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Derniers commentaires

  • Gravatar Le dessin mignon arrière de ma maison, Zelia! avec quelques traits et couleurs que vous avez laissé un souvenir chaleureux
  • Gravatar Chère petite Zélia, que cela doit être doux pour Droopy d'entendre ce cris de tendresse! Garde cette spontanéité à ton
  • Gravatar Danseuses dans un patio andalou ! Quelle grâce et quel rayonnement ! A vous la vie !
  • Gravatar ! Pero que listita es mi chica! Lo que habreis aprendido, sin duda, es que todas las acciónes tienen sus consecuencias ( bue
  • Gravatar Comme je comprends ta lettre Zélia! Droopy, c'était un membre de ta famille, celui qui vous a porté sur les routes du mond
  • Gravatar Mi skribas por deziri al Zelia felicxan naskigxdatrevenon!!! Cxion bonan, kara knabineto!!! Mi sauxdadas vin!!! Kisojn!!! Eid

BD de Route n° 1

Écrit par Zachary.

Etant amateur de bandes dessinée depuis longtemps, j'adore dessiner. Au Laos, nous avons eu l'occasion de rencontrer David Boller, et de suivre un atelier de BD avec lui. J'ai depuis fait plusieurs BD sur la route. Si les autres sont restées en version papier noir et blanc, voici enfin la première que j'ai faite spécialement pour notre site en profitant d'une anecdote de voyage dont j'avais fait des croquis. Le format de cette BD est conçu spécialement pour le voyage et pour être réalisée sur du papier A4. Les pages se lisent donc par paires comme un livre ouvert.

La réalisation du coloriage et des textes a été faite avec Gimp 2.8.2 et Inkscape 0.48.2.

Je remercie spécialement Elison, pour ses précieux conseils de dessinateur et d'illustrateur.

Histoire de poules

Écrit par Zohra.

Nous sommes toujours à Brasilia, cette fois chez un espérantiste, Josias qui nous accueille chez lui. Nous devons rester ici longtemps car nous ne pouvons plus bouger avec le camping-car. Près de sa maison, Josias a une cour avec cinq - six arbres et plusieurs poules. L'espérantiste est retraité et donne des cours d'espéranto à l'université; il le parle très bien. Trois jours avant notre arrivée, une poule a eu des poussins. Parmi eux, un a de la peine à suivre sa maman. En effet, vu que les poussins n'ont pas assez de force pour gratter le sol à la recherche de vers, la maman le fait à leur place. Mais s'ils ne peuvent pas la suivre, ils ne peuvent pas manger. Josias nous explique que petit poussin est malade. Il l'amène dans la maison, prend une ampoule, l'allume, pose le poussin dessous afin qu'il se réchauffe et prenne des forces pour survivre. Nous lui donnons de l'eau et le nourrissons avec des graines. Pendant que nous regardons le petit poussin jaune, Josias nous explique «  Vous savez que dans l'œuf le blanc est la poussin et le jaune les aliments. Quand les poussins sortent des œufs ils peuvent tenir trois jours sans manger car le jaune le leur permette . »

 Le lendemain, Josias nous prévient que le poussin va mourir. D'ailleurs cinq minutes après la poussin ne respire plus. Zachary le ramasse, l'emporte dans la cour et dit « quand un poussin est mort on dirait une peluche car l'âme qui animait son corps s'est envolée. » Je suis triste et je sens une boule au ventre. Nous creusons un trou profond dans la cour pour l'enterrer . Josias nous raconte que si le trou n'est pas assez profond et que les poules, en raclant le sol, découvre le poussin, elles le mangeront et apprendront à manger leurs petits. De même, Josias, nous explique que si un poussin saigne les poules ne le voient plus comme poussin mais comme protéine.

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(clic ici pour accéder à l'album)

Quelques jours plus tard, Josias remarque qu'un autre poussin est faible. Une des raison pour laquelle les poussins sont malades c'est que leur anus est bloqué de caca séché qui s'entasse et qui les empêchent de déféquer, donc il n'ont plus faim. Dans la cour de Josias, la maman poule est plutôt inattentive, la seule chose qu'elle doit faire avec ses poussins est de les nourrir et de les protéger. Mais quand nous la regardons gratter le sol, nous nous prenons des fous - rires car à chaque fois qu'un poussin s'approche trop près d'elle, elle le shoote sans s'en rendre compte. Il arrive aussi qu'elle leur marche dessus en leur écrasant la tête ou d'autres parties du corps. Pourtant les poules ont des bons yeux!!!! Elles entendent aussi très bien mais elles n'ont presque pas d'odorat ni de goût.

Le deuxième petit poussin qui était malade est maintenant lui aussi enterré. Josias nous enseigne que la poule qui avait sept poussins dont il ne reste que cinq, ne le remarque pas car il manque trop peu.

