Itinéraire

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Derniers commentaires

  • Gravatar Le dessin mignon arrière de ma maison, Zelia! avec quelques traits et couleurs que vous avez laissé un souvenir chaleureux
  • Gravatar Chère petite Zélia, que cela doit être doux pour Droopy d'entendre ce cris de tendresse! Garde cette spontanéité à ton
  • Gravatar Danseuses dans un patio andalou ! Quelle grâce et quel rayonnement ! A vous la vie !
  • Gravatar ! Pero que listita es mi chica! Lo que habreis aprendido, sin duda, es que todas las acciónes tienen sus consecuencias ( bue
  • Gravatar Comme je comprends ta lettre Zélia! Droopy, c'était un membre de ta famille, celui qui vous a porté sur les routes du mond
  • Gravatar Mi skribas por deziri al Zelia felicxan naskigxdatrevenon!!! Cxion bonan, kara knabineto!!! Mi sauxdadas vin!!! Kisojn!!! Eid

Courrier A

Écrit par Florence.

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Ce samedi matin-là, nous pénétrons dans le bureau de poste de Santa Cruz, laissant les enfants au camion. Aussitôt, il nous semble revenir soixante ans en arrière en Europe, si ce n'est la présence d'un securitas assis à une table, à gauche de l'entrée. Le local est vieux et passablement défraichi. Les murs, troués par endroit, sont de couleur beige sale. De vieux ventilateurs poussiéreux sont accrochés au plafond à côté de serpentins déchirés; restes de décorations de Noël. A notre droite, deux grands guichets de bois ouverts avec de vieux casiers aux murs pour mettre le courrier. Tout au fond, les motos des employés tout simplement garées devant les casiers de la poste restante. A côté, sur la gauche, un comptoir spécial philatélie décoré d'affiches vantant son activité.

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Cherchant le guichet où envoyer notre paquet pour la Suisse, nous continuons d'explorer les lieux et trouvons enfin, derrière le securitas, un réduit avec une grosse balance électronique, une table étroite et un petit bureau. Dedans, une postière est assise au fond, à son bureau entièrement scotché de papier brun pour paquets. Sur celui-ci, sont collés un tableau indiquant les prix des envois ainsi qu'une photo du président Evo Morales. Deux autres clients occupent presque la totalité de l'espace, défaisant et refaisant des paquets sur la table. La postière nous informe en effet « qu'ici tous les colis sont ouverts pour vérification », mais que nous devons attendre notre tour. Il est vrai que le trafic de drogue est bien présent en Bolivie et selon les dires de certains locaux, surtout à Santa Cruz... Puis, la fonctionnaire nous informe que nous devons apporter deux photocopies de passeport ainsi qu'un gros rouleau de scotch transparent! Elle nous donne le formulaire postal à remplir, tâche dont se charge Jacques pendant que je retourne au camion chercher le nécessaire.

 

En attendant notre tour, je m'occupe en observant la postière; personnage en lui-même. Âgée d'une cinquantaines d'années, elle est passablement maquillée derrière ses lunettes de vue et ses ongles sont vernis de bleu. Ses cheveux châtains sont attachés en queue de cheval, coiffure inhabituelle pour les boliviennes qui coiffent traditionnellement leurs cheveux noirs en deux longues tresses qui pendent dans le dos. Par contre, son corps trahit son appartenance. Comme beaucoup de boliviennes avec un peu d'embonpoint, le haut du corps est large et carré sur des jambes toutes fines. Celle-ci a choisi de les mettre en valeur par le port d'une mini-jupe en jeans et de sandales à talons compensés. Un petit débardeur turquoise, moulant audacieusement ses poignées d'amour, achève la toilette. Sur le dossier de sa chaise se trouve une petite serviette de bain que tout bolivien utilise pour éponger la sueur et chasser les moustiques. Pour la chaleur, pas de problème, la fonctionnaire a aménagé son petit coin d'un grand ventilateur qui rafraichit agréablement l'atmosphère.

