement de tête, satisfait encore une fois de ne pas avoir à porter la main à son portefeuille.

C'est ainsi que le lendemain ils se présentèrent aux guichets du site archéolgique. Le diable était de bonne humeur ce jour-là et s'était rasé de près, ce qui le rajeunissait considérablement. Il eut alors de la peine à obtenir un billet pour retraité:

- How old are you? S'enquit la caissière

- I'm not sure... I don't know exactly...wait a moment please! Marmonna le diable, se laissant du temps pour fouiller son porte-carte d'identités et choisir celle qui conviendrait le plus à la situation.

- Here, I've got it! s'exclama-t-il d'un air réjouis en tendant sa carte d'identité de jeune retraité.

Comme à son habitude, le cornu obtint sa réduction, puis il rejoignit le père Noël accaparé par cinq jolies hôtesses, désirant être prises en photo en compagnie du vieux barbu. Quelques poses et autographes plus tard , c'est en tuk-tuk qu'ils pénétrèrent dans l'enceinte d'Angkor. Durant toute la visite, le diable refusait d'entrer dans les temples, malgré l'insistance de son ami:

- Allons, viens! De quoi as-tu peur? Il ne va pas te manger ce temple! Et puis tu vas rater quelque chose.

Mais le diable tenait bon:

- Je n'ai pas peur, seulement voilà, personne ne pense à prendre des photos des temples vu du dehors, c'est donc ce que je fais! Et puis je ne rates rien, je regarderais tes photos!

C'est donc pendant que le père Noël visitait les intérieurs, que le diable observait les enfants qui vendaient des babioles aux touristes, en se frottant les mains. Il aimait voir ces jeunes enfants laborieux et pleins d'entrain s'accrocher aux touristes, pour quelques dollars. Cette innocence déjà pervertie par l'argent, lui ravissait le cœur. Il y avait quelque chose d'émouvant, dans une âme qui se vendait ainsi sans même y songer. Une âme déjà à moitié conquise, pour laquelle il n'avait presque pas dû y mettre du sien.

Quand le barbu revint, il en profita:

- Dis voir :ce serait dommage de repartir d'Angkor sans le moindre souvenir, non?

- Tu as raison, j'ai pris plein de photos.

- Non, il faudrait un souvenir plus concret, comme...

Puis se retournant du côté des enfants il enchaîna:

- Regarde ces enfants, ils ne vendent que ça! - How much is it?

« One dollaaaaar,one dollaaaar » répondirent en chœur 3 marmots qui flairaient le bon coup!

- Ne devrait-il pas être à l'école? Objecta le père Noël

- Allons donc, crois-tu qu'ils aient le choix?

« One dollaaaar, one dollaaaaar » piaillaient maintenant 5 enfants autour d'eux

- Mais...il leur faut de l'instruction, pour avoir un bon travail plus tard.

- Certainement, certainement! Fit le Diable : - Mais n'est-ce pas là déjà une grande école? Regarde comme il se débrouillent bien en anglais et quel sens de la vente!

« One dollaaaar, one dollaaaar » reprenaient les enfants en agitant leurs bibelots.

- Enfin ils travaillent surement pour quelqu'un... tenta de reprendre le père Noël un peu mal à l'aise, devant cette situation d'exploitation!

- Pour l'instant ce sont les parents qui en profitent, mais cela leur servira pour plus tard! Argumenta encore le diable

« One dollaaaar, one dollaaaar » insistaient sans relâche les gamins, en tirant de la robe du père Noël.

Ce dernier réfléchit aux arguments de Satan, mais surtout il craquait d'envie de satisfaire toutes ses petites bouches plaintives et suppliantes qui lui fendaient le cœur.

C'est ainsi qu'il finit par acheter d'abord un, puis deux , puis finalement 5 objets à chaque enfants qui se présentait devant lui. Et bien sûr, à la sortie de chaque temple se répétait ce même numéro.

Si bien que le père Noël remplit sa hotte sans peine dans la journée.

Nous les croisâmes, alors qu'ils quittaient le site. Zélia tint absolument à saluer le père Noël. Un instant plus tard elle revint vers mois en courant:

- Zachary, Zachary!

