Itinéraire

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Derniers commentaires

  • Gravatar Le dessin mignon arrière de ma maison, Zelia! avec quelques traits et couleurs que vous avez laissé un souvenir chaleureux
  • Gravatar Chère petite Zélia, que cela doit être doux pour Droopy d'entendre ce cris de tendresse! Garde cette spontanéité à ton
  • Gravatar Danseuses dans un patio andalou ! Quelle grâce et quel rayonnement ! A vous la vie !
  • Gravatar ! Pero que listita es mi chica! Lo que habreis aprendido, sin duda, es que todas las acciónes tienen sus consecuencias ( bue
  • Gravatar Comme je comprends ta lettre Zélia! Droopy, c'était un membre de ta famille, celui qui vous a porté sur les routes du mond
  • Gravatar Mi skribas por deziri al Zelia felicxan naskigxdatrevenon!!! Cxion bonan, kara knabineto!!! Mi sauxdadas vin!!! Kisojn!!! Eid

Au lac de Bulunkul

Écrit par Zohra.

Au Tadjikistan, dans le Pamir nous cherchons désespérément le lac Bulunkul pour dormir en pleine nature. Un tadjike nous guide et nous montre la piste pour y arriver. Sur le chemin en terre, pas une personne, pas un bruit sauf le moteur de Droopy.

Nous nous arrêtons au bord du lac à 3000m. d'altitude. Il fait froid et nous avons de la peine à respirer. Autour du lac nous voyons des montagnes enneigées, de la plaine et dans l'eau claire des petits poissons; mais pas un être humain. Le soir, nous essayons de chauffer Droopy, mais notre webasto ne fonctionne pas. Nous comprendrons plus tard qu'il n'avait pas assez d'oxygène pour se mettre en route.

Le lendemain matin, déjà tous bien réveillés, maman crie. « des yacks, des yacks, il y a un troupeau de yacks »!! Nous ¨nous entassons tous à la fenêtre pour les voir passer avec deux bergers.

Les yacks ressemblent à de grosses vaches poilues avec des grosses cornes. Ensuite, papa propose de rouler pour voir le deuxième lac. Sur le chemin, nous regardons des oies sauvages voler.

Garés sur la berge, nous voyons plusieurs petits points noirs, bruns et blancs. Papa, Zachary, Zélia et moi pensons que ce sont encore des yacks, mais maman nous affirme que ce sont des chèvres. Pour en être sûr nous nous approchons du troupeau de... chèvres et moutons! Zélia et moi nous nous amusons à toutes les ramener vers les chevriers.

Avant de repartir le jour suivant, nous avons besoin de remplir l'eau de Droopy. Nous nous servons dans le lac et essayons d'attraper les petites truites avec nos bouteilles de 5 litres.

Plus loin, sur la grande route, papa freine et crie: « regardez-là, regardez-là!!! ». Je cherche dans le ciel un oiseau, maman croit voir un renard à cause de la couleur. C'est Zachary qui nous explique que ce sont de belles marmottes rousses qui nous épient à leur tour à moitié cachées dans leur trou. L'une d'elles crie pour prévenir ses copines et aussitôt nous en observons plusieurs qui rentrent dans leur terrier.

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(cliquez sur la photo pour accéder à l'album)

A nouveau, nous désirons bivouaquer près d'un lac. Malheureusement, le terrain n'est pas solide partout et nous nous enlisons. Papa nous demande de sortir le maximum de choses de Droopy pour alléger son poids. Tout à coup une voiture passe sur la route, Zachary et moi courrons vers elle et faisons des signes. Ce n'est pas facile de courir à 3800m. et nous étions tout essoufflés. La voiture vient nous tracter, mais dans une accélération trop brusque (pire que moi), elle abime le radiateur de Droopy. Le chauffeur nous assure que nous pouvons réparer le radiateur au village. En chemin, nous voyons des hirondelles à gorge rouge tourner au-dessus de nous. Il est déjà tard, Mahomet nous invite à manger chez lui et nous goûtons de la viande de Marco Polo, l'animal des montagnes du Pamir. C'est comme un bouquetin, mais ses cornes sont très longues et enroulées. Marco Polo qui les a fait connaître, leur a donné son nom.

 

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(cliquez sur la photo pour accéder à l'album)

Lorsque nous reprenons notre route, nous voyons sur le bas côté des cornes de Marco Polo. Nous n'avons pas pu les ramasser, mais Papa et Zachary espèrent en trouver d'autres pour les fixer sur le pare-choc de Droopy. Malheureusement nous n'en avons pas retrouvé et Droopy ne jouera pas les caïds!!

 

(Corrigé et amélioré avec l'aide de maman).

L'Esperanto verdit notre route

Écrit par Jacques.