 

Les premiers clients ont presque finis. Un autre postier très sympathique s'empare de nos deux paquets qu'il pose sur la petite table du securitas pour les ouvrir et contrôler le contenu. Ils sortent chaque objet un à un, reniflent profondément les livres et particulièrement le cahier de souvenirs de l'école uruguayenne de Zélia! Ils tâtent les coutures des habits et inspectent chaque recoin des souvenirs que nous envoyons. Puis ils remettent le tout dans un nouveau carton plus grand et nous renvoient dans le réduit pour refermer le colis. La fonctionnaire tient à se charger elle-même de l'opération; il s'agit tout même de son travail. Elle commence par m'envoyer acheter un nouveau scotch transparent assurant que le notre ne colle pas bien. Devant la poste se trouve en effet, comme partout en Bolivie, plusieurs vendeurs de rue et j'y trouve bien évidement un nouveau rouleau de scotch. A mon retour, je dois signer les photocopies de mon passeport munies du numéro de référence de l'envoi et ajouter mon empreinte digitale... Fichée en Suisse, fichée en Bolivie! L'un des deux papier ira dans le paquet alors que l'autre sera gardé au bureau de poste... Ensuite, la postière s'empare de son cutter turquoise assorti à son t-shirt et refait consciencieusement notre paquet; coupant les bords du carton pour le fermer au plus serré, ajustant bien le tout en scotchant de part et d'autre; retournant de tous côtés les seize kilos. L'exercice est physique et si le carton s'ouvre en route, ce ne sera pas par hasard...

Nous réglons la facture papier et à notre grand étonnement nous recevons un code pour suivre l'envoi sur internet. Lorsque nous regagnons le camion, il est 11 heures passées; nous serons restés plus d'une heure à la poste...

 

Dix jours plus tard, j'entre mon code sur internet. Le paquet est toujours prêt à sortir du bureau de poste de Santa Cruz !! L'informatique ce n'est pas encore cela....

                     

                                                (mis en ligne à Salta, Argentine)

Soldaditos de Bolivia

Écrit par Jacques.

À une centaine de kilomètres de la frontière argentine, nous profitons de quelques jours d'accalmie pour nous reposer, près de Villa Montes.  Dans l'enceinte d'un parc naturel nous optons pour la piscine d'un petit hôtel, tenu par un Argentin. Notre périple en Amérique sent déjà le retour. Dans deux mois nous rentrons en Europe. Comme le temps passe vite !


Droopy a bien essayé encore une fois de nous mener en altitude, mais à 3400 mètres, ils nous a fait comprendre que les folles échappées à travers les montagnes et les déserts, n'étaient plus pour lui. Depuis, nous nous sommes raisonnés. Il nous faut avant tout durer et prendre notre temps. Laissant de côté la Bolivie de l'Altiplano, nous faisons maintenant irrémédiablement route vers le sud et l'ouest.

Nous aurons ainsi traversé, la zone dite rouge de La Bolivie, où transite la plus grande partie de la cocaïne vers le Brésil au nord et l'Argentine au sud, avant de rejoindre les ports de l'Atlantique et se diriger vers les marchés Européens et Nord-Américains. une vraie passoire où les contrôles policiers et militaires, bien que nombreux  ne sont qu'une mascarade et un prétexte avant tout de corruption. Pour qui veut passer, il suffit de lâcher prestement quelques billets et tout roule.

Les anecdotes parsèment notre parcours et vont de l'entrée illégale de Droopy sans réclamation sur 800 km, au réveil en pleine nuit par les policiers antidrogue, en passant par les discussions ridicules et sans objet sur les documents qui tantôt sont valables pour 48 heures ou tantôt pour tout notre parcours, quelques fois nous devons même réveiller le sergeant qui fait sa sieste pour qu'il nous ouvre sa barrière et d'autrefois simuler des dicussions sérieuses avec le syndicat des transports pour mettre la pression sur ces mêmes policiers pour qu'ils abandonnent leur tentatives d'extorcation. Nous nous ferons une seule fois arnaquer par la police sur le retour de monnaie pour le paiement d'un document et une autre fois nous ferons par contre négoce avec eux, sur leur demande, pour du change au noir entre pesos argentins et boliviens.

Pays chaotique, la Bolivie souffre énormément. Difficile de ratrapper ces années perdues durant lesquelles les gouvernements n'ont quaisment rien fait pour la population. Ici, malgré la grandeur du pays et ses richesses, tout manque. Si les routes ont été grandement améliorée sous Evo Morales, le combustible, lui, ne parvient que par intermittance en dehors des grandes villes. De même si dans chaque village le Plan Programma Bolivia a prévu l'installation d'améliorations publiques, comme les écoles, l'accès à l'eau ou à l'électricité, ses besoins précaires sont toujours insuffisants et la population réclame toujours et encore.