- Oui, Zélia, qu'est-ce qu'il y a?

- Regarde! Le père Noël m'a offert un cadeau en avance.

Je pris le jouet en bois qu'elle me tendait et en le retournant dans ma main, j'y découvris marquée au feu, l'inscription suivante: 666 Made in Enfer.

 

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Une campagne des 1001 bornes contre le travail des enfants que

les touristes perpétuent inconsciemment en achetant aux enfants!


Déstabilisée

Écrit par Florence.

«  Jacques, c'est toi ? »

A 43'000 kilomètres de Genève, Jacques rencontre par hasard à Stung Treng au Cambodge, Mireille une ancienne collègue MSF accompagnée de son mari Jacques et d'une amie !!! Dans cette petite ville, ils sont membres actifs d'une association pour la promotion du tourisme solidaire et durable créé cinq ans plus tôt à Genève. Dans le petit hôtel « le Tonlé », des jeunes khmers en situation précaire se forment en travaillant aux métiers du tourisme. Grâce aux normes suisses sévères, ils auront des chances ensuite de se faire engager pour travailler avec des touristes aux exigences occidentales... Les trois membres sont venus de Suisse pour suivre l'évolution de l'association suite à un changement de poste à la comptabilité.

Après avoir bu un thé dans le camion, nos compatriotes nous proposent de nous garer dans le jardin de l'hôtel pour la nuit. Nous acceptons avec joie à la perspective de pouvoir nous doucher et laver du linge... L'endroit est impeccable, « à la suisse », mais nous avons déjà compris à quel point ce détail a son importance. Nombreux occidentaux veulent voyager pour découvrir de l'authentique, mais arrivés à l'hôtel ils exigent un certain confort: eau chaude, climatisation, lits confortables avec moustiquaires et propreté!! De quoi dérouter tout local non habitué à ce genre de comportement contradictoire.

Le lendemain matin Mireille nous invite à partager leur petit-déjeuner. Si l'on trouve toujours facilement des baguettes de pain dans cette ancienne colonie française, il est plutôt rare de pouvoir déguster du chocolat suisse, de la viande séchée et du gruyère que nos amis ont apporté de Genève. Quel festin... Nous avions toujours tendance à nous moquer de ces touristes qui mangent leur propre nourriture à l'étranger, mais après ces longs mois de voyage, nous mesurons à quel point la nourriture est culturelle et que le besoin se fait ressentir de manger des produits au goût connu et familier.

Toujours intéressée par les aspects sociaux des pays visités, je m'empresse de poser des questions à nos amis sur les conditions de vie au Cambodge. Mireille nous explique tout d'abord que la corruption est grande au sein du gouvernement et que le pays entier en pâti. L'état est formé d'une monarchie constitutionnelle à tendance autoritaire dirigée par le roi Norodom Sihamoni; et du PPC (Parti du Peuple Cambodgien) avec son premier ministre Hun Sen mis au pouvoir par les forces vietnamiennes en 1978. Le PPC anciennement communiste, malgré son nom; se veut aujourd'hui réformiste et nationaliste. La corruption se situe à plusieurs niveaux: trafics divers avec les pays voisins et système judiciaire médiocre dont la législation n'est que rarement appliquée. Par contre, les poursuites pour diffamation sont fréquemment utilisées pour faire taire l'opposition politique et les critiques à l'encontre du gouvernement...

Nous constaterons très vite, lors de notre courte traversée du pays que les différences sociales sont criantes... grandes et belles voitures sur les routes, grands centres commerciaux achalandés de produits occidentaux à la capitale, mais dès que l'on se rend dans les régions les plus reculées, les gens vivent pauvrement, de l'agriculture pour la plupart. Au Cambodge, avec de l'argent, il est sûrement possible de vivre correctement profitant des services privés payants, comme par exemple de bonnes écoles privées où les plus avantagés s'empressent d'envoyer leurs enfants pour leur assurer un avenir meilleur ...