Une semaine plus tard, deux autres poules qui ont couvé pendant vingt et jours ont maintenant aussi des poussins. Un des petits n'arrive pas à suivre. Nous le prenons, le réchauffons avec la lampe et l'appelons « Piou Piou ». Comme cela fait un jour qu'il est sorti de l'œuf, il ne s'est pas encore habitué à sa mère. Zachary, Zélia et moi nous occupons tellement de Piou Piou , qu'il finit par nous suivre partout. Si nous allons trop vite, il nous appelle!!!!!!! Josias dit: « Vu que le poussin va survivre, essayons de le remettre avec la poule, car il vous confond avec sa mère. » Dehors, le petit commence à suivre sa maman, mais en entendant nos voix, il se précipite vers nous. Josias décide alors : « Le petit poussin ne sait plus où aller. Continuez de jouer avec lui dedans et cette nuit je le mettrai sous sa maman. Comme il a besoin de chaleur, il restera près d'elle, mais demain ne vous approchez pas de lui. » Nous construisons une maison en carton pour notre petit pensionnaire. Piou Piou apprend vite que pour rentrer, il faut passer par une porte. Dans la maison, nous mettons un « Pet Shop » (petite figurine en plastique dont la tête bouge). Le poussin picore les pieds de la figurine, ce qui lui fait bouger la tête et croire au poussin que le jouet est vivante. Le « Pet Shop » sert de punching-ball au poussin!! Le lendemain, je suis soulagée car Piou Piou ne s'occupe plus de nous!

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Le lundi soir, Josias est parti donner son cours d'espéranto. Il fait nuit et une grosse pluie s'abat sur la cour. La poule Blinda dort juste sous la gouttière et l'eau lui tombe dessus en torrent. Vu qu'elle est aveugle, Blinda ne peut s'échapper de cette mare d'eau. Josias a oublié de la mettre en lieu sûr avant de partir. Le lendemain, nous découvrons notre poule préférée, morte noyée. Mais je suis sûre que dans une autre vie, Blinda aura des yeux impeccables!

 

                     (mis en ligne à Sao Sebastiao, Brésil)

 

Les martiens

Écrit par Zélia.

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(clic ici pour accéder à l'album photo)

Nous sommes sur mars. Les maisons sont très rigolotes. Mars n'est pas rouge comme tout monde l'imagine, mais elle est comme la terre. Moi je ne l'imaginais pas comme tout le monde, je l'imaginais verte.

Nous avons rencontré des martiens, deux martiens mariés et leur fille Alanis. Joyce, Gabriel et leur bébé Noan, Lucia, Amaro je les trouve très gentils et on s'amuse avec Alanis et Noan. Nous regardons des films chez Joyce et Gabriel. La maman d'Alanis nous fait à manger.

Il y a une bibliothèque. Nous regardons les images car c'est écrit en martien. Il y a un trampoline, nous jouons à colin-maillard sur le trampoline.

 

Zélia

                                           (mis en ligne à Sao Sebastiao, Brésil)


Sur les terres des frères rouges (6)

Écrit par Droopy.

Après un retour difficile sur les pistes de la Taïga, Droopy et ses compagnons arrivent à Jigalova.Le pauvre Droopy est bien mal en point, mais heureux de trouver un garage pour faire panser ses blessures. Si les stations services sont, pour les véhicules, des restaurants de première nécessité, les garages sont alors des centres de santé aussi indispensables que salvateurs pour ces montures épiques qui parcourent le monde comme le vieux Droopy. Quelques fois le matériel et les instruments sont très sommaires, comme ses hôpitaux de brousse que l'on rencontre dans les régions éloignées de l'Afrique. Toujours est-il que les quelques docteurs, infirmiers ou bons frères que l'on y trouve sont entièrement voués à la cause de leurs patients.


 C'est ainsi qu'en arrivant au coucher de soleil, nos amis découvrirent la jeune équipe de gais mécanos de Jigalova, qui au-delà de faire tourner leur petite affaire grâce au « shinomontage » démontait des épaves et récupérait toute pièce qui pouvait encore servir. Il s'agissait de trois jeunes hommes d'à peine 30 ans qui étaient prêts à relever n'importe quel défi. De toute manière, à Jigalova la concurrence était inexistante et il fallait bien faire avec les moyens du bord.

 Après, un coup d'œil rapide à la blessure de Droopy, Alexander trouva dans son stock une vieille lame de ressort de minibus qui, après quelques modifications, ferait certainement l'affaire. Entretemps, la nuit était tombée et la petite famille cuisinait quelques pâtes bien méritées. La journée de demain s'annonçait de dur labeur pour certains et de patience obligée pour d'autres.

 Dès le matin, quelques voitures patientaient devant les portes, la plupart venaient y réparer les pneus, avant de s'élancer sur la fameuse piste meurtrière, et tenter la traversée de la taïga en une journée. D'autres y étaient là pour quelques soudures, afin de consolider les pièces usées qui seraient soumises à rude épreuve.

 Alexander et le Gros attaquèrent le travail à 8h30. Il fallait sortir l'ensemble de la suspension afin de pouvoir remplacer la lame cassée. Nicolaï était grand et sec. Muni d'un bandeau dans les cheveux, et fagoté dans ses habits de travail, son allure se situait à mi-chemin entre le pirate et le gitan. Il aimait la musique rock et la petite fumée. D'un naturel bavard, il s'efforçait de faire apprendre au Gros, les noms des outils qu'ils utilisaient ainsi que les nombres, dans sa propre langue afin de pouvoir s'entraider correctement.