Il y a deux jours les villageois de Camiri ont bloqué notre route pour réclamer un hôpital dans leur localité. Cela fait partie du quotidien bolivien. Partout aux péages , lors des barrages de routes ou lors des effondrements de terrain, la population saisit l'occasion pour vendre quelques fruits, boissons, tortas ou empanadas. Femmes, enfants, jeunes et vieux tout le monde travaille pour gagner quelques malheureux pesos.

C'est certainement le pays où nous aurons vu le plus d'enfants travailler, encore plus qu'au Cambodge et certainement le pays ou nous avons aussi rencontré le plus de  mendiants. Derrière chaque dysfonctionnement, on sent cruellement le manque de formation qui paralyse le pays à tout point de vue. Tout le monde fait la même chose et personne ne sait rien faire. Cela se reflète même dans la vente et dans l'accueil du touriste ou tout simplement du client. On peut vous servir  à manger sans  vous servir à boire même quand il fait 35°. L'accueil est pour ainsi dire quasi inexistant. Comme si une fatalité s'abattait de toute part, ici on sourit rarement, on dévisage toujours. Et pourquoi en serait-il autrement quand ceux qui ont de l'argent sont soit corrompus, soit mélés aux narcotrafiquants. L'honnêteté est dès lors pauvre, soumise ou ignorante.

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Et pourtant au vu des surfaces inhabitées, il doit y avoir pleins de coins magnifiques à visiter, mais comment les trouver, si rien ne les indique. Comment s'y rendre si l'on n'a pas le droit d'acheter du combustible avec des plaques étrangères ( sauf dans les grandes villes, à 2,5 fois le prix habituel). Tout ressemble à une comédie sans humour, dont même les représents de l'autorité croient à peine en leur rôle.

Une pathétique tristesse emplit notre bouche, comme ces boules de cocas, que l'on mâche amèrement. Et tout en ruminant, avant d'en recracher l'excès de salive qui vient noircir le sol poussiéreux  du quotidien, on se demande si l'exploit mérite la tentative ou si la résignation préserve des désillusions. Quoiqu'il en soit le silence et la patience font toujours bon ménage en Bolivie!

 

                                       (mis en ligne à Yacuiba, Bolivie)

Baguette magique

Écrit par Florence.

Pendant notre arrêt forcé et prolongé à Sao Sebastiao, je me suis surprise à rêver que si je pouvais faire des miracles, je rendrais les garagistes brésiliens moins j'm'en foutistes, plus organisés et plus travailleurs. Mais bon, je n'ai pas eu besoin d'espérer trop longtemps puisque c'est Jacques lui-même qui, à force de travail acharné, persévérance et aide de son professeur de mécanique Lionel via Skype, a réussi à réparer lui-même Droopy ! Pourtant, si mon miracle avait fonctionné, nous aurions quand-même gagné plus d'un mois de voyage...

 

Bien-sûr, je pourrais être plus altruiste et réserver les miracles pour les moins fortunés. Il faudrait alors distribuer l'argent des dépenses publiques réellement pour tous. Ce qui serait possible car la corruption des politiciens n'existerait plus. Il faudrait également réorienter une bonne partie des budgets pour l'instruction. Ainsi, tout le monde aurait accès à une éducation publique de qualité pour plus d'autonomie et de protection des abus. Oui, oui, je sais, je simplifie un peu, mais la corruption et le manque d'éducation sont tout de même les deux problématiques récurrentes rencontrées tout au long de notre voyage.

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Et nous ? Après 28 mois de route, que changerais-je à notre mode de vie si j'avais une baguette magique ?

Tout d'abord, dans notre maison roulante, j'aurais l'eau courante à volonté. Et oui, je l'avoue, j'ai de la peine à me passer du luxe de la douche quotidienne, surtout quand il fait une chaleur humide de plus de 30°... Mais attention, je continuerais d'utiliser le moins d'eau possible, consciente à présent, grâce au vécu du voyage, de la valeur de l'or bleu.