Et oui, la corruption est même présente au niveau du système éducatif. Mireille nous racontait en effet que les professeurs mal payés ne corrigent que les épreuves des élèves dont les parents peuvent payer un petit supplément !! Mais il est vrai que le régime des Khmers rouges a bien contribué au déclin du niveau d'instruction de la population par l'assassinat en masse de la main d'oeuvre qualifiée et des intellectuels dont les enseignants. Le bas niveau d'éducation reste donc bien évidement l'obstacle principal au développement économique et social du pays!

Sur la route, nous observerons en effet que les petits villages de campagne n'ont pas d'écoles et que beaucoup d'enfants sont dans les rues pendant les horaires scolaires de la semaine. Mohaï, dont parle Zohra dans son texte sur le Cambodge a joué avec ses frères et sœurs pendant les trois jours de semaine où nous sommes restés au bord de la plage. Vont ils à l'école ? Mystère... La situation des filles et des femmes est précaire et leur taux d'analphabétisme est supérieur aux hommes. Dans la famille de Mohaï par exemple, le grand frère étudie à l'université. Ne peuvent-ils financer que les études d'un seul des enfants? Pourtant, le gouvernement aide les familles défavorisées pour leur permettre de scolariser leurs enfants. Mais sans écoles et avec un nombre insuffisant d'enseignants (40 à 50 enfants par classe); comment faire des miracles? Impossible pour notre part de poser toutes ces questions lorsque la plupart des habitants du pays ne parlent pas suffisamment bien une langue étrangère pour communiquer avec l'étranger.

Et pourtant, la situation de Mohaï est loin d'être la pire. Nous étions abasourdis, en visitant le site d'Angkor, du nombre d'enfants et adolescents travaillant pour vendre des babioles aux touristes. A chaque temple, plusieurs jeunes nous assaillaient à coup de « one dollar », « cheap ». Ils apprennent en effet deux-trois phrases en anglais, japonais, russe, français et les voilà prêts pour travailler « dans le tourisme » dès 6-7 ans. Avec de l'argent gagné aussi « facilement »; en comparaison, le revenu moyen d'un khmer est de 1 dollar par jour, il n'est pas étonnant que l'enseignement de base enregistre un taux élevé d'abandon...

 En ce qui concerne l'état de santé de la population khmer, il est parmi le plus mauvais de la région. Le taux de mortalité élevé est surtout dû à de mauvaises conditions sanitaires dans les régions reculées. Mais plus que tout, l'accès aux soins reste limité et inégal; femmes et enfants en particulier souffrent alors de graves problèmes de santé. En effet, à cause du sous-financement du secteur par le gouvernement, les soins médicaux sont une des principales cause d'endettement et d'appauvrissement des khmers. Impossible à nouveau de ne pas être perturbé par le nombre impressionnant de mutilés des bombes antipersonnelles qui mendient par dizaines quelques riels aux touristes à l'entrée des musée ou sur les plages lors des festivités du Nouvel An. Au Laos, pourtant plus touché par le nombre de blessés quotidiens dus aux bombes non explosées, nous n'avons pas vu un seul mendiant.

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Ce sont tous ces aspects du Cambodge qui m'ont fortement déstabilisé et c'est presque avec soulagement que je l'ai quitté.

Troublée et en tant que bonne suisse peu habituée par tant de pauvreté visible, je me sentais mal à l'aise dans ma position d'étrangère en visite. Si les différences sont grandes dans le pays, imaginez le fossé séparant les campagnards et nous-mêmes... Dans un petit village, la plus instruite du groupe visitant notre camion, me demandait dans un anglais approximatif d'où nous venions. Croyant que c'était de Nouvelle Zélande, j'ai alors sorti une carte du monde pour lui situer l'Europe et la Suisse. Voyant cela, elle a fait une tête voulant exprimer:  « laisse tomber ta carte, je n'y comprendrais de toute façon rien. » Je me suis sentie alors maladroite et déplacée dans mon geste.

Évidemment les khmers en contact avec les touristes sont persuadés que nous sommes tous riches et même si c'est loin d'être le cas dans notre pays, comment le leur expliquer. Ici, nous racontions que Jacques travaillait pour un journal pendant notre voyage, car contrairement à tous les autres pays traversés, c'était absolument inconcevable pour eux de comprendre que nous avions économisé pendant quinze ans pour réaliser ce périple et que en vivant simplement pendant trois années, nous pouvions nous permettre de ne pas travailler.

