Itinéraire

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Derniers commentaires

  • Gravatar Le dessin mignon arrière de ma maison, Zelia! avec quelques traits et couleurs que vous avez laissé un souvenir chaleureux
  • Gravatar Chère petite Zélia, que cela doit être doux pour Droopy d'entendre ce cris de tendresse! Garde cette spontanéité à ton
  • Gravatar Danseuses dans un patio andalou ! Quelle grâce et quel rayonnement ! A vous la vie !
  • Gravatar ! Pero que listita es mi chica! Lo que habreis aprendido, sin duda, es que todas las acciónes tienen sus consecuencias ( bue
  • Gravatar Comme je comprends ta lettre Zélia! Droopy, c'était un membre de ta famille, celui qui vous a porté sur les routes du mond
  • Gravatar Mi skribas por deziri al Zelia felicxan naskigxdatrevenon!!! Cxion bonan, kara knabineto!!! Mi sauxdadas vin!!! Kisojn!!! Eid

Un dimanche à la campagne

Écrit par Zohra.

En campagne, dans un petit village perdu, San Jaime, nous passons une semaine chez Jorge et Gladys les parents d'Esteban. Zélia et moi sautons de joie quand nous voyons les quatre chiens. Dans leur jardin, poussent des citrouilles, des bananes, du maïs, des salades, du piment, du choux, des kumquats, un citronnier et des poules gambadent dans leur enclos.

 Le dimanche, je me réjouis car nous partons voir des courses de chevaux. Là-bas, nous garons notre voiture sur l'herbe près de la piste en terre où les chevaux vont courir. D'un côté, nous voyons les boîtes de départ et à l'autre bout, la ligne d'arrivée. Des personnes appuyées contre le capot de leur véhicule, savourent du maté avec leur thermos d'eau chaude sous le bras.

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Sous une cabane, un micro à la main, un homme prend les paris. Esteban nous explique que c'est le même monsieur depuis trente ans. Avant chaque course, les jockeys présentent leur cheval et le public lance les paris. L'homme au micro enregistre et répète à tout vitesse les sommes pariées, les noms des parieurs et celui du cheval. Parmi le public, des gauchos sont adossés sur la barrière. Ce sont des paysans argentins tous habillés avec la tenue typique de la région: le béret en laine, une veste en cuir, un pantalon de couleur foncée serré aux mollets et rentré dans leurs bottes en cuir. Je suis heureuse de voir les trois chevaux qui vont concourir, mais je trouve bizarre qu'ils ne puissent pas se tenir tranquille. Ils font des pas chassés, ils courent et ils ruent. Je demande pourquoi à Esteban qui m'explique que les propriétaire droguent les chevaux pour qu'ils courent plus vite. Je suis choquée par cette horrible nouvelle et fais remarquer à maman que les yeux des chevaux sont hallucinés. Accoudés sur la barrière qui délimites la piste, Papa, Zachy, et moi sommes prêts à prendre des photos. Dans les stalles des boîtes de départ, les trois chevaux s'impatientent et se cognent jusqu'à ce que les portes s'ouvrent. J'ai juste le temps de prendre une photo quand soudain j'entends papa crier «  RECULEZ ». Je vois trois ombres passer à toute vitesse derrière un gros et épais nuage de poussière. Papa pense que les chevaux galopent à plus de quatre-vingts km/h. ce qui n'est pas naturel. A l'arrivée tout les chevaux sont transpirants et essoufflés. Un photographe photographie le cheval vainqueur, le jockey, le propriétaire et les parieurs gagnants.

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A la troisième course, nous nous trouvons à l'arrivée. Je suis choquée de voir que le vainqueur saigne abondamment des naseaux. Pourtant le jockey ne s'en préoccupe pas et agit comme si de rien n'était et le photographe prend quand même la photo habituelle. Le propriétaire est sous les naseaux et il a l'épaule tout rouge de sang ! Esteban nous dit qu'il arrive que des chevaux meurent d'avoir été trop poussés à bout.

Au coucher du soleil, tout le monde veut rentrer, mais moi j'aimerais bien voir encore la dernière course...

(mis en ligne à Santa Lucia, Uruguay)

Help

Écrit par Zélia.