Nos WC se vidangeraient tout seuls; nous n'aurions plus la préoccupation de trouver où les vider discrètement tous les quatre jours. Vous ne vous rendez peut-être pas compte du plaisir de faire ses besoins à la maison... La plupart des toilettes publiques sont très sales et j'opte maintenant sans hésiter pour les WC turcs de loin les plus hygiéniques. Mais dans ces derniers il faut trouver la position adéquate pour se soulager correctement. Exercice pas forcément évident surtout en Chine où certaines toilettes n'ont tout simplement pas de portes !

Puis, quand notre linge serait sale, une machine à laver apparaitrait aussitôt pour tout décrasser et sécher instantanément. Plus de lessive à laver à la rivière, à la va-vite dans les WC des stations-services ou dans les laveries à dégoter en ville. Oh, oh j'en entends déjà penser: « ça y est elle nous reparle de son linge, pas originale la Florence ». Allez, allez, faites l'expérience de laver le linge de cinq personnes maculés de tâches de nourriture séchées depuis plusieurs jours, de cambouis du mari bricoleur, dans de l'eau froide, à la rivière et sans Omo... Après, je vous assure que vous chérirez votre machine à tout jamais.

Enfin, tout ce qui se casserait dans la cabine arrière du camion, dû à l'usure de cette vie à cinq dans un si petit espace, se réparerait directement. Bon, ce miracle-là reviendrait plutôt à Jacques, parce qu'il faut bien l'avouer, c'est lui qui s'y colle à chaque fois...

Par contre, je ne désirerais pas de véhicule plus grand et plus luxueux. Nous avons appris à cohabiter pacifiquement dans ces 19 mètres cubes et l'espace pour ranger nos affaires et suffisant. Avec un camping-car plus grand, nous ne pourrions plus passer dans les rues étroites des petits villages. Nous ne pourrions plus faire demi-tour aisément dans un chemin devenu impraticable et surtout nous nous ferions beaucoup plus remarquer et envier notamment dans les pays pauvres.

 

Et les pannes... Il faudrait les conserver bien-sûr, car elles donnent son piment au voyage. Non, non, je ne suis pas devenue masochiste; mais aussi bizarre que cela puisse paraitre, elles nous permettent de mieux découvrir et comprendre les pays que nous traversons ! Au Brésil par exemple, l'apprentissage du métier de mécanicien se fait dans le garage où l'on est engagé en apprenant des plus anciens, « sur le tas » sans notions théoriques apprises à l'école. Ainsi, quand la problématique mécanique dépasse les réparations habituelles, difficile de s'en sortir. Jacques a dû se plonger dans les revues techniques Mercedes de Droopy pour comprendre comment réparer. Il existe bien au Brésil une ou deux écoles mécaniques privées, mais en général, lorsque l'on choisit ce métier on ne possède pas les moyens de se payer une formation. Autre bel exemple des grandes différences sociales au Brésil. Mais surtout cette expérience nous a permis de réaliser la grande valeur de nos CFC suisses, au niveau pratique et théorique élevés, accessibles pour la plus grande partie des jeunes qui ne poursuivent pas d'études secondaires. Mais revenons à nos moutons; quand on possède une baguette magique, c'est pour s'en servir, alors sans hésitation, il n'existerait plus de réparations mal faites des profiteurs qui savent que nous sommes des étrangers de passage qui ne reviendront pas se plaindre...

 

Les routes quant à elles, ne devraient pas être parfaites, mais bon, elles pourraient quand-même être un peu meilleures. Quand l'endroit serait trop critique, c'est-à-dire risque de glisser, de nous renverser (même si Zachary m'affirme toujours que c'est peu probable), de nous embourber ou de perdre le contrôle du véhicule; Droopy pourrait alors voler en toute sécurité... J'ai l'air trouillarde, mais je vous promets que si vous aviez vu certains passages que nous avons traversés, vous seriez de tout cœur avec moi!

Sur la route, j'aurais un sens de l'orientation inné et saurais lire toutes les cartes sans problèmes. La carte de Russie en alphabet cyrillique, facile. De même, avec la carte chinoise en idéogrammes, quand Jacques me disait à 80 km/h de comparer le signe microscopique de ma carte avec les différents signes du panneau routier, j'aurais assuré!

