Itinéraire

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Derniers commentaires

  • Gravatar Le dessin mignon arrière de ma maison, Zelia! avec quelques traits et couleurs que vous avez laissé un souvenir chaleureux
  • Gravatar Chère petite Zélia, que cela doit être doux pour Droopy d'entendre ce cris de tendresse! Garde cette spontanéité à ton
  • Gravatar Danseuses dans un patio andalou ! Quelle grâce et quel rayonnement ! A vous la vie !
  • Gravatar ! Pero que listita es mi chica! Lo que habreis aprendido, sin duda, es que todas las acciónes tienen sus consecuencias ( bue
  • Gravatar Comme je comprends ta lettre Zélia! Droopy, c'était un membre de ta famille, celui qui vous a porté sur les routes du mond
  • Gravatar Mi skribas por deziri al Zelia felicxan naskigxdatrevenon!!! Cxion bonan, kara knabineto!!! Mi sauxdadas vin!!! Kisojn!!! Eid

la journée à vélo

Écrit par Zélia.

En Malaisie, nous louons des vélos pour faire le tour d'un parc naturel « Taman Botani Negara » à Shah Alam. L'endroit est très joli.

Nous allons à vélo parce que le parc est trop grand pour aller à pieds. Au tout début, il y a des descentes, mais après il y a des montées.

Zachary fait un peu le guignol. Il enlève les pieds de ses pédales et les met autre part sur le vélo.

On a vu des singes au retour. Il y a trois sortes de singes en Malaisie: des singes gris, des macaques et des babouins au derrière rouge.

Comme il fait trop chaud, nous rentrons manger le repas de midi au camion.

L'après-midi nous pouvons nous amuser comme des fous à vélo avec Zachary, Zohra et notre nouvelle copine Nadia.

ZELIA

la_journe__vlo

 

(Publie a Shah Alam en Malaisie)

 

Les singes

Écrit par Zachary.

Depuis notre arrivee en Asie du sud-est j'ai tout de suite demande ou nous pouvions voir des singes.

Malheureusement nous n'en n'avons pas trouves au Laos, Nous en avons juste appercus au bord de la route au Cambodge et nous n'avons pas eu plus de chance avec la Thailande!

Mais par contre, en Malaisie, j'ai ete servi. Les premiers singes que nous avons vu etaient les Macaques au pelage brun-roux et un peu agressif, les seconds ont ete les singes argentes, ceux de mon dessin et ceux que j'ai prefere. Ces derniers sont tres doux mais ils restent quand meme des singes, en voulant faire le malin avec l'un d'eux j'ai leve les morceaus de bananes que nous leur distribuions, au dessus de ma tete. Le singe s'est donc accroche a mon T-shirt et m'a escalade jusqu'a la tete, effraye j'ai vite passe les bananes a papa, le”Silver Monkey” a alors saute sur papa, ce dernier a du l'attrape par le bras, mais le singe ne s'est pas avoue vaincu et s'est crampone au sac et a ecrase toutes les bananes. Quand papa a reussi a le decrocher il y avait plein de jus de bananes au fond du sac. Le bebe orange de ce singe est reste accroche au ventre de sa maman tout au long de la bataille et n'a pas emis le moindre cri.

Singes

 

(publie a Shah Alam en Malaisie avec un clavier sans accents...)

Autour d'un monde si petit

Écrit par Zachary.

Depuis le début du voyage, j'ai toujours trouvé génial de pouvoir rencontrer des personnes et des amis partout dans le monde. Nous sachant souvent attendus, nous traversions les frontières sans craintes sur ces nouveaux pays et impatients d'aller à leurs rencontres. Avoir un point de chute était non seulement rassurant, mais également une certitude de découvrir les lieux d'une manière approfondie. Évidemment tout ceci n'aurait pas été possible sans le réseau d'amis de papa.

 Ce dernier est alimenté par quatre source principales : l'espéranto, les collègues de MSF, les amis proches et enfin les voyageurs.

 L'espéranto est le plus surprenant de ces réseaux. La source a jailli à Genève et a coulé en une magnifique rivière verte à travers l'Europe et l'Asie. Il nous a ouvert des portes complètement inattendues dans de nombreuses villes et pays. Nous les avons parcourus d'une manière toute différente des autres touristes. En effet, grâce aux espérantistes nous avons rencontré des locaux avec qui nous avons pu discuter de leurs coutumes et de leur pays. Par exemple Can, nous a guidé à travers Istanboul pendant dix jours. Ensuite avec son ami Murat, espérantiste également, ils nous ont fait découvrir Isnik son passé et ses célèbres céramiques. Finalement, avant de nous quitter, ils nous ont transmi des adresses pour visiter,d'autres espérantistes dans les villes d'Izmir et de Kirshehir.