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Nous sommes à Iguazù. Zachary, Zohra et moi trassons « HELP! » dans le sable.

Zohra a eu l'idée de mettre des caiyou dessu. Tous le monde a pris une foto.

Les arc-en-ciels sont très jolis.

 Zélia

 

(mis en ligne à Cordoba, Argentine)

 

 

 

Bienvenido a Buenos Aires

Écrit par Florence.

RSZ360Bienvenido

Ah, l'Amérique latine, sa chaleur humaine, son sens de la fête, son exubérance... Après la réserve asiatique, quel bonheur à la perspective de ce changement culturel bien plus avenant.

La douche froide de notre arrivée à Buenos Aires m'aura définitivement sevrée des idées préconçues!!

Loin de moi l'idée d'écrire une suite à mon article « Droopy en vacances » puisque, logiquement, le débarquement du camion aurait dû être plus facile que l'embarquement. En réalité, nos transactions pour réussir à récupérer Droopy aura été l'expérience la plus pénible, la plus dure et la plus longue du voyage !! Dans nos rapports avec les travailleurs d'Exolgan, la multinationale qui détient le monopole du terminal 3 du port de Buenos Aires; nous avons découvert tour à tour: l'indifférence, les mensonges, l'arnaque, le profit, mais aussi l'inefficacité. Le plus déstabilisant aura pourtant été pour moi de découvrir la dureté du regard de certains de nos interlocuteurs. Un mise en matière abrupte pour notre arrivée sur le continent.

 

Le premier lundi après notre arrivée à la capitale, nous payons et récupérons notre fameux « bill of lading » à la compagnie maritime CMA/CGM. Nous nous dirigeons ensuite à la douane Emba située à côté des terminaux 1 et 2 du port. Un fonctionnaire jovial entame la procédure de dédouanement pour avancer le dossier, mais nous prévient que nous devons d'abord traiter avec Exolgan où Droopy nous attend. Le dédouanement semble simple, le déchargement de Droopy de son flat rack une simple formalité. Nous écartons donc définitivement l'idée de prendre une agence pour faire le travail à notre place. Jacques parle parfaitement espagnol et nous économiserons de l'argent. Comment deviner que nous mettons les pieds dans la cour des grands !!

A notre demande, nous recevons un mail d'Exolgan concernant les frais de déchargement de Droopy du container plat: 1900 $ + 21% de TVA. Quoi? C'est une blague. Faire descendre le camion du flat rack haut de 60cm prend une demie heure grand maximum. Abasourdis, nous nous déplaçons au dépôt d'Exolgan situé à une heure et demie en train et taxi du lieu où nous logeons. Avant même de pouvoir discuter de quoi que ce soit, Sabrina du service à la clientèle qui n'a pas l'air d'avoir inventé l'eau chaude avec sa bouche toujours ouverte, nous assène un coup de massue supplémentaire. Aux frais de déchargement doivent s'ajouter ceux du port de 1200 $; soit un total de plus de 3000 $ pour récupérer notre « maison ». Nous reprenons rapidement nos esprits et Jacques demande à parler à un chef mais sans succès. Esteban du bureau « des commerciaux » se déplace, mais n'étant pas responsable il ne peut rien faire pour nous; les prix étant soi-disant fixes. Nous passerons les jours suivants à nous acharner pour essayer de comprendre les frais et les négocier. A force de patience et de persévérance, nous réussirons à atteindre le bureau du chef, un jeune grand, maigre, froid et indifférent au possible. Un grand travail de « self-control » pour Jacques et moi. Quotidiennement, nous gérons tant bien que mal nos émotions, nos colères et notre stress. A chaque victoire remportée, nous faisons deux pas en arrière. Il manque toujours un papier, un numéro qu'il faut chercher à Emba ou Exolgan éloignés d'une demie heure en taxi l'un de l'autre. Un peu comme si le jeu de la multinationale consistait à nous faire des demandes aussi impossibles les unes que les autres. Pour arranger notre situation, les jours sont comptés, car nous ne pouvons garder le flat rack que cinq jours gratuitement. Ensuite, il faut payer 500 $ supplémentaires par jour. Exolgan tient le couteau par le manche, ils le savent et ils en profitent pour gonfler les prix...