 

Dans les besognes quotidiennes, nous n'aurions plus besoin de faire l'école aux enfants qui apprendraient tout par magie. Plus besoin de me replonger dans les mathématiques complètement oubliées du programme de dernière année de primaire de Zohra. Ne pensez plus que les professeurs se la coulent douce. Je vous assure, par expérience, que les heures de travail à domicile ne sont pas négligeables. J'ai passé une bonne partie de la matinée à faire deux épreuves de math de Zohra, envoyées gentiment par un vrai professeur de l'instruction publique, avant de les lui faire passer... Et surtout, surtout, nous aurions des livres à volonté qui apparaitraient magiquement au fil de nos désirs et besoins. Dans ce cas, nous ne nous précipiterions plus comme des drogués en manque dans les Alliances Françaises trouvées en chemin.

 

Et les finances ? Tout le monde le sait, un peu plus d'argent n'est jamais de refus, surtout avec un budget quotidien de 65 $ comprenant nourriture, essence et autres dépenses principales. Là, nous réalisons des miracles pour de vrai! J'en profite pour remercier tous les donateurs et Jacques qui nous apporte un revenu indispensable grâce à ses articles écrits pour le journal communal « Le Chênois ». Mais, je ne voudrais surtout pas utiliser ma baguette magique pour avoir de l'argent à volonté. Plus on en possède, plus on en dépense et plus l'on craint de se faire voler. Plus d'argent n'apporte pas moins de problèmes, au contraire... A nouveau, je suis persuadée qu'être limités dans nos dépenses nous rapproche des locaux car notre mode de vie se calque sur le leur. Mais bon, une fois de plus je me laisserais tenter et ne refuserais pas un peu plus de repas au restaurant !!

 

En ce qui concerne la santé, pas besoin de tergiverser, aucune maladie pour personne. Je n'ai pas du tout envie de savoir quelle expérience se serait de tester les systèmes de santé étrangers. Petit luxe pour moi, je ne sentirais plus ni le froid, ni le chaud extrêmes et surtout les moustiques n'existeraient pas !!

 

Mais savez-vous pour quel miracle j'utiliserais le plus souvent ma baguette magique? Ce serait pour écrire mes textes plus facilement, d'un seul trait sans avoir besoin de relire, récrire et corriger plusieurs fois.

 

                                                                  (mis en ligne à Santa Cruz, Bolivie)

La Métamékanik

Écrit par Jacques.

À Orphée, à Euridyce et aux fleuves infernaux : Chaque prison est un enfer que seule la poésie dématérialise.

Dans la planète Veturi, la mer n'existe pas. Je pense même qu'elle n'a jamais existé. En lieu et place coule l'omniprésente rivière Mékanik. Tantôt fleuve ou lac, tantôt rivière ou ruisseau, elle est l'objet de vénérations constantes par les Véturiens. Sa taille ou sa forme n'ont que peu d'importance. Seule sa présence et son humeur sont déterminantes. Car si la Mékanik décide du sort de chacun sur la planète, le véturien averti sait y découvrir les signes essentiels qui lui permettent de vivre ou de se survivre à ses côtés.

À chaque fois que l'on se trouve au bord l'eau, on se trouve forcément en présence de la Mékanik, et cette présence implique toujours un message. Quelques fois il se peut que sur la berge on trouve une admission, et si par malheur on ne s' aperçoit point de cette présence silencieuse ou criarde, ou que l'on fait simplement semblant de ne pas la voir, alors les problèmes commencent sérieusement.

Sur Veturi, les mots naissance et mort n'existent pas, ici les êtres sont admis ou échappés par la rivière Mékanik. Admissions et échappements sont les deux grands mystères auxquels les bateliers n'ont jamais pu répondre. Et pourtant parmi les bateliers, ils est commun de vivre cinq cent ans. On raconte que certains d'entre-eux sont si vieux, qu'ils ont arrêté de compter leurs années de vie.