De la même manière, Firdhaus nous a mis en relation non seulement dans son pays,le Tadjikistan, mais aussi avec les espérantistes Ouzbeks, Kazakhes et Russes.

Au fur et à mesure l'espéranto renforçait notre itinairaire grâce à tous ses points de chutes. A tel point que nous regrettions quelquefois de visiter des pays sans espérantistes, ou de me pas pouvoir nous écarter plus de notre route pour en rencontrer.

 La deuxième source est le travail de papa, soit MSF (Médecins sans Frontières) dans lequel il a travaillé dix ans. Bien que moins local que les espérantistes, il était toujours infiniment agréable de retrouver des connaissances à l'étranger, qui de plus parlaient souvent français. Ainsi, nous étions introduits dans un pays par des amis qui y vivaient et qui connaissaient notre culture et nos besoins.

Une collègues nous ayant bien aidé en Jordanie, fut Arielle qui nous a accueilli avec Alysse, sa fille de10 ans, et qui nous a conseillé sur toutes les attractions du pays en précisant leurs avantages ou leurs inconvénients. De la même manière Jean-Michel, à Kuala Lumpur, nous a énormément facilité la vie en nous dénichant un endroit merveilleux pour nous garer entre cette ville et son port. Car c'est de là que Droopy doit prendre la mer. Les gens de MSF sont habitués à travailler et à voyager à l'étranger, par conséquent ils ont souvent des amis un peu partout. De cette manière Hakim retrouvé en Jordanie, nous a passé le contact de Gwen, en Turquie, qui à sont tour nous a envoyé chez Puyan, en Iran. Trois personnes qui nous ont accueillis comme des rois.

 La troisième source d'amis est celle de nos proches. Et comme nous avons la chance d'habiter à Genève, ville très cosmopolite, ceux-ci viennent des quatre coins du monde. Ainsi nous avons retrouvé Alexis à Bangkok et Victor à Sofia. Se retrouver avec des proches c'est pouvoir agir aussi en toute confiance. Mais c'est aussi retrouver le passé de nos parents avec leurs anecdotes. Je me réjouis bientôt d'arriver à Madrid, pour y retrouver une grande partie de la famille qui fera exprès le déplacement. Cela nous fera de bonne retrouvailles avant de partir pour l'Amérique du Sud.

 Nous arrivons maintenant à la quatrième source, celle des voyageurs rencontrés sur les routes. Plus spontanée et en fonction des besoins de chacun. Ces rencontres sont souvent très riches et intéressantes. Ces nouveaux amis, rencontrés par hasard, ont partagé des nombreux moment avec nous. Soit en découvrant le pays à bord de Droopy, comme Clément l'auto-stoppeur solitaire, soit en les retrouvant dans leur pays de résidence, comme Alexandre rencontré en Ouzbékistan et qui nos accueilli ensuite à Astana. Retrouver des amis voyageurs c'est raccourcir l'attente sur les routes quand ils sont avec nous dans la voiture, et c'est aussi l'occasion de partager nos impressions sur les pays comme nous l'avons fait avec Nathanaël et Monica, en Thailand, ou encore avec la fameuse famille Sardi dont parle Zohra dans tous ses textes.

 

autourdunmondesipetit

(Cliquez sur la photo pour accéder à l'album!)

 C'est ainsi que je me suis rendu compte à quel point les amis participent au voyage, en le rendent plus agréable et plus mémorable, et que, parcourir le monde grâce à un réseau d'amis, est la plus belle manière de voyager. C'est pourquoi j'aimerais, dés mon retour à Genève, pouvoir accueillir et faire visiter notre ville à tous ceux qui nous ont aidés, et à bien d'autres encore.

Le monde parait vaste, dangereux et étendu, pour ceux qui y voient des ennemis, mais pour ceux qui y trouvent des amis, il devient sûr et tellement plus petit.

Certains l'aiment chaude...

Écrit par Jacques.

RSZ__certainslaimentCERTAINS L'AIMENT CHAUDE...