Peu à peu, à force de travailler ensemble et d'unir leurs efforts tout en échangeant quelques noms de groupe musicaux, les deux hommes se liaient d'amitié. Malgré quelques heures de résistance, il finirent par sortir la suspension ce qui leur valut valu un cri de joie à tous les deux. Nicolaï satisfait envoya un de ses amis chercher des bières et commença à se rouler un joint alléchant comme premier salaire de ce début journée de travail. Le Gros, refusa l'alcool ce qui surprit évidemment son compagnon, mais pour ne pas offenser plus son collègue de travail et ne pas casser l'amitié déjà engagée, accepta une taffe la douce marijeanne. Nikolaï voulut encore insister, mais le Gros, lui fit comprendre qu'il y avait encore du « robota » qui les attendait et qu'il valait mieux garder toutes leurs capacités.

 SRFR6Il s'attaquèrent alors à modifier les pièces. Alexander mettait du cœur à l'ouvrage et ses grimaces témoignaient de sa ferme volonté de vaincre le métal récalcitrant. D'ailleurs, il n'hésita pas une seconde à sortir toute la panoplie guerrière qu'il avait à disposition : perceuse, meuleuse, arc électrique et chalumeau. Au bout de deux heures, les transformations étaient faites. Il fallait maintenant remettre la suspension en place. Les deux hommes se remirent sous le camion et la danse des outils, menée au rythme des coups marteaux dura jusqu'à la tombée de la nuit.

 Le travail était fini, il était donc à nouveau l'heure de festoyer, le Gros fut invité à l'étage où l'on sortit les bières, on mit la musique à fond et l'on discuta le tarif de la journée de travail. Le local ne tarda pas à être enfumé d'essences paradisiaques tandis que Jim Morrison continuait à s'égosiller en chantant « Baby light my fire ». Le marché conclu, Nikolaï divisa le butin en quatre, une part pour chacun des travailleurs et la quatrième pour la caisse commune.

 Le lendemain, nous reprîmes la route en direction d'Irkutsk. Le Gros semblait nostalgique et serait bien rester quelques jours avec les joyeux lurons de Jigalova. Mais, le pays de Rursof était immense et ses lois inviolables, or notre communauté n'avait le droit de la traverser que pendant un mois, et déjà trois semaines s'étaient écoulées, depuis que nous avions pénétré ses terres interdites.

 Heureusement, il n' y avait plus d'obstacles majeurs jusqu'à la frontière, désormais la route serait bonne, il nous fallait encore réparer le pare-brise et faire le plein de gaz et de provisions avant de rejoindre les terres de l'autre géant rouge, Bataar qui nous attendait plus au sud. Irkutsk, notre prochaine destination, était certainement la ville la plus indiquée pour résoudre ses derniers préparatifs.

 Pour moi, les humaiens restaient souvent des êtres surprenants, car bien qu'ils se donnaient toujours de la consistance lorsqu'il chevauchaient des montures, il était évident, pour nous qui les supportons, que souvent ils ne savaient pas, où il allaient. Tantôt, il se décidaient pour un chemin, puis subitement ils nous arrêtaient et fesaient demi-tour pour revenir sur leurs pas. Tantôt ils fesaient des kilomètres en empruntant des chemins de traverses comme s'il s'agissait de raccourcis connus depuis leur plus tendre enfance et finalement après quelques heures, il se retrouvaient au même croisement, hésitants et dans le doute, presque incapables de se décider. La vie des hommes semblait être un calvaire d'incertitudes et de dilemmes, une quête sans fin de chimères insensées. Pour nous, les montures, les choses ont tojours été bien plus simples, il suffisaitt d'aller droit devant, de s'efforcer et de se laisser guider.

 En ce sens, le Gros semblait quelquefois avoir des instants de lucidité, comme ses patients souffrant d'Alzeimer qui reprennent tout-à-coup conscience de la réalité avant de repartir dans leur enfer illusoire. C'est certainement ce qui lui arriva à Irkutsk. Ayant à peine pénétré dans la ville, il tourna subitement le volant m'obligeant ainsi à braquer violemment sur la droite pour m'engager dans une banlieue de la ville. Évidemment, je pensais qu'on était à nouveau partis pour nous perdre et nous amuser à découvrir quelques chemins inutiles, mais ce ne fut pas le cas.

 Moins d'un kilomètre plus loin, il s'arrêta à un « shinomantage » répara un pneu crevé de la veille, puis repris la route pour se diriger dans une petite rue. À nouveau il s'arrêta, descendit et se mit à gesticuler avec quelques locaux en montrant mon pare-brise. Un des hommes lui fit signe de le suivre et nous entrâmes dans le garage d'un vitrier. Un jeune homme aux yeux clairs m'opéra le pare-brise avec soin. Muni d'une seringue, il injecta dans la fente de la vitre un précieux médicament. Pendant un court instant, je sentis comme une brûlure. Ma vue se voila, je laissai couler quelques larmes puis après quelques minutes, je recouvrai complètement ma vision. Le jeune homme demanda un souvenir en guise de payement. La babouine et le tic s'empressèrent alors de faire deux dessins. De son côté, le Gros lui remit une petite tapisserie jordanienne qui nous servait de décoration. Un échange qui ne fit que des heureux.