 

C'est ainsi, car loi est toute simple le temps ne passe pas lorsque l'on vit pour la Mékanik, c'est-à-dire lorsque l'on vit sur l'eau. Il faut poser pied à terre pour que biologiquement le temps s'écoule vraiment. Ainsi les enfants de bateliers sont confiés pendant leurs sept premières années à des villageois afin qu'ils grandissent normalement. C'est toujours une période difficile, car pour le batelier, il s'agit d'un nouveau rituel d'acceptation ou sa vie est mise en jeu. Certaines fois la rivière n'accepte pas le choix que le batelier a fait en confiant le soin de son enfant. Le batelier est alors échappé et l'enfant est considéré comme un mal reçu.

 

Recevoir un enfant n'est jamais un choix sur Veturi, c'est toujours une obligation et les bateliers qui vivent constamment au bord des eaux reçoivent par conséquent plus d'enfants que les autres. Pour éviter cela ils fuient les eaux jaunes, vertes ou roses on les appelles les eaux de ressources ou les eaux colorées. Ces eaux sont plus denses que les autres et traduisent les humeurs fécondes de la Mékanik. La vie y est toujours grasse et abondante. Dans ces eaux ont trouve la plus grande diversité de poissons et sur les berges, la végétation et la flore sont un refuge pour les habitants et les animaux les plus divers. Bien entendu, c'est là que l'on reçoit le plus d'enfants.

 

Moi, je n'étais pas un batelier et pendant longtemps j'avais espéré recevoir un enfant. Ainsi j'allais tous les jours à la pêche. Je recherchais toujours les eaux les plus colorées, je m'enfouissais dans les jungles, ou dans les marécages. Mais rien à faire ! La Mékanik se montrait certes généreuse avec moi et je péchais toujours des grandes quantités de poissons, pourtant jamais je ne faisais de pêche miraculeuse, jamais je ne tombais sur une admission. Pendant 15 ans, je péchai, vendis, écaillai, vidai, lavai, apprêtai, cuisinai, mangeai du poisson, mon obsession et ma foi étaient mes seules raisons de vivre et quand je ne péchais pas, je priais avec ferveur ou chantais sans trêves des litanies désespérées sur les bords de l'eau, pour que la Mékanik, veuille bien m'entendre et exaucer mon désir. Nombreux pensaient que j'étais devenu fou et les Véturiens me surnommaient la sirène céleste.

 

Mais un jour, alors que je m'appliquais à taquiner une truite arc-en-ciel avec une de mes plus belles mouches, j'entendis un appel que je reconnus aussitôt pour l'avoir si longtemps attendu. Le cri de l'enfant pénétra ma chair et mon coeur et fis mouche directement dans mon âme, j'en oubliai la truite, laissai tomber ma canne à pêche et me mis à courir. Mes jambes s'emballaient sans vraiment savoir, où elles devaient aller, attendant un nouveau cri ou un nouveau signe pour décider de la direction et se porter vers l'enfant. Cet instant magique ou divin, qui produit une force motrice explosive et presque indomptable, se nomme l'état de «  Transe-Mission ». Un mélange de joie et de fatalisme qui confond l'esprit le plus incrédule et libère les tristesses les plus enfuies.

Un état qui consume vos désirs exaltés et brûle votre respiration par saccades comme une mort subite qui vous tue, mais qui anticipe déjà une libération sauvagement contenue. Puis, vient alors le deuxième cri, celui de la certitude, celui qui vous assure que vous n'avez pas rêvé, que votre souffrance n'était point vaine, mais bien méritée. Alors vous démarrez, sans hésitation aucune et vous vous propulsez en klaxonnant de toutes vos tripes, pour annoncer votre présence salvatrice.

Dans votre élan, la vitesse se démultiplie et vous envole au-dessus des herbes , écarquillant vos yeux, pour parer-la-brise qui tente vainement de vous aveugler, de vous distraire, de vous déconcentrer. Mais peu vous importe, vous savez déjà que le prochain cri vous précipitera du point mort haut au point mort bas, comme un piston qui s'enflamme et renaît à chaque compression. C'est alors que précisément il retentit, transperçant le vrombissement des eaux et dévoilant la position de l'enfant, comme l'éclat du soleil sur le rétroviseur de vos espoirs.