Certains l'aiment chaude, douce et féminine

Comme ces collines qu'un soleil d'été caresse.

Trahissant au vent, sa nature serpentine,

Elle irrigue les plaines d'une saine ivresse


D'autres l'aiment vaste, salée et insondable

Parsemée d'îles dorées et d'huîtres sauvages.

Maîtresse soumise ou furie indomptable

Elle recouvre et féconde toujours à son âge.


Moi, je l'aime jeune, fraîche et ruisselante

Quand du haut du ciel, elle renaît sur terre.

Assoiffé, à sa source je me désaltère


Et bénis cette cascade étourdissante,

Pluie de scintillantes perles divines

Fée première, bonheur de nos origines.


La mauvaise surprise

Écrit par Zohra.

En Malaisie nous longeons la côte jusqu'à Penang car un espérantiste d'origine tchèque, Nicolas nous attend. Nous apprenons que la mer est à 500 mètres de son parking. Je meurs d'envie de m'y tremper. Nicolas nous prévient de faire attention aux méduses, nombreuses à cet endroit. Pour les éviter il faut se baigner au bord de la plage car elles n'y viendront pas de peur de s'échouer.

A la plage, nous courrons dans l'eau. Dans la mer, contrairement à la Thaïlande, nous ne voyons pas plus loin que deux centimètres tellement l'eau est brouillée.

Quand Papa sort de la mer, Zac fait le malin et part au large. Moi je veux faire comme une grande et le rejoins. Je nage et tout à coup apparaît devant moi la forme d'une petite méduse orange. Je crie, surprise. Un filament m'entoure la taille. Horrifiée et pleine de douleur; je l'arrache. Je nage à toute vitesse pour regagner le bord mais la fatigue me rattrape et Zac me tire sur le dernier bout. Je sors de l'eau en courant et un maître nageur me fait signe de le suivre. J'ai très mal mais pas question de pleurer se serait une honte. Il m'amène sous un parasol où un autre monsieur me met de l'ammoniaque pour couper l'effet du poison et de la brûlure. Je retourne près des parents mais la douleur me hante. Je me tords dans tout les sens et essaie de parer le mal en mordant la ceinture en cuir de papa; jusqu'à en avoir mal aux dents. Papa me demande si je veux aller à la clinique. J'acquiesce. Je suis tellement mal qu'il doit me porter. Le docteur me met de la crème et me fait une piqure anti-douleur directement dans le muscle pour un effet plus rapide. Il me donne de la crème et trois médicament: un antidouleur 3 fois par jour, un antiallergique 2 fois par jour et un antipoison 1 fois par jour. Je ne dois pas me baigner jusqu'à ce que les blessures disparaissent. Le docteur explique encore que les méduses oranges sont les plus douloureuses de la région.

Le soir, Nicolas vient nous rendre visite et nous lui expliquons ce qui m'est arrivée. Il dit en espéranto « Cela fait sept ans que je suis en Malaisie et je ne me suis jamais baigné car j'ai trop peur des méduses. Je vous avait prévenu de faire attention ». Ses phrases me font sourire car j'ai l'impression qu'il se sent coupable.

Avant de me coucher, je regarde mes blessures plus attentivement: mon ventre est strié de brulures rouges jusque dans la moitié de mon dos. Il est aussi tout enflé. La main avec laquelle j'ai arraché la méduse est dans le même état. Elle est tellement gonflé que je ne peux pas l'utiliser pendant plusieurs jours. Tout le monde dit qu'une blessure de méduse peut durer une semaine; mais pour moi cela a duré plus de deux semaines.

 Le lendemain Zachy, Zélia et maman partent à George Town visiter la vielle ville. Papa reste avec moi au camion pour que je puisse me reposer. En fin d'après midi, toute la famille se fait inviter à la piscine d'un anglais mais je dois rester seule au camion pour ne pas mouiller mes brûlures.

 Le lundi, tôt le matin nous partons de Penang et roulons en direction de Kuala Lumpur pour retrouver des amis de papa. Six jours après m'être fait piquer, mes blessures vont mieux et j'ai fini les médicaments. Je ne résiste donc pas à l'envie de sauter dans la piscine du parc où nous sommes garés. Je n'aurais pas dû, car la douleur est revenue pire qu'avant et je n'ai pas pu dormir de la nuit.