 Cet instant de lucidité se poursuivit toute la journée, car à peine sorti de la clinique ophtalmologique, le Gros reprit les rennes pour me conduire, en moins de dix minutes, chez un vendeur de gaz qui remplit aussitôt notre bouteille de réserve. Trois heures plus tard, nous avions résolu nos principaux soucis de voyageurs. L'après-midi se poursuivit de la même manière, nous gagnâmes le centre-ville en un clin d'oeil et nous nous installâmes aux abords de la place Kirova pour bivouaquer. La soirée fut ensuite animée par une scène rock, à laquelle nous pûmes participer aux premières loges depuis le parking.

 Cette nuit là, j'endormis en pensant à cette journées bénie qui avait accompagné mon maître, l'inondant de lumière dans sa dure croisade. Pour une fois, il n'avait pas erré dans ses quêtes obscures et désespérées à la recherche de faux Graals de contrefaçon, illusions perfides que la matière s'appliquait à lui procurer. Quel bonheur de le voir jouir du paradis terrestre, comme une noble monture, guidé par l'insouciance et récompensé dans l'effort.

 

(à suivre...)

Espoir

Écrit par Florence.

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(clic sur la photo pour accéder à l'album)

Après deux années de voyage, nos économies ont déjà passablement fondues. Arrivés en Amérique latine, nous pensons sérieusement travailler afin de renflouer notre compte en banque. Mais comment faire pour trouver un emploi avec nos trois enfants que nous devons instruire et notre mode de vie nomade? La solution viendra à nous sur un plateau grâce à Ruben, un espérantiste argentin qui nous parlera de  Bona Espero .

Bona Espero est une « ferme-école » pour enfants fondée en 1957 par six espérantistes brésiliens qui achetèrent des centaines d'hectares de terrain dans la campagne proche d'Alto Paraiso, au centre du pays. A cette époque, Bona Espero accueillait et instruisait une vingtaine d'enfants du voisinage trop pauvres et trop isolés pour avoir accès à l'école.

Depuis juillet 1974, l'institution est gérée par un couple espérantiste germano-italien: Ursula et Giuseppe qui vivent dans la communauté et partagent la fonction de directeurs avec d'autres membres de la fondation. Ils s'attelèrent à la tâche gigantesque de rénover et agrandir les lieux avec peu de moyens financiers. Au fil des ans, l'objectif de Bona Espero s'est élargi. L'institution accueille aujourd'hui principalement des enfants placés par le juge des mineurs pour les soustraire à des sévices corporels ou sexuels perpétués par leurs proches. Les jeunes suivent bien sûr le cursus scolaire brésilien, mais il apprennent aussi, avec Ursula et Giuseppe, l'espéranto.

Bona Espero est financé par des associations espérantistes diverses, le Rotary Club dont sont membres Ursula et Giuseppe ainsi que par l'ONG brésilienne Uniao Planetario. L'institution s'auto-gère écologiquement, entre autres par la consommation de fruits et légumes cultivés sur place. A Bona Espero, on mange en effet végétarien. Enfin, les dépenses sont limitées car, mis à part quelques postes fixes salariés, des volontaires du monde entier; notamment grâce au réseau espérantiste, peuvent venir travailler sur les lieux en échange du gîte et du couvert.

Voilà qui nous semble parfait! En proposant nos services à Bona Espero, nous ne gagnerons pas d'argent, mais nous éviterons d'en dépenser, ce qui est tout aussi bien. Mais surtout, je me réjouis de renouer, même pour un temps limité, avec mon travail d'éducatrice spécialisée. Et Zachary, Zohra et Zélia pourront à nouveau être en contact avec des enfants de leur âge, but principal de la deuxième partie du voyage.

 

Notre premier séjour sera bref; il nous permettra de prendre connaissance des lieux et des habitants. Très vite, nous sommes heureusement surpris de constater que, même si les enfants ne parlent pas beaucoup espéranto, ils le comprennent bien. Ainsi, entre la langue internationale, l'espagnol et les mots de portugais que nous connaissons, nous arrivons à communiquer. Ces jeunes ne sont d'ailleurs pas farouches et viennent spontanément à notre rencontre; ils sont particulièrement heureux de trouver des copains de leur âge, différents. Il est plutôt rare en effet, que des bénévoles arrivent à Bona Espero en famille.

Mais en tant que professionnelle, je sens très vite que nous arrivons en pleine crise. Comment se fait-il que si peu d'adultes s'occupent d'autant d'enfants ayant de surcroit vécu des traumatismes. Ce n'est pas normal. Nous apprenons que la cuisinière et l'institutrice sont parties soudainement, mais où se trouvent les travailleurs sociaux ? Ursula et Giuseppe restent la référence principale, mais à 80 ans, ils ne peuvent plus avoir le même entrain. Une jeune brésilienne de 20 ans vient faire réviser les leçons aux enfants, puisqu'au Brésil les écoliers vont à l'école, soit le matin, soit l'après-midi. Malheureusement, elle quitte son poste dans un mois pour partir voyager. Sa maman, ancienne résidente de Bona Espero vient également en fin de semaine s'occuper des jeunes, mais de façon irrégulière. Enfin, un couple habite les lieux, faisant office de « gardiens », mais ils ne sont ni travailleurs sociaux, ni psychologues et passent plus de temps à la cuisine et à la maintenance des lieux qu'avec les enfants..