L'enfant était là, couché dans les herbes, agitant ses petits bras dans l'attente d'une étreinte que je ne tardais pas à lui offrir, son petit cœur battait fort. Je serrai le petit être contre moi et d'une voix douce et grave lui parlai tendrement. Il se tranquillisa, puis se mit à sourire. Je l'appelai Droopy. Ce qui en langue véturienne signifie « le réincarné, celui qui revient »

 

Mtamkanik

 Pour plus d'inspiration, veuillez cliquer sur la photo

 

Mis en ligne à Santa Cruz (Bolivie)

 

 

 

 

Sur les terres des frères rouges (7)

Écrit par Droopy.

Nos amis sont sortis des griffes de la taïga et du monstre qui la hante. Il ne leur reste que quelques jours de permission pour quitter les terres de Rursof, avant de s'aventurer dans le pays de son frère Bataar. Heureusement, la route qui mène à la frontière est asphaltée ce qui assure une trêve dans les tourments du preux Droopy.

Ah, mes amis, quand je pense à ses vieilles aventures, cela m'enorgueillit et me remplit de nostalgie également. Je me dis alors que l'on ne profite jamais assez de sa jeunesse, et que l'on a beau se convaincre que la vie est longue, il ne s'agit pourtant que d'une triste peau de chagrin qui s'amenuise chaque jour d'avantage. Allez jeunes gens ! Remplissez vos vies, pour garnir de souvenirs et non de regrets vos moments difficiles et votre future retraite. Certains me trouveront philosophe, mais je ne pourrais qu'avancer que ce qui est philosophie pour les uns est quelquefois simple lucidité pour d'autres. Voici donc quelques paroles de notre jeune compagnonne Miss Tic, qui viendront confirmer mes dires.

Nous étions alors en Iran et l'enfant, qui n'avait que six ans, s'appliquait déjà à écrire quelques lignes dans son carnet de bord pour compléter ses dessins de voyage. Il s'agissait pour elle de fixer un moment particulier du Noruz, que nous venions de fêter chez des amis. Bouboulineta en bonne maîtresse d'école dévouée, s'empressait à lui corriger ses premières fautes d'orthographe. Miss Tic considérant le fond bien plus que la forme, lui lança alors d'un ton plein d'assurance : «  Voyons, maman, tu ne vas pas commencer déjà à me pourrir mes souvenirs de vieillesse ! » Une telle pertinence vaut la peine d'être relevée, car aujourd'hui je peux vous assurer que la vieillesse a bien des tourments malgré les miracles de la mécanique. C'est un âge où l'on est bien plus souvent tenté de se plaindre de son présent que de philosopher sur les souvenirs de sa jeunesse. Cependant tous les petits-enfants vous le diront il n' y a rien de plus chouette que les histoires racontées par les grands-parents. Revenons donc à mes souvenirs...

Après avoir quitté Irkutsk, j'eus l'honneur d'être choyé par l'Ado et le Gros qui me baignèrent et me frottèrent avec l'eau de la rivière. Tant d'efforts et d'attentions pour me redonner mes couleurs naturelles me comblaient de joie et je me prenais pour Babar le roi des éléphants. Il faut savoir profiter de ces moments de tendresse que les hommes vous offrent avec parcimonie. Sauf peut-être ceux qui vivent seulement à travers leurs belles et qui s'empressent d'en changer, à la venue de la moindre jeunette, un peu plus ronflante ou plus aguichante par ces courbes plus arrondies. Dans l'homme, il faut savoir choisir entre tendresse et fidélité avoir les deux tire toujours de l'exception. En ce sens le Gros est plus fidèle que tendre et s'il me brutalise sur le terrain, c'est à son cœur de rossignol que je dois d'être encore en vie. D'autres m'auraient déjà laissée à la science pour une auto-psie et un recyclage en pièces détachées.

Le lendemain, nous traversâmes Ulan-Ude, sans nous arrêter, et nous dirigeâmes vers le sud. Une centaine de kilomètres plus loin, au détour d'un pont, nous rencontrâmes une jeune couple de gaulois en tandem. À vrai dire, ils se tenaient à côté de leur monture, dont un des roulements se trouvait mal en point. Comme ils allaient dans notre direction, on ne trouva point de meilleure solution que les charger sur mon dos, couple et tandem compris. Je me disais bien que le moment de tendresse de la veille, n'était pas gratuit. Mais finalement cette compagnie fut bien agréable et le tandem loin de se plaindre se montrait d'un humour très sarcastique avec ses anecdotes sur la souffrance des hommes.