Alors que nous sommes enfin sur le point de réunir tous les dizaines de documents, la douane d'Exolgan nous annonce que nos papiers d'Emba ne sont pas valables. Nous devons y retourner pour tout annuler et recommencer une nouvelle procédure. Et comble de l'absurdité, nous devons tout de même trouver une agence « de déclaration de douane », car seul un agent peut nous fournir, contre paiement, un document évidement indispensable pour le dédouanement de Droopy. Loin d'être au bout de nos surprises, nous apprenons même qu'un contrat particulier existe entre Exolgan et une agence de la place pour obtenir les meilleurs prix. Autant dire qu'il vaut mieux ne pas se tromper dans le choix de son agence!! Cela dépasse mon entendement de rencontrer autant de magouilles en une même semaine.

Puis, pour couronner le tout, une grève générale éclate bloquant les 3 terminaux du port et empêchant toute marchandise et véhicules de sortir...

Le vendredi, dernier délai, nous réussissons malgré tout à réunir enfin tous les papiers et à faire baisser de 1200 $ les coûts, mais nous sommes toujours bloqués. Exolgan, en dernière mesquinerie, affirme que tant que l'argent ne sera pas arrivé sur leur compte, rien ne bougera, et ce, malgré la preuve du paiement que nous leur montrons. La confiance règne... Il faut donc attendre lundi et prévoir à contre coeur de payer 500 $ supplémentaires et surtout prier pour que la grève ne dure pas trop longtemps.

 

Lundi suivant, dernier acte. Nous avons repris des forces pendant le week-end et sommes d'attaque. Stratégiquement, nous arrivons en famille à l'ouverture d'Exolgan. Nous reconnaissons et saluons plusieurs commerciaux que nous côtoyons depuis une semaine. Ils regardent avec étonnement Zachary, Zohra et Zélia que nous asseyons ostensiblement au milieu des guichets du secteur financier. Nous attendons en effet de savoir si notre paiement a été viré sur le compte sûrement trop bien garni d'Exolgan. La moutarde nous monte au nez quand au bout d'une demie heure, notre interlocutrice n'a toujours pas répondu. Cette dernière incapacité que nous traduisons une nouvelle fois par du mépris et de l'indifférence fait éclater Jacques. Prenant tout le monde à parti, il crie de fureur nos déboires et le vol que nous subissons. Tout le monde est un peu gêné, mais tout le monde écoute et je perçois plusieurs hochements de tête approbatifs. Tiens incroyable, ça marche. Le chef du secteur sort de sa cachette pour tenter de calmer Jacques. Tiens, encore plus incroyable ce qui était impossible cinq minutes avant devient tout à coup réalisable. Nous obtenons l'autorisation de décharger Droopy alors que notre virement n'est certainement pas arrivé. Malgré tout, nous aurons encore besoin de la journée entière pour finaliser et tamponner d'autres papiers supplémentaires!!

Nous ne sortirons de cet enfer qu'une heure avant la fermeture du dépôt et sans avoir payé les 500 $ supplémentaires. Aucune victoire, cela démontre uniquement que nous avons de toute façon déjà trop payé...

Match nul? Non, la multinationale Exolgan a bien-sûr été la plus forte, mais nous nous sommes bien battus.

 

(mis en ligne à Cordoba, Argentine)

Don Antonio et ses collègues

Écrit par Zachary.

Dernier texte de Zachary jusqu'aux Evacoms qu'il doit maintenant réviser à fond. Un texte difficile qu'il a fallu reprendre plusieurs fois, mais dont l'exercice est bénéfique. Souhaitez-lui bonne chance pour sa préparation! (Son père fouettard)

RSZ360XRetiro

Le taxi de l'aéroport nous dépose devant la gare du Retiro. Tout au long du trottoir, des vendeurs argentins proposent des choripans, des empanadas ou des jus d'orange pressées. À l'entrée de la gare, un mendiant tend lentement sa main vide et tremblante. Puis, un peu plus loin, dans le grand hall, un vendeur de loto offre des tickets d'espoir. Fatigués, nous nous asseyons enfin sur nos bagages au pied d'une grande colonne.