 Quinze jours plus tard, au moment où j'écris ce texte, je vais mieux. Je peux me baigner, je n'ai plus mal, mais j'ai encore des traces des brûlures. J'espère qu'elles ne laisseront pas de cicatrices...

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                                      (le jour meme)

Si on vous dit un jour de faire attention aux méduses souvenez vous de mes photos et je parie que vous réfléchirez à deux fois avant de vous baigner!!

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                                                                                                                    (15 jours apres)

De la Sibérie à l équateur

Écrit par Droopy.

Carnet de dépenses et de lamentations de Droopy (Extraits)

 Ah! Mes amis! Ce n'est pas l'envie qui me manque de continuer à vous raconter nos folles aventures. Mais les routes du monde me font endurer un chemin de croix que vous pouvez à peine imaginer. Je laisserai, pour cette fois, de côté les aspects magiques et fantastiques pour reprendre la liste - hélas - interminable de mes blessures.

 Endurées pays après pays, chacune de ces meurtrissures possède une histoire, un paysage et une saveur originale que les garagistes locaux s'appliquent à entretenir grâce aux arts du marteau, de la meuleuse et du chalumeau. Soignées avec les moyens du bord, par mes compagnons de route, elles sont d'une part, la marque de nos aventures et d'autre part, elles me rappellent leurs expressions spontanées d'affection et d'amour. Vulgaires ou racées, les plus coriaces d'entre-elles, résistant aux soins et aux traitements prodigués, font souvent preuve de tempérament et de caractère. Ces blessures sont alors le prétexte inespéré pour des exercices de « team-building », d'écoute, et de communication qui peuvent même quelquefois aboutir à une profonde thérapie familiale.

 Alors ne riez pas ! Ne vous moquez pas de ma complainte! Car toute cette passion endurée, jour après jour, mérite bien plus la compassion que l'opprobre. Et rappelez-vous qu'en d'autre temps, Euryclée, la vieille nourrice, avait reconnu Ulysse à sa cicatrice lorsqu'elle lui lavait les pieds. Quel serait alors mon honneur et ma gloire qu'un jour enfin l'on reconnaisse les êtres de valeur non seulement alors leurs belles qualités apparentes mais également pour les vilaines plaies qui maintes fois les défigurent!

 A mon dernier bilan de soin, nous nous étions arrêtés au Kazakhstan, j'étais alors loin d'imaginer que mon initiation sur les routes de la soie, n'était que le préambule difficile de la destinée qui m'attendait. Parcourir les terres qui séparent la blanche Sibérie jusqu'à l'exotique Malaisie m'aura causé bien plus de peine que les routes arides et poussiéreuses des caravanes du désert.

 Russie: 265 CHF

Les expéditions dans la taïga me valent 4 crevaisons, en moins de 1000km. Malmené sur les pistes, une des attaches de la barre anti-roulis se dessoude, puis une lame de ressort cède sur les nids d'autruches. Ma blessure tadjike au radiateur se rouvre et une nouvelle pierre vient balafrer mon pare-brise. Soigné avec amour par les bucherons sibériens de nombreux soins ne nous sont pas facturés. Nous profitons alors de leur aimable solidarité, pour reconsolider par quelques soudures la tôle d'attache du pare-choc et le fermoir du capot avant.

 Mongolie: 415 CHF

J'arrive en terre mongole assoiffé comme un diabétique, je consomme deux litres d'eau par 100 km, j'ai la pompe à eau qui fuit et mon cœur qui se déshydrate. Dès mon arrivée à Oulan-Bator, Le Gros me transplante une nouvelle pompe, que nous installons sur le parking de la piscine municipale.

En chevauchant les steppes mongoles, deux lames de ressort cassent à 2000 m d'altitude. Le Gros part à moto et parcourt les yourtes des environs pour trouver des lames de rechange. La pêche devient miraculeuse quand il tombe sur une carcasse d'un vieux camion russe Kamaz. Tandis que Le Gros lorgne avec appétit sur les vieilles pièces rouillées, le mongol s'attaque à démonter son camion gisant devant la yourte, ravi d' échanger le métal contre du papier de banque. Le Gros n'hésite pas et revient à moto chargé comme un yack avec 5 lames de ressort sur ses deux épaules. Il démonte du coup mes deux suspensions avant pour réparer la première et renforcer la deuxième, convaincu qu'il vaut mieux prévenir que guérir.