 

tandem

Chaque soir, il me racontait comment le jeune couple transpirait, s'embourbait, réparait les pneus crevés, pompait et pour ma part, je mourrais de rire à l'entendre. Dans ma prochaine vie, j'aimerais être tandem, juste pour le plaisir de rire du genre humain. Ces quelques jours furent merveilleux et pleins de souvenirs et me valurent une réelle amitié. Il n'y a pas si longtemps j'ai reçu, De Nouvelle-Zélande, une lettre de cet ami, le tandem. Ses maîtres, Marc et Adeline ont bien du courage, ce sont de vrais Masochistes. Ensemble ils ont parcouru toute l'Asie et ont rejoint l'Australie. Mon ami le tandem dit que bientôt, ils partiront pour l'Amérique, et que peut-être , ils nous suivront et même si ce n'est pas sûr, moi je le crois. Car un tandem c'est une vrai histoire à deux ou plutôt à trois ! C'est comme une valse à trois temps... Au troisième temps de la valse, il y a toi , il y a l'amour et il y a moi, ♪♪ lalalala ♪♪ lalalala ♪♪ lalalala ♪♪ lalalala !

 

(à suivre...)

Dans les marais

Écrit par Zohra.

À Pantanal, dans la pousada "Rio Claro", nous dormons au bord d'une petit mare. Elle est couverte de plantes aquatiques à tel point qu'on aperçoit à peine la surface de l'eau. Zachary y lance un caillou : Subitement les plantes se mettent à bouger et s'avancent vers lui.

- Un caïman, il y a un caïman dans l'eau ! S'exclame-t-il tout en reculant.

- Rentre, rentre vite  dans le camping- car, Zachy ! S'écrie maman paniquée.

Le reptile devient notre centre d'intérêt et d'observation pour la soirée. A l'heure du repas,  notre exitation est toujours aussi grande et se transforme en une quantité de questions. Mais surtout nous nous demandons comment le caïman est arrivé là ?

Pour Zélia, ce sont les propiétaires de la pousada qui l'ont installé là, pour le nourrir avac les visiteurs malhonnêtes qui tenteraient de partir sans payer.

Maman affolée, répond : " Mais nous, nous allons payer bien sûr ! Et en plus, cela leur  ferait une mauvaise réputation.  "

Pour Zachary, sont hypothèse est la suivante. Il pense qu'un souterrain relie cette mare aux innombrables marais de Pantanal. Et que ces souterrains sont des passages secrets pour les caïmans.

Maman se ronge les ongles : " Mais s'il a réussi à venir, ses copains pourraient le rejoindre pour nous dévorer pendant la nuit"

Je rétorque : " Bien sûr, ils toqueront à la porte, pour montrer patte blanche et se faire ouvrir"

Pendant que ma maman ferme la porte à clé, j'enchaîne avec mon idée. Peut-être, tout simplement que ce caïman est en plastique, et qu'il s'agit d'un jouet téléguidé, pour attirer le client. Que ce dernier ne se baigne pas dans la mare, mais dans leur piscine.

J'ajoute même qu'en plus de le faire se déplacer,l'employé qui le téléguide peut aussi le faire mordre. C'est jouet épatant avec lequel je me baignerais volontiers.

Maman exaspérée, me répond sèchement : " Non, si tu tebaignes, l'employé te mordra avec son crocodile et de toute manière, je t'interdis de mettre un pied dehors ! "

Dormir à côté d'un caïman c'est génial, mais pas pour tout le monde.

mareaucaiman

(Cliquez sur la photo pour accéder à l'album)

 

(Texte fait comme devoir de fiction et corrigé par papa)

Mis en ligne à Villa Turani, Bolivie

le Village

Écrit par Zélia.

30_le_village__01.01.13

En partant de San Ignacio mous avons pris une piste qui passe à travers un petit village. Ce village se situe dans une région pauvre, au nord de la Bolivie. Les villageois vivent parmi les animaux : les ânes, les cochons, les poules au pattes emplumées, les oies et les canards.

Le soir, avant de souper les enfants nous invitent à jouer. Les deux filles s'appellent Camila et Eliana. Leur petit frère est un peu timide et il ne nous a pas dit son nom.

                                                            (mis en ligne à Santa Cruz, Bolivie)