Je me rassure pourtant en pensant que ces jeunes sont de toute façon déjà bien mieux à Bona Espero que dans leurs familles. Ils mangent quatre fois par jour des repas équilibrés et diversifiés, sont scolarisés et se sentent enfin en sécurité. D'autre part, je me rends bien compte que mes exigences sont calquées sur des normes européennes et qu'ici, la réalité est sûrement bien différente... Nous repartons la tête pleine de questions, mais avec l'assurance de revenir plus longtemps travailler dans la communauté.

 

Lors de notre deuxième séjour, quelques semaines plus tard, nous constatons avec plaisir que le lundi matin arrive toute une troupe de travailleurs. Malheureusement, ce ne sera pas pour les enfants, mais pour réorganiser le fonctionnement des lieux et restaurer ce qui en a besoin. Quelle déception! Certes, il faut réparer et repeindre, mais je continue de penser que les enfants doivent être la priorité. S'occuper sommairement d'enfants vivant en internat pour avoir accès à la scolarité car ils résident trop loin de l'école est possible. Mais ce n'est plus le cas avec des enfants ayant vécu des traumatismes. La plupart des jeunes présents sont souriants et plein de vie, mais je saisis aussi au vol des regards durs et méfiants, voire des comportements bizarres d'un ou deux enfants carrément perturbées psychologiquement. Il est bien connu, qu'en ne se préoccupant pas assez ou pas à temps de leurs blessures psychiques, les violences vécues risquent fort de se répéter soit contre eux-mêmes, soit contre autrui, maintenant ou plus tard...

Nous ne saurons finalement jamais la raison de ce manque de personnel et espérons que la situation se régularisera au plus vite. Par contre, cette expérience m'a beaucoup fait réfléchir sur les financement publics et privés dans le social. En discutant avec plusieurs brésiliens, j'ai compris que les services publics du pays, s'ils sont existants restent insuffisants. Les internats brésiliens pour enfants n'offrent apparemment pas le même cadre de vie extérieur « idyllique » de Bona Espero. D'un autre côté, Bona Espero ne recevant pas de financements publics, doit se débrouiller pour trouver des fonds privés; affaire peu facile, mais qui leur laisse néanmoins la possibilité d'organiser le fonctionnement de l'institution comme bon leur semble. Et cela peut être la porte ouverte aux dérives... J'étais surprise par exemple de constater que comme la plupart des directeurs sont végétariens, tout le monde doit l'être à Bona Espero... Or beaucoup des enfants m'ont avoué adorer la viande!! Ce fait n'est pas grave en soit, mais démontre que celui qui finance peut choisir de décider pour tout le monde selon ses idéologies et croyances qui doivent être adoptées... J'ai réalisé alors, l'importance de maintenir de bons services étatiques chez nous en Suisse... En développant un système public fonctionnel, les institutions doivent certes, se soumettre à un contrôle extérieur de l'Etat, mais celui-ci peut par contre faire office de régulateur de quelconque déviation. De plus, elles reçoivent en contre partie l'assurance d'un financement minimum régulier et d'un personnel formé. Ce qui manque à Bona Espero, en tout cas actuellement; ce sont justement des professionnels restant suffisamment longtemps sur place pour que les enfants puissent leur faire confiance et extérioriser leurs blessures. Bien-sûr, les responsables de la communauté font ce qu'ils peuvent avec les moyens du bord et dans ce sens je reconnais qu'ils font des miracles depuis des années... Les améliorations sociales dans le pays dépendent comme partout des politiques et cela, c'est une autre histoire...

 

Mon intuition ne m'avait pas trompé. Nous apprenons très vite lors de ce deuxième séjour, que des violences particulières se sont perpétuées la nuit entre les enfants. De plus, une autre scène vécue confirme également la nécessité d'une aide plus ciblée pour ces jeunes enfants... Les exigences européennes d'encadrement ne sont donc pas exagérées et sont le fruit de plusieurs années de réflexions et expériences.

Alors que je me trouvais seule dans le réfectoire en fin de journée, j'entends tout à coup des pleurs profonds mais discrets dans la salle de classe adjointe. Je me lève et vois Jean, 9 ans, en larmes, complètement paniqué tentant sans succès de reposer sur le mur une petite étagère à moitié cassée. Je m'approche pour l'aider, émue et déconcertée par son immense désarroi. J'observe les morceaux de bois qu'il tente de reposer sur les clous du mur et ne comprends pas pourquoi cela ne tient pas. Il doit manquer des clous... Enfin, je constate que dans sa panique à réparer au plus vite les dégâts, Jean tient l'étagère à l'envers. Je prends les morceaux de ses mains pour les rassembler. Jean comprend alors que je vais l'aider et se calme. Il reprend même assez vite ses esprits et me trouve un objet suffisamment lourd pour faire office de marteau. L'étagère est vite reclouée et remise en place. Jean me remercie et s'éloigne visiblement rassuré et soulagé. Moi, je prends encore un peu de temps pour digérer ces quelques minutes poignantes. Qu'a donc vécu cet enfant dans sa courte vie pour avoir eu une telle frayeur d'avoir cassé une étagère déjà vétuste ? Mon imagination galope à vive allure...