.Chine : 300CHF

Un calvaire, un cauchemar, une torture s'il y avait des avocats pour montures, je déposerais plainte pour maltraitance!! Mais vous me direz qu'en Chine ce ne sera pas le premier droit à être impunément bafoué. Peu importe! J'accuse! Oui, J'accuse! Le gros de complicité avec les chinois pour s'adonner à son sadisme le plus secret. Il veut certainement satisfaire toutes les courses qu'il n'a pas gagnées, se venger des femmes qu'il n'a pas séduites, et compenser les augmentations qu'il a n'a pas obtenues, lors de sa jeunesse écoulée!

 Ah! Le pervers, sur plus 3500 km, jamais il ne lâche sa cravache, forçant le train en montée, en descente, sur les autoroutes suspendues et dans les cols brumeux. Ce sauvage tape de toutes ses bottes pour écraser mes pédales contre le plancher! Ah l'infâme, je le maudis comme on maudit le pire des criminels. Rouler du matin au soir, comme un condamné aux galères m'amène à péter une durite, que Le Gros remplace sommairement par un bout de tuyau d'arrosage. Puis sur l'autoroute , je crève deux fois, mes pneus rendent l' âme. Il m'en faut des neufs...mais vitesse, empressement et mauvaises routes condamnent sans pitié. Après les pneus, c'est une jante qui se fend!

Je quitte le pays éreinté, avec un souffle au cœur, trahi par mon maître, et dans mes bagages, je conserve précieusement cette jante cassée, preuve indiscutable des mauvais traitements subis.

 Laos : 2325 CHF

Heureusement qu'au Laos, le temps n'a pas de prise et qu'il s'écoule au ralenti ! Mes cris de désespoir sont enfin entendus pas les dieux. Il se décident alors à me rendre justice. Le Gros est condamné, mis à l'amende, il doit payer et expier sa peine. Ce n'est que justice! Hermès en personne est descendu du ciel lui rappeler l'incontournable devise : Qui veut aller loin, ménage sa monture!

 Pour atteindre Vientiane, il faut souder la jante cassée. Mais voilà que celle-ci à peine réparée, une deuxième jante se fend à son tour, comme si n'en tenant plus, elle avait fait de son mieux pour résister jusque là. Les soudures semblent supporter, il faut alors s'occuper de mon souffle au cœur, cette fois la panne est plus grave, et nécessite l'intervention d'un bon chirurgien. Avec tant d'effort, le joint de culasse laisse passer de l'eau du système de refroidissement dans les chemises du bloc moteur. L'eau presque instantanément transformée en vapeur augmente la pression dans tout le système refroidissement, les durites alors gonflées à blocs menacent d'exploser à tout moment.

 Par chance, nous tombons sur Torsten, le chef d'atelier allemand chez Mercedes qui s'occupe de me faire un check-up complet. Le Gros, coupable et honteux, n'en mène pas large, mais il utilise encore une fois ses talents charismatiques pour s'entendre avec Torsten.

Rapidement, il est discuté quel travail il convient de faire dans son atelier et quelles autres réparations peuvent être faites, à moindres frais, chez Det, un garagiste laotien, passionné de 4x4 et surtout de vielle Jeep de collection qu'il retape à longueur de journée pour son plaisir.

 Il était temps ! Car sans la combinaison des deux médecines occidentales et orientales, je n'aurais guère pu continuer bien loin. Heureusement, mes compagnons tiennent encore à moi et sont prêt à tout pour continuer nos aventures sous ma bonne garde. .

 Le travail sur le moteur, l'achat de pièce Mercedes, les réglages et les vérifications se font chez Torsten. Les travaux sur le châssis, les suspensions, et l'achat de pièce locales se font chez Det.

La note est salée bien que la main d'œuvre nous est quasiment offerte. La liste de pièce changée parle d'elle même: joints de culasse, tendeur de chaine, radiateur, suspensions, amortisseurs, pneus et petites pièces diverses. Les opérations demandent une dizaine de jours d'hospitalisation intensive : ouverture du moteur, prolongement du châssis, redressement du pont avant, alignement des roues, pose du radiateur, des suspensions et des armortisseurs, graissage des cardans, des cannelures et des roues, changement des filtres,vérifications et réglages des systèmes de freins et électriques.