C'est pour cela qu'au bout de quelques jours j'en ai eu assez de réaliser qu'à chaque transaction financière entre nous et les khmers, se cachait une arnaque. Au Cambodge, il est possible de payer soit en riels, soit en dollars. Il faut alors sans cesse changer les prix dans trois devises différentes pour savoir la valeur réelle. Dans les régions touristiques, les locaux profitent de cet état de fait pour embrouiller le touriste et augmenter les prix. Il faut sans arrêt être sur ses gardes pour éviter de payer par exemple dans la rue une boisson 2$ alors que son prix réel est de 0,25$!! Même si je suis privilégiée par rapport à la plupart des cambodgiens, j'étais excédée d'être considérée uniquement comme une vache à lait!!

Et pourtant depuis notre départ du Cambodge, je ne cesse de me questionner sur la complexité de ce pays et de chercher à le comprendre. Beaucoup de voyageurs racontent que l'Inde ne laisse jamais indifférent. Pour ma part, j'aurais déjà ressenti cela avec le Cambodge.

                                     (mis en ligne à Phuket, Thaïlande)

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Le Nouvel An

Écrit par Zélia.

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Au Camboge, on c'est areter prèt d'une rivière dans la nature.

C'était le nouvel An, papa nous a fait une surprise. C'est des pétares, sa fait des beaux feux dartifisse.

Par Zélia

Le Cocon d'Or

Écrit par Zachary.

La traversée de la Chine en vitesse a rendu impossible la visite de Xian, la ville du départ des routes de la soie. Le Laos et sa capitale, Vientiane, sont alors devenus notre nouvelle destination.

Nous avons trouvé, dans cette ville, la plus grande, la plus belle et la plus remplie de toutes les alliances françaises de notre voyage. Pendant que je lisais, dans cette dernière, les parents ont rencontré, Philippe, un immigré français, qui dirige une ferme de sériciculture.

C'est donc, après avoir fini nos réparations, ou plutôt les réparations de Droopy que nous avons cherché l'atelier de sériciculture.

Après trois demis tours et cinq impasses (je n'étais pas très bien réveillé ce matin là, d'habitude, je fais mieux.), l'entreprise c'est dressée devant nous.

Dans cette dernière, Mohaï, la fille de Philippe a décidé de nous faire visiter. Malgré le fait que son père ne lui ai jamais parlé en français et toujours en laotien, elle se débrouillait plutôt bien grâce aux cours de français quelle a suivi à l'alliance française.

Elle a commencé par nous montrer les vers à soie et leurs cocons. Les vers avait à peine trois jours et Mohaï nous a joyeusement prévenu que nous étions chanceux, car trois jours plus tôt nous n'aurions pas pu les voir. Malheureusement, cette entreprise n'élève pas les papillons. Elle achète directement une plaquette de vingt mille œufs qui pèse deux cents grammes et elle s'occupe seulement des vers à soie.

La pièce suivante était traversée par une centaine de fils de soie, presque invisibles, que notre guide à bien pris soin d'éviter. Son détour nous a un peu étonné, et pour arriver jusqu'à elle, nous avons tous marché droit dans sa direction. Évidement, toute la famille s'est prise dans les fils, sauf Zélia qui est passée en dessous, et qui a regardé ses ainés se débattre, tout en riant avec la guide. Une fois démêlés, nous l'avons écoutée nous expliquer la fonction de la salle, qui sert à dévider les cocons et à les transformer en bobines de fils. C'est ainsi que nous avons appris qu'il fallait de 30 à 80 fils, en provenance des cocons pour faire un seul fil suffisamment gros pour le tissage. Pour les tissus fins, comme les foulards 30 à 40 fils peuvent convenir, mais pour des draps ou de belles robes, il en faut 80.

 

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Cette entreprise a aussi un réseau d'employés locaux. Dans la salle suivante, des menuisiers sciaient du bois, et construisaient des métiers à tisser. Ils seront envoyés dans le nord du Laos, dans des villages, pour des tisseuses qui travaillent à domicile.