 Soudain, un crissement de freins accompagne le train qui entre en gare. Les portes coulissantes claquent et déversent un flot de personnes sur le quai. Femmes et hommes pressés se ruent alors dans les tourniquets rouillés qui grincent péniblement à chaque passage. Au-dessus de cette rivière humaine, un drapeau pourvu d'une étoile verte se ballotte tranquillement. Joyeusement une jeune espérantiste vient à notre rencontre. C'est donc pour suivre Agustina chez elle, que nous nous dirigeons vers le quai. Pris dans la foule, à contre-courant, nous faisons à notre tour gémir les tourniquets. Le train semble plutôt vieux, abîmé et rafistolé. A chaque virage, il produit un tapage métallique pareil à dix casseroles dégringolant sur le sol. Ce bruit donne alors l'impression que le véhicule va se désagréger au prochain tournant.

 Dans le wagon, deux personnes âgées, mesurant à peine un mètre cinquante, boitillent collées l'une à l'autre. Ce sont deux aveugles qui tiennent chacun une écuelle dans une main et une canne blanche dans l'autre. De cette manière, simultanément, ils se guident et récoltent l'aumône avec un timide : « Une petite pièce, s'il vous plaît ! Une petite pièce s'il vous plaît ! »

Un instant plus tard, un homme apparaît à la sortie de l'entre-wagon. Il tient dans ses bras deux cartons, un gros et un petit. Il passe à travers la voiture, tout en chantant d'une voix forte et articulée: «  Biscuits Patitas, au chocolat et aux fruits! Biscuits, biscuits Patitas, pour le petit déjeuner comme pour le goûter! Demandez mes biscuits, à partager ou à manger tout seul, biscuits Patitas! » Il dépose son gros carton et fait un aller-retour en distribuant les «  Patitas » et en répétant son refrain. Mais Beccar, la ville d'Agustina, nous attend et nous quittons ce train déjà riche en émotions et souvenirs.

 Comme, il faut aller quelque part

On regarde, l'heure des départs

Dans le bruit et le chaos de la gare...

 Equipé de mon MP3, le lendemain, j'écoute dans le train « Les Cow-boys Fringants » pour m'évader du quotidien porteño. Mais la suite de la chanson m'échappe, car un homme aux cheveux gris et à l'œil de verre vient de hurler d'une voix désespérée: «  BONJOUR, je m'appelle JOSÉ! Avant je n'étais pas comme ÇA! Je travaillais comme VOUS! Mais un jour en rentrant chez MOI! Je me suis fait TABASSER! Alors, je me suis DÉFENDU! Mes agresseurs m'ont logé une balle dans la TÊTE qui m'est ressortie par L'OEIL ! » Une fois qu'il quitte le wagon, papa, maman et moi poussons un soupir de soulagement, satisfaits que les filles n'aient pas compris la tragédie de José.

 Je repars dans les «  Les Cow-boys Fringants » :

 Et ce qu'elle aurait trouvé

Pour s'accrocher à la vie

C'est d' s'occuper des pauvres

Et des plus démunis...

 Mais je suis à nouveau troublé dans mon écoute par un homme qui transporte un haut-parleur au-dessus des passagers. L'appareil braille et crépite. Puis l'homme se met à regarder fixement à l'autre bout du véhicule. Là, dans un fauteuil, un handicapé tient un micro dans sa main crispée et récite avec sa bouche à demi-ouverte un monologue de théâtre. Une fois ce dernier terminé, l'homme valide ramène le haut-parleur et les quelques pièces de monnaies récoltées au passage. Puis, il pose le tout sur les genoux de son compère qu'il fait rouler jusqu'au wagon suivant.

 C'est ainsi que tous les jours, pères de famille, vendeurs ambulants et handicapés parcourent le train en quête de quelques pièces pour supporter leur misère journalière. Mais le plus intéressant d'entre-eux est indiscutablement Don Antonio, l'accordéoniste. Contrairement à tous les autres, il est joyeux et souriant. Il porte un costume certes usagé mais propre, des chaussures bien cirées qui le mettent nettement en valeur.