Mais je réfléchis aussi que cette scène aurait pu être l'occasion pour un professionnel de lui parler, de le rassurer sur sa sécurité dans ce lieu ou même éventuellement l'occasion de l'aider à raconter son vécu traumatique. Impossible malheureusement pour moi de le faire. Tout d'abord je ne le connais pas assez et lui non plus. Ensuite je ne parle pas le portugais, langue dans laquelle il peut s'exprimer au mieux. Une occasion ratée, mais j'aurais pu en tout cas contribuer à faire baisser ponctuellement son angoisse...

(mis en ligne à Sao Sebastiao, Brésil)


Le Bonheur de l'Education

Écrit par Jacques.

Si le voyage fait souvent rêver nos interlocuteurs et réveille leur imagination et leurs désirs de découverte de notre planète, une des préoccupations principales reste la scolarité des enfants. « Comment faites-vous avec l'école ? » est certainement la question à laquelle nous répondons le plus souvent.

RSZ_270_BE1Sans vouloir, ni parodier, ni faire un grand traité, comme Rousseau dans « L'Emile ». J'aimerais, ici, partager cet aspect essentiel de notre voyage, car déjà lors de notre préparation, il s'est présenté comme un des moteurs de notre projet. En premier lieu, il faut séparer les deux aspects principaux de l'enseignement que sont l'instruction et l'éducation, et qui souvent sont confondues lors des discussions habituelles.

Celui qui semble inquiéter la plus grande partie des gens à trait à la scolarité et par conséquent à l'instruction de nos enfants. Pourtant, la plus intéressante et certainement la plus importante reste l'éducation qui n'est que rarement le sujet de grands questionnements.

La scolarité est une difficulté importante qui se doit d'être résolue avec succès pour qu'un voyage de longue durée offre aux enfants la possibilité de réintégrer le système scolaire, lors de leur retour. Mais cette difficulté est sujette à un cadre et à un programme défini par le DIP (Département de l'Instruction Publique) à Genève. ( A noter qu'en Suisse, il ne s'agit pas d'Éducation Nationale).

Il s'agit donc d'instruire nos enfants dans les matières requises en s'accordant aux objectifs. Bien que nous ne soyons pas des enseignants, et que par conséquent nous n'ayons pas les connaissance des méthodes et des techniques pédagogiques, il est vrai également que nous avons été élèves nous-mêmes et que par conséquent nous avons également acquis un savoir-faire que nous pouvons transmettre.

Hormis quelques rappels ou rafraîchissement nécessaires pour certaines notions oubliées ou novatrices, les champs enseignés nous sont donc connus. La difficulté principale est donc avant tout une question de rigueur et de discipline qu'il faut conserver sur l'ensemble du voyage.

Dans notre cas cette rigueur et cette discipline est matinale et dure environ trois heures et ce, sept jours sur sept. Les jours de congés et les vacances ne sont pas établis, car les imprévus et les activités extra-scolaires occupent d'elles-même une place importante. Le soir les enfants s'attèlent encore à la rédaction de leur carnet de bord pendant 15 à 30 minutes. Le deuxième volet de l'instruction qui regarde principalement les parents est de garder une bonne communication avec le système scolaire et ses enseignants pour faire face aux questions potentielles et pour s'accorder pour le passage des examens. Zachary passe ses examens par internet , Zohra et Zélia passent des examens en blanc qui nous permettent de les situer.

Voilà, en gros l'organisation mise en place pour résoudre la question de l'instruction qui se voit renforcée par l'avantage d'avoir deux professeurs pour trois élèves et par conséquent un suivi personnalisé. Nous ajouterons que les temps de lecture ne sont pas comptés dans l'horaire du matin.

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L'instruction, correspond donc en premier à l'apprentissage d'un savoir-faire indispensable pour se mouvoir en société et pouvoir se déterminer également fonctionnellement dans celle-ci. Ce savoir-faire est enseigné jusqu'à la fin de l'école obligatoire dans le cadre d'un tronc commun qui permet à chacun enfant d'établir une connaissance basique dans toutes les matières nécessaires à un développement social homogène. Par la suite, chacun commencera à déterminer selon ses aptitudes et ses intérêts un nouveau champ d'apprentissage dans la poursuite de son instruction.

Passons maintenant à l'éducation, qui lors d'un voyage comme le nôtre, peut s'offrir la part du lion et venir en sus compléter l'instruction par une approche de terrain. En effet, le voyage offre un terrain inestimable, en temps et en diversité, pour développer un rapport au savoir vaste et profond qui soit dit en passant incombe principalement aux parents et qui s'il peut être complété et renforcé par l'école n'est pas de son ressort principal. Ce dernier étant, comme dit plus haut l'instruction.

 Le rapport au savoir est mon avis la source principale d'une bonne éducation et se compose d'un trousseau de clés principales qui se combinant les une aux autres favorisent l'ouverture d'une éducation riche et variée. Nous avons déjà vu la première de ces clés, en abordant l'instruction, qui qui s'appelle le savoir-faire. Cependant l'école pourvoit à un type de connaissances spécifiques qui devront de toute manière être complétées parallèlement par un savoir-faire d'une part plus précis pour correspondre à emploi et également plus large pour donner à chacun enfant une polyvalence suffisante pour s'offrir un réel choix de possibilités d'emplois. Cette acquisition se fait le plus souvent de manière pratique, en dehors de l'école lors d'activités ou tout simplement à la maison dans la vie quotidienne.