Après ça, nous sommes ressorti de l'entreprise et, c'est en plein air qu'une vingtaine de travailleuses tissaient à l'ombre d'une grande natte. La plus part d'entre-elles faisaient de long tissus, mais quelques autres tissaient des mitaines et d'autres petits habits. Ceux-ci seront envoyés à Caritas qui les vendra en Suisse pour gagner des fonds pour les pauvres.

Sur le paquet des mitaines, il y a un petite étiquette signalant que tout est fait entièrement à la main, ce qui est vrai, les employées vont jusqu'à coudre les étiquettes à la main.

Ensuite, Mohaï nous a montré son petit magasin. Et là, maman s'est mise à sautiller devant chaque objet, et ses yeux brillaient tellement que l'on ne voyait plus ses pupilles. Ensuite elle a supplié papa et ce dernier a regardé les prix nouvellement avant de céder en soupirant. Du coup maman est sortie en dansant du magasin avec deux abats-jours pour lampe et une écharpe, dans ses bras, et un sourire rayonnant sur son visage. Papa, lui avait une tête un peu déconfite et le porte-monnaie bien allégé en se disant qu'après tout il fallait bien fêter la fin des routes de la soie.

Du Paradis à l'Enfer

Écrit par Jacques.

 Bien sûr chacun se fait sa propre image d'un voyage autour du monde. Certains y voient avant tout le bonheur paresseux, celui de l'exotisme ou celui des vacances non payées, à l'écart des préoccupations quotidiennes de la vie professionnelle. D'autres y voient les dangers et les tracas suscités par les rumeurs diverses ou les mauvaises expériences brandies par un quiconque qui a connu la malchance.

 Un voyage, comme le nôtre, n'a finalement, absolument rien avoir avec tout cela. Et si nous avons le plaisir de rencontrer des paysages merveilleux et de dormir dans les déserts ou les steppes, notre quotidien se révèle une labeur difficile avec ses obligations et ses contraintes. De même, une fois aguerris aux routes, aux réparations et aux renouvellements inconnus, les dangers relèvent plus de l'inattention que de la malchance. Mais finalement, il s'agit avant tout d'accomplir, jour après jour les tâches qui nous incombent dans des lieux nouveaux, avec des personnes différentes en préservant les besoins de chaque membre de la famille.

 Mais, au-delà de cette routine égale à toute autre routine, chaque pays nous amène son lot d'émotions et de réflexions. Avec des différences et des ressemblances aussi merveilleuses que terrifiantes.

 Nous venions de traverser le Laos et son aspect originel, avec sa population douce et accueillante. Tous les jours des sourires généreux et sans malice, nous réchauffaient le cœur. La pauvreté des habitants n'était guère synonyme de misère. Au contraire, elle donnait l'impression d'un renoncement total aux bienfaits du progrès pour une vie plus simple et plus sereine. Dans le calme qui y régnait, on aurait pu croire que le paradis existait bel et bien. Mais, qui dit paradis, dit aussi enfer. Les laotiens sont bien placés pour le savoir, eux qui ont été bombardés, sans raison, comme nul autre pays au monde par l'Amérique salvatrice et porteuse de démocratie. Toujours est-il qu'ils ont retrouvé, pour l'instant ce paradis perdu, et que le touriste (américain) peut s'y délecter comme un élu aux premières loges.

 Dernièrement, la traversée du Cambodge nous a laissés interdits dans nos appréciations et dans nos jugements. Nous n'étions pas sans ignorer ce qui nous attendait, et si le pays des Khmers, plus peuplé, n'a pas le calme rêvé de son voisin, nous avons toujours été accueillis avec le sourire et une grande attention dans les campagnes du pays. Moins réservés que les laotiens, les habitants sont toujours venus à notre rencontre, pour découvrir le camping-car et nous demander s'ils pouvaient nous servir d'une manière ou d'une autre.

Femmes_et_enfants_khmers

De même, les filles se sont faites des amis de jeu, avec une facilité déconcertante, suivies constamment par une bande de gamins tout heureux de s'amuser avec des nouveaux venus. Pourtant, notre passage à Phnom Penh allait nous rappeler à quel point, le traumatisme de ce peuple est encore présent et n'épargne aucune famille cambodgienne.