 Si son spectacle se réduit à quelques mélodies de tango bien connues qu'il accompagne souvent de fausses notes, ce n'est pas grave. Car Don Antonio connait bien ses clients. D'un regard il accroche les dames en parlant d'amour, il attendrit les mères de famille en jouant pour leurs enfants et il captive les hommes par ses discours. De sa voix forte et amicale il entame avec facilité un préambule ou une conclusion à ses chansons. Il sait consoler les tristes, renforcer les faibles, soutenir les indignés. Dans ses courts discours, il prend à témoin les passagers qui l'observent émerveillés et convaincus du bien fondé de ses paroles. Quand l'attention requise est suffisante, que les cœurs sont réchauffés et les esprits apaisés, viennent alors, d'eux-mêmes, les applaudissements. Séduit par le personnage, Papa se joint aux autres pour lui tendre un billet de 2 pesos.

 Par son talent d'acteur, Don Antonio apporte un rayon coloré d'espoir, qui contraste brillamment avec le quotidien maussade des argentins, et repart satisfait les poches pleines...

 

 

Recettes argentines

Écrit par Florence.

Voilà votre patience récompensée...  On ne mange pas en Argentine pour le même prix qu'en Asie du sud-est. Retour aux fourneaux.

Je vous transmets deux recettes inédites. Tout le monde connaît les empanadas et la viande argentine, mais le « Puchero », recette typique de la campagne et les aubergines marinées, j'en doute!

 

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PUCHERO (6 personnes)

 Cette recette ressemble un peu à notre pot-au-feu. Je vous laisse adapter et vérifier les proportions car mon espagnol n'est pas encore parfait et je ne suis pas sûre de les avoir toutes comprises correctement!

 

-  1kg de viande pour pot-au -feu

-  4 litres d'eau et du bouillon de légumes

-  4 épis de maïs

-  500g. de carottes

-  quelques feuilles de chou

-  1kg de citrouille (de préférence les petites avec la peau verte et celles en forme de poire)

-  1 patate douce par personne

-  1 pomme de terre par personne

-   500g de lentilles

-  oignons et ail

-  une poignée de flocons d'avoine

-   sel/poivre, feuilles de laurier, origan

 

1.         Couper les carottes et les feuilles de chou en tous petits morceaux fins.  Couper le maïs en tronçons de 8cm. environ. Couper la citrouille en morceaux en gardant la peau. Eplucher les pommes de terre et les patates douces  et les couper en deux selon la taille.

 2.         Faire revenir les oignons et l'ail dans un peu d'huile et ajouter les 4 litres de bouillon de légume.  Ajouter les carottes, les feuilles de chou et les lentilles. Pas trop de lentilles car elles servent à épaissir le bouillon, mais la soupe doit rester suffisamment liquide.  Mettre enfin la viande.

 3.         Laisser mijoter 1/2h., puis ajouter les pommes de terre, les patates douces, le maïs et les citrouilles. Laisser encore cuire 1/2h jusqu'à ce que tous les légumes soient cuits.

 4.         10 minutes avant de servir, ajouter la poignée de flocon d'avoine.

 5.         Sortir tous les légumes et la viande de la soupe. Déguster en entrée la soupe, puis la viande et les légumes en plat principal.

 

C'est absolument délicieux...

 

 

AUBERGINES MARINEES

 Dans cette recette, on remarque toute l'influence de la cuisine italienne dans la gastronomie argentine...  Elle demande du temps de préparation, mais le résultat en vaut la peine.

 

-  aubergines

-  huile d'olive et vinaigre blanc

-  ail

-  sel/poivre en grains, feuilles de laurier, origan et mélange d'herbes italiennes

 

1.         Eplucher les aubergines en laissant des rayures de peau. Les couper en rondelles fines. Les déposer dans une passoire arrosées de gros sel et les laisser dégorger huit heures au moins.

 2.         Dans une grande casserole, mettre deux portions d'eau et une portion de vinaigre. Cuire les aubergines au fur à mesure dans ce liquide jusqu'à ce qu'elles soient molles. Les déposer sur un linge jusqu'à refroidissement complet.

 3.         Dans un grand bocal, mettre une couche d'aubergines, une feuille de laurier, de l'ail coupé, l'origan, sel/poivre et les  épices italiennes.          Remplir ainsi de plusieurs couches serrées d'aubergines et épices jusqu'en haut du bocal.