Mais auparavant, il nous semble primordial de prêter attention à l'enfant en lui-même. C'est ici que le savoir-être est la deuxième clé qui permet à chaque enfant de se déterminer et de se comprendre en tant qu'individu. Il répond à des besoins philosophiques de première importance par lesquels les parents, comme éducateurs, amènent l'enfant à se connaître, à connaître ses qualités, ses défauts et à découvrir les intérêts, les plaisirs et les difficultés que la vie lui offre. Il s'agit de la partie la plus personnelle de l'éducation étant donnée que chaque enfant est différent par son caractère et ses aptitudes naturelles. Ainsi, on l'encourage à développer sa personnalité naturelle en premier lieu et à s'efforcer à vaincre ses difficultés. Stimulé dans ses aptitudes, il obtiendra rapidement des compétences qui augmenteront sa confiance et accompagné dans ses difficultés, il apprendra ainsi à faire face plutôt qu'à éviter des situations qui lui posent problème. RSZ_270_BE2

Le savoir-être englobe également l'utilisation des sens et des perceptions, la connaissance et l'apprentissage des émotions et la maîtrise du langage pour exprimer ses besoins et sa réalité. Pendre conscience de l'importance et de la maîtrise de ces aspects sont essentiels pour le développement des enfants. Cet apprentissage se prolonge tout au long de la vie, mais doit être commencé dès le plus jeune âge. Le développement du savoir-être demande donc du temps, des situations et des occasions. Si la vie sédentaire permet également d'y pourvoir, le voyage offre l'avantage d'être constamment avec ses enfants et augmente le nombre d'occasions d'y prêter attention. Bien sûr la qualité dépendra non seulement de chaque enfant, mais surtout de la qualité de l'attention que les parents-éducateurs y porteront.

Le savoir-vivre est la troisième clé du trousseau. Il faut comprendre celui-ci non pas comme un ensemble de règles à suivre ou à respecter, mais plus encore, comme l'art de comprendre le présent et l'instant que l'on vit. En voyageant, on se rend vite compte que les règles de savoir-vivre sont tout-à-fait différentes d'une culture à une autre, d'une classe sociale à une autre, d'un groupe de gens à un autre. Le savoir-vivre est avant tout un acte de présence consciente où l'on se situe dans son environnement. Ce dernier est constitué, non seulement par le lieu dans lequel nous nous trouvons, mais également par les personnes, les êtres vivants et les objets qui nous entourent. Cette prise de conscience de notre environnement est essentielle pour agir et communiquer en adéquation avec notre environnement. La barrière des langues et des cultures, nous oblige dans le voyage à observer et à aller à l'essentiel. Sans une bonne compréhension du savoir-être, notre savoir-vivre aura plus de peine à se développer, nos actions et nos intéractions seront d'autant plus imprécises.

Si l'on considère souvent le savoir-vivre comme un atout social, il va bien au-delà de la société des hommes. Nos interactions avec la nature en font également partie et son enseignement majeur peut être transposé dans la société humaine. A titre d'exemple, lorsque l'on interagit avec un animal, il est nécessaire de comprendre et de sentir dans quelle disposition il se trouve, quel est son territoire et aussi ses habitudes. L'homme bien qu'il se prétende supérieur, n'en est pas moins extrêmement sensible à ces paramètres et sa réaction sera toute différente, si l'on en tient compte ou non. Dans notre propre société, on se permet énormément de raccourcis, car l'on connaît l'ensemble des règles. Mais en voyageant, il faut apprendre à bien analyser et détailler certaines étapes qui sont indispensables à une bonne communication. Comme observer notre interlocuteur, le regarder dans les yeux, se présenter sommairement en souriant et enfin seulement exprimer son besoin ou sa question. Prendre un temps que souvent dans une vie accélérée, nous omettons et qui nous porte bien plus de préjudices que l'on ne pourrait penser. De la même façon, il faut apprendre à savoir quand on gêne ou quand notre interlocuteur est indisponible. Souvent l'attitude est plus précise que la langue. Par exemple en Asie du Sud-Est. « Don't have » signifie: je ne sais pas ou encore je ne veux ou je ne peux pas.

Enfin le rapport au savoir en général est la clé passe-partout qui complète le trousseau de de l'éducation. Il est certainement le plus passionnant et le plus délicieux des aspect de cette dernière. Bien entendu la vision des parents-éducateurs sera prépondérante dans l'influence de cet aspect. Des parents musiciens feront découvrir aisément la musique à leurs enfants, comme des parents sportifs initieront leurs enfants aux attraits du sport. C'est là que se réalisent souvent les meilleurs moments d'une vie de famille. Partager et découvrir ensemble les mêmes connaissances sont une garantie pour développer un lien fort entre les parents et leurs enfants. Il faut néanmoins d'abord respecter les différences. C'est sur ce point que le savoir-faire, le savoir-être et le savoir-vivre sont des étapes importantes dans l'établissement des relations familiales non seulement entre parents et enfants, mais pour chacune des personnes. Si ces aspects sont déterminés de manière consciente, cela évitera un grand nombre de conflits, de réactions incomprises, d'espérances meurtries où d'illusions impossible.