 Bref après plus de 40 000 km et 13 mois sur tous les types de terrain, ma santé en avait pris un sacré coup. Il nous restait encore les jantes qui, bien que soudées, menaçaient encore de rompre. Mais, pas moyen d'en trouver d'occasion dans la région.

 En quittant Vientiane je me sentais d'attaque pour mordre le béton et battre la campagne. Malheureusement, après 700 km voilà qu'une jante déjà ressoudées cède entraînant comme d'habitude une crevaison. Au moment de changer la roue, le gros s'aperçoit qu'elle est brulante, mauvais signe... Au garage, nous apercevons que le roulement est usé et qu'il faut le changer. Par contre, rien à faire, pas de pièce similaire dans le coin. Le gros appelle le brave Torsten, qui essaie d'en trouver d'abord en capitale, puis en Thaïlande voisine. Sans succès. Il faudra la commander à Singapour, puis depuis Vientiane la faire venir par le bus de nuit. A nouveau, une semaine de repos forcé.

 Cambodge: 60 CHF

 Les deux jantes cassées nous contraignent à rester sur les routes que des nids poules garnissent de-ci, delà. Une prudence bienvenue car l'art de la soudure ne semble pas faire partie des talents cambodgiens. Les jantes cèderont au total 5 fois, mais notre expérience nous permet d'éviter presque à chaque fois les crevaisons par des contrôles réguliers des soudures. Visiter un pays de cette manière, c'est comme aller faire ses courses au supermarché en béquilles. Mais, comme nous en avons vu d'autres, nous parvenons à rejoindre la frontière thaïlandaise au sud du pays. Les soudures et tentatives diverses de réparations ne nous coûtent pas grand chose, mais, au vu de leur qualité, ça se comprend. Vivement que nous arrivions à Bangkok pour résoudre ce problème en achetant au moins une jante coûte que coûte!

 Thaïlande : 570 CHF

A peine 30km après la frontière, nous tombons sur un spécialiste qui ne fait que des roues et des ponts. Une aubaine, l'homme ne parle pas un mot d'anglais, mais son visage respire la gentillesse et l'honnête. Nous lui expliquons notre problème en lui montrant les jantes. Il réfléchit discute avec ses employés. Il nous propose son prix, et nous demande de repasser le lendemain. Finalement ils passeront environ 3 heures sur chaque jante pour nous les refaire complètement.

Soudure en profondeur, passage au tour et peinture. Enfin un vrai boulot de pro.

Dès que arrivons à Bangkok, nous commandons tout de même une nouvelle jante pour conjurer le mauvais sort. La jante nous arrive d'Allemagne et nous est offerte par une charmante donatrice anonyme!

Mais, bien sûr, tout cela ne nous évite pas les crevaisons et quelques ajustements à mon porte bagages. Nous profitons ainsi de la Thaïlande, ou le travail est suffisamment bien exécuté pour faire de nombreuses petites améliorations afin d'être prêts pour l'Amérique du Sud, comme la rénovation du siège avant ou la fabrication d'une entretoise pour le tube cardan. Nous faisons également une mise à jour du stock de chambre à air et de pièces diverses.

RSZ_360Entretoise

( Cliquez sur l'image pour accéder à l'album!)

 

Malaisie :

Pour l'instant pas de réparation en vue, car je végète sur le parking du magnifique parc Botanique de Sha Alam, parmi les arbres, les macaques et les babouins. Mes compagnons ont obtenus les faveurs d'une petite voiture locale qu'un de leur ami leur a prêté. Cela tombe bien, car mon affrètement aura certainement des coûts qui feront à nouveau grincer des dents.

 Mais que vous voulez une épopée comme celle-ci, ne se fait pas sans difficulté. Certains pourraient penser que je étais peut-être trop vieux pour un tel voyage, d'autres seront affolés et se résignerons plutôt que de tenter leur rêves. Mais, les plus lucides, les plus courageux ne reculeront pas devant tant peine et de douleur, car avertis au travers notre expérience, ils prendront soin de préparer leurs bagages, de choisir leur monture et de se former à la médecine-vétérinaire du voyage. Alors leur monture glissera sur les routes, galopera à travers champs et volera par-dessus les montagnes. Et ils perceront, dans un bonheur inégalable, les mystères de cette interminable quête qui permet la réalisation des rêves les plus invraisemblables.