 4.         Remplir ensuite d'huile d'olive en vérifiant que l'huile coule bien jusqu'au fond. Laisser reposer une semaine avant de goûter.

 

A déguster sur du pain en apéritif par exemple.

 

(mis en ligne à San Ignazio, Argentine)

 

Retrouvailles

Écrit par Zohra.

Nous arrivons à Madrid épuisés; à cause du décalage horaire, nous sommes réveillés depuis 23 heures.  Neri, notre grande-tante nous héberge pendant trois semaines. Pour le repas de minuit, elle nous a acheté du manchego, du lomo, du serano et du chorizo...  Malgré la fatigue, je suis heureuse de manger du fromage et de la charcuterie espagnole.

Le lendemain, Neri nous présente aux gens de son quartier. En attendant les visites prévues de Genève, nous jouons avec Ignaki et Laurea, des voisins de Neri.

Deux jours plus tard, nous partons chercher notre grand-mère maternelle à l'aéroport. Papa et Zachary doivent rester à la maison, car nous ne sommes plus en Asie et n'avons pas le droit d'être plus que cinq personnes dans la voiture. Quand mamy arrive, nous lui sautons dessus de joie. Je suis heureuse de voir quelqu'un d'autre que les parents! Elle m'a apporté une boîte de crayons Caran d'Ache car ils sont de très bonne qualité.  Nous lui offrons de la soie indienne et des épices asiatiques. Les jours suivants, je lui raconte plein de chose sur le voyage et elle me donne des nouvelles de notre quartier. Nous jouons à des jeux de société et sortons au parc ensemble.

Pour le week-end, ce sont France et Elise, mes cousines qui viennent nous voir. Avec elles, au lieu de visiter, nous allons dans un grand parc pique niquer, faire du vélo et nous amuser. Nous discutons aussi des heures de l'école. Je suis contente de parler en français de sujets de notre âge. Dommage que les jours passent vite car nous devons déjà leur dire au revoir.

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J'attends les prochaines rencontres patiemment: Cecilia ma marraine et Ana celle de Zachary les meilleurs amies de maman. J'ai de la chance, je suis privilégiée car j'ai le droit d'assister à un spectacle de flamenco avec elles et maman, mais en contre partie je dois visiter deux musées.  Je n'aime pas les musées, mais Ana et Cecilia sont très drôles et nous nous sommes pris plusieurs fou-rires!

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Un jour à midi, nous mangeons au restaurant avec un ami de papa, Pancho, en vacances en Espagne. Il est venu en train depuis une autre ville pour nous voir. Pendant que maman repart faire la fête avec ses amies, nous discutons avec Pancho jusque tard le soir. Maman dort à l'hôtel avec Ana et Cecilia. Le lendemain, nous pouvons donc faire la grasse matinée, car elle n'est pas là pour nous réveiller!!

Enfin, la dernière visite attendue: ma grand-mère paternelle et son mari. Je fais mes devoirs d'allemand avec Chely car elle était professeur d'allemand. Franchement, j'ai préféré ces jours d'école à ceux avec maman! Avec Lucien nous remplissons ensemble plusieurs grilles de Sudoku; nous les adorons tous les deux. Pendant leur séjour, nous allons trois fois de suite diner dans un buffet chinois, car nous sommes trop nombreux pour tous manger chez Neri. Dans ce restaurant on peut se servir autant de fois que l'on veut et surtout choisir ce que l'on préfère; les desserts aussi...

Chely et Lucien sont restés avec nous jusqu'à notre départ pour Buenos Aires.

 

Mais franchement j'ai surtout adoré pouvoir parler des heures sur skype avec ma meilleur amie de Genève, Chloé grâce à la bonne connexion de Neri.

Sur les terres des frères rouges (3)

Écrit par Droopy.

Droopy  et ses compagnons viennent d'échapper de justesse, pour la deuxième fois au dragon de la taïga. Par chance les esprits des monts Baïkals, étaient venus leurs porter secours, au dernier instant, alors que le monstre s'apprêtait à les dévorer. Ils avaient usé de leur magie ancestrale pour   élever la grande barrière invisible qui protège le lac Baïkal et ses montagnes environnantes, car personne ne peut pénétrer ses montagnes,sans leur consentement. Nos amis étaient donc les bienvenus et le dragon, lui, avait été rejeté en dehors du territoire sacré.