Ainsi, si chacun développe consciemment son savoir-faire, son savoir-être et son savoir-vivre, il aura alors énormément de joie à partager les activités qui lui correspondent ou à résoudre les difficultés qu'il rencontre avec la personne adéquate. D'abord en famille, mais ce travail sera d'autant plus avancé pour interagir avec de nouvelles personnes ou de nouveaux amis et en récolter les fruits..

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Le voyage est dès lors un terrain idéal d'exploration dans lequel parents et enfants auront l'occasion d'apprendre ensemble, ou quelque fois séparément, en fonction des occasions, une multitude de connaissances. L'apprentissage devient alors plus qu'une école de vie, un jeu et un plaisir d'expérimenter avec et à travers l'autre.

Voici une petite liste, pour donner un aperçu qui ne sera jamais suffisamment exhaustifs des domaines expérimentés lors de ce voyage.

a) Géographie et Histoire de l'Asie de l'Amérique du Sud

b) Langues : Français , Espéranto, Espagnol, Allemand, Anglais,

c) Culture : Différences entre les pays et les peuples.RSZ_270_BE5

d) Politique : Diversités des régimes et leur impact dans la vie sociale

e) Religions: Diversités des religions et leur impact direct dans la vie sociale.

f) Communication : La rencontre avec l'autre, la communication non verbale, les mots essentiels

g) Sports et jeux : L'interaction à travers les sports et les jeux

h) Professions : Découvertes innombrables de métiers et de professionnels différents

i) Education: Découverte des systèmes scolaires différents et de la réalité des enfants qui n'y ont pas forcément accès

j) Apprentissages: Informatique, cuisine, photographie, filmographie, mécanique, tâches quotidiennes...

k)...

La liste pourrait se prolonger, mais tel n'est pas l'objectif, l'idée principale avant tout est que l'éducation peut se révéler un vrai bonheur lors d'un contexte comme le voyage qui augmente les occasions de découvertes et d'apprentissages de chacun des membres de la famille. Cette stimulation constante pousse les enfants à s'interroger dans tous les domaines et la disponibilité des parents permet d'y répondre, d'approfondir ou encore de démontrer, ses limites et sa propre ignorance.

Mais le voyage n'est pas une nécessité pour mettre en application ce trousseau de clés éducatif, bien au contraire c'est le développement de ce dernier qui facilite le voyage que ce soit dans la vie ou travers le monde.

 

Braziu foot

Écrit par Zohra.

Nous voilà au Brésil où nous préférons rendre visite à des amis à la capitale, au lieu de nous bronzer sur les plages de sable fin.

A Brasilia nous sommes accueillis par Vesso, un bon ami de papa et sa femme Keyla. Malheureusement, Droopy tombe de nouveau malade et nous devons rester plus longtemps que prévu pour le réparer. Pas de chance pour Droopy, mais moi je suis contente de rester chez eux, car il y a un hamac et internet.

 Le lundi suivant, pendant le repas du soir, Keyla me propose de venir avec elle à son entraînement de foot. Brasilia est tellement grande que pour nous rendre au stade, à treize kilomètres de la maison, nous devons aller en voiture. Pendant le trajet j'exerce mon espagnol et améliore ma compréhension  du portugais. Quelle dommage, Le cours est annulé et moi qui voulais bien apprendre à faire du foot.

 Quatre jours plus tard, cette fois ci l'entraînement à a lieu dans la propriété d'une église. Je suis surprise de voir le terrain de foot derrière ''la maison de Dieu''.  Avant de commencer à jouer, nous nous mettons toutes en cercle,en tenant chacune la main de notre voisine pendant que l'entraîneur récite une prière. Au milieu de toute ces filles, je suis la plus jeune et la moins expérimentée. Alors je préfère la position de défense car je n'ai pas besoin de me mêler  aux autres joueuses et je peux mieux les observer. Le cours se finit à nouveau par une prière.

 Pour le prochain entraînement, Keyla me propose d'y aller à vélo. Je demande à papa s'il peut me détacher notre bicyclette. Je me réjouis car je pourrais aussi faire du vélo dans le quartier.

Au foot, je m'améliore de plus en plus, j'arrive à shooter la balle deux ou trois fois et éviter des buts à mon équipe. En écoutant un conseil de Keyla, je tourne la tête et ne vois pas la  balle qui me frappe avec force en plein sur l'oreille. Ça fait mal!!!!! Je m'assieds sur le banc et bois un peu. Keyla me dit « tudo bem ». Je lui souris mais réponds «  não ». Pour moi, ce soir-là, le foot c'est fini !

 Le lendemain Keyla va voir ses amies et me rapporte un porte-clef en forme de vélo. Je ne pourrai pas les revoir, ni jouer à nouveau au football, car nous reprenons la route.

Ce n'est pas grave, car je préfère jouer au basket ball...

RSZBrazilux360

(mis en ligne à Brazlandia, Brésil)