 Maintenant que nous avons déjoués tous les obstacles du colosse asiatique, les portes de l'Amérique s'offrent bientôt à nous. Une croisière pour moi, un long voyage par avion pour mes compagnons et des retrouvailles à l'autre bout du monde, plus précisément à Buenos-Aires, en Argentine, pour la mi avril..

 


 Frais totaux de réparation depuis le départ: 8200 CHF

Des Routes de la soie (Genève - Kazakhstan ) 4200 CHF

De la Sibérie à l'équateur (Russie – Malaisie ) 4000 CHF

 

 En attendant toute l'équipe des 1001 Bornes profite de l'occasion pour remercier en particulier:

 - Le père Lionel pour son indéfectible suivi à distance, ses conseils et son soutien en mécanique qui nous permettent d'évaluer et pallier aux pannes les plus importantes.

- Le journal « Le Chênois » dans lequel nous publions régulièrement des articles. Revenu principal qui nous permet de payer en grande partie les réparations de Droopy.

- Les nombreux donateurs inattendus petits et grands qui grâce à leurs dons ponctuels permettent de compléter les frais de réparation survenus depuis le début du voyage. Et ainsi de maintenir une balance équilibrée pour la mécanique en rapport avec notre budget estimé au départ.


 Sha Alam, le 9 mars 2012 (Malaise)

555 jours de voyage, 226 Etapes

46630km depuis Genève.

 

 

 

 

 

 

Apnée

Écrit par Zohra.

En Thaïlande, nous arrivons à Laem Mae Pim en plein milieu de l'après-midi. Nous nous garons en face de la plage sur un terrain désert avec juste quelques arbres. Un peu plus loin, des toilettes et des douches publiques dont nous comptons bien profiter. Le propriétaire de l'endroit nous demande 500 bath (environ 15 chf) par nuit. Papa trouve trop cher, il réussit à baisser le prix à 200 bath (6chf).

En tuk tuk, quatre personnes arrivent dans notre direction. Ce sont ... nos amis québécois que nous nous sommes arrangés pour retrouver encore une fois ! Thomas, Catherine, leur maman Laurence et la grand-mère Brigitte venue pour une semaine de vacances, nous cherchent pour aller nous baigner. A la plage, Zachary et papa partent nager près d'une île observer les poissons. Les mamans discutent sur le sable pendant que nous quatre jouons dans l'eau. Nicolas et Olivier sont malades et restent avec leur papa Michel à la maison qu'ils ont louée dans un « resort ».

Zélia et moi rentrons avec les québécois nous baigner dans la piscine du resort. Pendant ce temps, les parents font des courses pour les spaghetti que nous mangerons tous ensemble le soir. La piscine est au bord de la mer. Thomas et moi cherchons des coques à la marée basse pour l'entrée du repas!

Quelques jours après, nous partons en bateau sur une île à plusieurs kilomètres de la côte pour explorer les coraux et les poissons de cette réserve naturelle. Olivier, Nicolas, Catherine et moi voyons une sèche cracher de l'encre. Papa me dit que le conducteur du bateau lui a montré un barracuda. Puis, papa crie: « un requin » !! Oui, oui exactement, il a vu un requin passer... Papa qui a l'habitude des fonds marins nous montre encore une raie. Il se fait tard, nous rentrons et partons nous garer devant la maison des québécois.

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Les jours suivants nous profitons bien tous ensemble de la piscine et repartons même en bateau à la réserve naturelle. Cette fois nous faisons le tour complet de l'île à la nage sauf Michel, Olivier et Laurence qui font la sieste à l'ombre des cocotiers. Même si nous sommes au même endroit que la première fois, nous voyons d'autres choses: des poissons coffre, une chenille de mer, une étoile de mer, plusieurs bancs de poissons et même des poissons clowns. Si tous ces noms ne vous disent rien, regardez « Némo »!!

 

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Le soir même une surprise se prépare pour moi; je fête mon anniversaire en avance avec nos amis. Au menu, entrée: bonbons thaïlandais. Plat principal: crêpes salées et sucrées (une centaine). Dessert: gâteau au chocolat avec glaçage Philadelphia. Délicieux... Mais le plus beau des cadeaux était de pouvoir dormir plusieurs nuits avec nos copains. Zélia et moi dans la chambre de Thomas et Catherine. Zachary dans celle d'Olivier et Nicolas.

 Désormais, j'ai un nouvel objectif. A mon retour à Genève, je promènerai des chiens pour me payer un billet d'avion direction le Québec !!