 Si nous avions visités avec Zachary, les camps d'Auschwitz et mesuré la froide méthodologie d'extermination nazie, il nous semblait peu pertinent à l'époque d'y emmener les filles préférant les préserver encore des aspects cachés et monstrueux de l'humanité.

Alors, pourquoi leur faire découvrir la prison-musée de Tuol Sleng? Certainement un reste de naïveté de notre part... Ensuite l'ampleur et l'aspect encore rudimentaire des méthodes employées pouvaient nous laisser croire que la folie des khmers rouges serait plus abordable que la rationalité efficace des nazis. Enfin, l'ensemble du musée peut se visiter de manière rapide, si nécessaire, et il y est relativement facile d'éviter les lieux où les images choquantes pour de jeunes enfants.

 C'est ainsi que nous découvrîmes, au sein de la prison, comment la folie paranoïaque des khmers rouges s'était retournée, sans aucune raison valable, contre son propre peuple. Assassinant, jour après jour, des centaines d'hommes, de femmes et d'enfants sans critère d'aucune sorte. Fussent-ils aussi stupides, injustes et abjectes que ceux déterminés par les nazis! La folie meurtrière des khmers rouges était, au final, dépourvue de logique ou même d'idéologie. Un conditionnement brut et « inhumain » qui n'avait pas prévu ses effets retords.

 Comme si St-Pierre avait décidé subitement de fermer les portes du paradis, sans en aviser les conséquences. Ainsi les cambodgiens se sont retrouvés bannis de leurs villes et de leurs maisons, puis déplacés dans le pays pour effectuer des travaux forcés, pesant purgatoire temporaire souvent sans issue, si ce n'est celle du pire. Ce pire vous tombait dessus, par délation, par erreur, par jalousie, surtout sans fondement, et dès lors on vous ouvrait les portes de l'enfer, situées dans les nombreuses prisons d'inquisition et d'exécution disséminées dans tout le pays, dont Tuol Sleng, n'était que la plus atroce.

 Cet enfer bien concret et matériel, dont nul ne peut désormais douter de son existence, existe toujours parmi les hommes. Depuis la fermeture de la prison, rien n'a bougé. Et dans les anciennes classes de cette école secondaire, réquisitionnée pour les besoins des exactions secrètes, les murs, les pierres et les barbelés témoignent en cœur des dernières semaines de souffrances des condamnés. Seuls quelques tableaux noirs, suggèrent qu'en d'autres temps des enfants s'amusèrent dans ces salles, quand la paix y dominait et que la société s'affairait en toute tranquillité.

 La terrifiante horreur du massacre khmer, c'est qu'il nous laisse orphelin face à nous même. S'il est relativement facile de se distancer des idéologies nazies ou encore des idéologies extrémistes quelles qu'elles soient. Il devient difficile de se positionner dans un monde où la raison n'existe plus.

Un monde mis en place par des êtres humains, comme nous, et qui, en perdant subitement tout entendement et toute valeur, s'enclenche en destruction comme une catastrophe naturelle et imprévisible.

 Kant disait que si l'homme existait et était doté de raison, c'est certainement que la nature s'était donnée un moyen pour réfléchir sur elle-même et pour agir en conséquence. Malheureusement, tout outil à ses dangers quand il est mal employé. Ou dans notre cas présent, quand il s'y emploie mal.

Dès lors, il est facile de constater à quel point l'être humain se trompe facilement et creuse par ses erreurs sa propre tombe. La nature effacera alors son œuvre imparfaite, aussi inadaptée que le dinosaure, pour s'essayer sur une nouvelle créature...

 Il est alors plus simple d'oublier et de retourner à ses occupations, de se plaindre de son quotidien et de ses petits besoins. Reniant cette bête qui sommeille en nous, et se persuadant du bien fondé de nos valeurs qui nous rendent si différents et si supérieurs au reste des animaux.

Puis en attendant un éveil providentiel, livré en software pour notre dernier bijou technologique, nous nous rassurerons que notre bêtise générale, n'est pas l'œuvre de notre volonté individuelle, mais bien celle de la propagande sociale, idéologique, religieuse ou publicitaire.

 Mais il est tard, cher lecteur, il faut que je rentre chez moi...