Nous étions au sommet de la montagne, le silence remplissait l'espace dans cette terre inhabitée. A côté de nous une  vielle ligne de chemin fer abandonnée, tentative manquée de conquête des lieux,

rouillait au soleil. Les poutrelles avaient presque toutes disparues, dégradées par les insectes et le rude hiver sibérien qui pénétrant le bois, année après année, le faisait éclater sous ses gels impitoyables.  Devant nous un vieux pont vermoulu, semblait patiemment attendre le même sort. En son centre, un gros trou béant nous offrait une vue inattendue sur la petite rivière qui s'écoulait en-dessous, indifférente à nos soucis de voyageurs.

A mes pneus, le gros, la babouine et l'ado s'affairaient pour changer la roue:

-        Huummpf....huuuummmpf, le gros resserrait les boulons.

-        Clé de 17, clé 13, rondelle, boulon, monte le cric. Lancait l'ado. A ses côtés, la babouine

s'éxécutait rapidement pour l'aider à fixer la roue crevée sous mon ventre.

-        Top chrono,  c'est terminé annonça le Gros.

-        23minutes et 15 secondes, nouveau record battu, s'exclama Bouboulineta toute fière voir son homme et ses rejetons accomplir l'exercice de si belle manière.

Restait le radiateur, qui gouttait impassible, comme si le temps n'avait pas d'emprise sur lui:

-        Plic...plic...plic... Une tâche sombre de dix centimètres de diamètre, imbibait le sable, juste au-dessous de la fuite.

-        Bah! On manque pas d'eau à bord. Répliqua le Gros qui sortit une bouteille et rempli le radiateur : « On va continuer comme ça! »

Maintenant, il s'agissait de passer le pont. Une inspection détaillée s'imposait, surtout  aux abords du trou. Celui-ci ne mesurait qu'un petit mètre de large, ce qui pour ma carrure héroïque, n'avait  rien d'impressionnant. Par contre, la sortie du pont était moins engageante. La terre s'était écoulée avec les pluies et les poutres portantes du pont exhibaient leurs coins posés à même le sol. On aurait dit que la sortie du pont nous souriait de tout son âge, comme une vieille personne qui n'ayant pas les moyens de s'offrir un dentier, révélait des gencives à moitié dégarnies et à moitié décharnées.

Mais un sourire restait un sourire, et cela ne se refusait pas, je m'avançai alors pour embrasser le pont, comme on embrasse une grande-tante prodigue en baisers baveux. Une seule idée en tête, accomplir son devoir et retrouver la liberté, loin de l'étouffante  proximité de cet être qui ne nous voulait certainement que du bien. Je m'engageai doucement et malgré quelques légers craquement, je senti le pont m'accueillir fermement. Puis en passant au-dessus du trou, l'air frais de la rivière vint me chatouiller le moteur, puis la transmission. Je frémis de plaisir et manquai tressaillir à cette caresse aussi imprévue que pernicieuse. Un petit coup d'accélérateur, et j'atteignis le bord. Puis touchant la rive opposée, je me cramponnai avidement et m'extirpai de ces bras vermoulus et langoureux.

C'est bon nous avions traversé, les battements de mon coeur, se joignaient en cadence aux larmes du radiateur... Poc, plic...poc,plic...poc,plic... Qui aurait pu croire qu'une vielle Mercedes-Benz de mon âge eut encore pu vivre tant d'émotions.

Nous reprîmes la route sur le large sommet de la montagne. Après quelques heures et quelques vérifications du radiateur,  nous abordions déjà la descente, quand soudain, au détour d'un virage

le grand lac s'étendit majestueusement devant nous. Presqu'au même moment la route réapparut et ce fut un plaisir de descendre les longs lacets qui menaient à Sévérobaikal, sans soubresaut et sans poussière.  A la sortie de la ville, nous attendait un jeune homme avec un grand sourire, les bras écartés pour nous accueillir. C'était le brave Kostik, il monta à bord et nous emmena jusqu'au petit village de Nizhneangarsk.

 

Kostik

 Situé à l'extrême nord du grand lac sacré, le village se composait, pour la majorité de maisons en bois. Depuis toujours le lac approvisionnait les hommes en poissons. Pour eux, il était une entité puissante et très ancienne pour laquelle le nom de « lac » était une appellation irrespectueuse qui ne convenait pas à cette étendue immense de presque 800km de long. Pour les locaux, il s'agissait d'une mer, riche en poissons et en faune, comme ces phoques d'eau douce qui peuplaient les quelques îles existantes.

 C'était d'ailleurs, une mer extrêmement dangereuse qui gelait l'hiver sur plus d'un mètre de profondeur et sur laquelle on pouvait circuler en voiture ou même y installer une voie ferrée. Bien sûr, à chaque printemps, elle emportait son lot de vies humaines qui trop imprudentes, avaient mal calculé le dégel. Le reste de l'année, les caprices des vents rendaient la navigation difficile et régulièrement des marins qui n'avaient pas su lire les changements du ciel, sombraient avec leurs bateaux dans les eaux froides et profondes.

 La légende veut que Rursof (cf. Episode 1) soit justement né dans ces îles froides et inhabitées. Personne ne se souvient de son enfance. Les mauvaises langues racontent que sa mère n'arrivant pas à combler son appétit gargantuesque, l'avait abandonné sur une des îles en pâture aux phoques pour s'en débarrasser. Toujours est-il que le jeune géant vouait à aux phoques du Baikal, un respect qu'il n'accordait que très rarement aux humains et personne ne s'aventurait à aborder ce sujet , ni même à faire la moindre allusion à sa naissance.

 Dans la région, il s'était imposé dès l'âge de quinze par sa force et son habileté à naviguer sur les eaux. Excellent nageur, on l'avait souvent vu  plonger nu, dans les eaux glacées, pour récupérer un de ses hommes passé par dessus bord. Une fois sorti de l'eau, sa peau prenait alors une teinte rouge vive et dégageait une chaleur ardente pendant plusieurs jours. Très tranquillement, il déshabillait le marin, le prenait contre lui et l'enveloppait dans les peaux d'ours qui lui tenaient de vêtement. Rapidement l'homme se réchauffait et reprenait vie. Une expérience marquante qui faisait de ces hommes, sauvés par Rursof, des êtres d'une confiance et d'une loyauté à toute épreuve et prêt à n'importe quoi pour le géant. Parmi les locaux on les appelait « les envoutés ».

 Rursof était donc rapidement devenu un chef indiscutable qui en quelques années seulement avait soumis tous les clans du Baikal sans distinction aucune. Il était redouté comme combattant en duel et encore  plus redoutable s'il était en équipe. Grâce à ses envoutés, il possédait une organisation sans faille qui faisait l'unanimité parmi tous ses hommes, au vu de toutes les victoire qu'ils emportaient les unes après les autres. Ainsi il avait quitté le Baikal pour soumettre tous les peuples de l'au-delà, comme on avait l'habitude de nommer les contrées barbares habitant l'autre versant des barrières montagneuses.

 Mais laissons là, Rursof et sa légende, qui pourraient faire certainement le sujet de plusieurs livres, pour revenir au village de pêcheurs, où nous venions de pénétrer avec notre nouvel ami. Après quelques discussions sur le meilleur endroit pour nous garer. Il fût décidé que je serais parqué au milieu du village à quelques rues de l'église. Nous nous installâmes dans une large cour entre deux grandes maisons en bois, dedeux étages et avec deux entrées chacunes. Au total une douzaine de  familles habitaient chaque immeuble.

 Kostik, nous avait averti de la rudesse et de la méfiance des habitants qui n'avaient guère l'habitude des étrangers. D'autant plus que nous ne parlions pas la langue de la région et qu'il était même difficilement imaginables, pour eux que des étrangers venus d'ailleurs parviennent  jusque dans cette contrée que seuls les natifs supportaient toute l'année.

 Ce soir-là, personne ne se présenta à nous, mais aux mouvements des voilages qui recouvraient les fenêtres, on se savait observés à chaque fenêtre...

(A suivre...)