Je me devais, depuis un long moment, de faire un article en page d'accueil sur l'Esperanto. Certainement vous savez déjà, pour ceux qui nous suivent avec ferveur que nous avons, quelque part, dans les tréfonds de la toile internet, un autre site dans cette langue particulière, aux charmes utopiques.

Bien sûr, rares sont les curieux qui prendront le temps de visiter ces lieux dont il faut en plus déchiffrer la musique. C'est pourquoi, je me permets de faire ici un petit bilan, après 8mois de route, de ce qu'a représenté la Langue Internacionale pour nous dans ce voyage.

Tout d'abord, une petite carte retraçant notre parcours accompli avec les différentes villes où nous avons visité des Espérantophones.

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Nous aurions, sans problème, pu en rencontrer bien plus, mais cela aurait demandé de notre part un investissement plus grand, dès le départ du voyage. Ceci pour insister sur le fait, que sur les pays traversés, il n'y a qu'en Jordanie, en Syrie et au Turkménistan que les espérantophones sont en voie d'extinction (s'il y en a déjà eu), sinon partout ailleurs, ils existent, et survivent aux conditons climatiques et politiques.

Je voulais également par cet article remercier deux célèbres espérantistes que nous avons rencontrés dernièrement. Anatoli de Samarcande et Firdaus de Duchambé.

Anatoli est non seulement un espérantophone convaincu, mais il est également le fondateur et directeur du Musée international de la Paix et de la Solidarité de Samarcande. Ce musée qui a vu lejour en 1986 possède de très riches et intéressantes collections sur ce thème, de quoi faire pâlir le plus fourni des musées militaires dont la banalité n'est plus à vendre.

Firdaus de son côté a également laisser de côté sa carrière de mathématicien, pour dévélopper l'intérêt pour la langue de Zammenhof dans son pays. Sans lui, notre passage par le Tadjikistan  et surtout par le Parmir aurait sûrement été remis en question. En effet, c'est avec lui que nous avons pris les renseignement concernant la qualité et la sécurité de la route bordant la frontière afghane et traversant le Pamir.

Contrairement à la pensée pour le moins médisante d'Umberto Ecco, les Espérantistes ne forment pas une secte, mais sont des individus pour la plupart convaincus et pétris d'humanisme et de pacificisme.

Bien que nous ayons rencontrés des personnes très différentes les unes des autres, à chaque fois nous avons trouvé des hommes ou des femmes prêts, non seulement à nous faire découvrir leur ville, mais également attachés à résoudre les problèmes de tous styles qui nous accompagnaient.

Souvent avant notre départ, j'ai eu droit à de nombreuses critiques quant à "l'utilité" de l'Espéranto. "A quoi ça sert...tu trouveras toujours des gens qui parleront anglais..."

Force est de constater, que certes l'anglais est parlé ou baraguiné de manière étendue...mais nous avons déjà pu maintes fois vérifier que les contacts engendrés de manière accidentelle ( en anglais ou même en français) ne sont pas tous dénués d'intérêts. A plusieurs reprises, le contact de cet ordre, visait plus à faire connaissance avec notre porte-monnaie qu'avec notre personne.

En dernier lieu, et pour ne pas faire une apologie sur 15 pages, de ce qui ce vérifie aisément par les faits, j'ajouterai, que malgré le peu de connaissance que nous avions en Esperanto, il nous devient, après ces quelques mois de voyage, de plus en plus facile d'aborder des sujets ardus, politiques, philosophiques ou même religieux, ce qui dans d'autres langues que nous avons pratiquées pendant de nombreuses années résulte toujours et encore extrêmement compliqué.

La richesse de l'Esperanto est complètement insoupçonnable et certainment sous-estimée. Mais, peut-être qu'en la comparant à l'eau, la plus simple et pourtant la plus saine des boissons, certains s'en feront une idée plus transparente ou plus claire.

La bise à vous tous

Esperanto-Domo

Écrit par Zélia.

Nous reprenons contact après avoir bordé la frontière Afghane sur plus de 500kms  et traversé les hautes vallées du Pamir. Zélia ouvre la marque avec un dessin sur notre passage à Duchambé...Les autres articles suivront bientôt. Toute la famille va bien et Droopy aussi. ;) (Intro: Jacques)

Place à l'artiste:

A Duchambé, nous avons rencontré Firdaus, un copain espérantiste. Nous avons campé dans la cour de son immeuble avec Droopy. La cour était chouette parce qu'il y avait une cabane, un tobbogan, une fontaine et une petit échelle.

Un autre jour, Firdaus nous a amené visiter sa mamam, qui a 90 ans, et après nous sommes allés dans son jardin. Là-bas il y avait des fleurs, des coquelicots, sa femme Rushno, Jamchid, un ami et une petite maison sur laquelle était écrit : "BONVENON "  et "Esperanto-Domo"

Ca veut dire Bienvenue à la maison esperanto.

Ensuite Firdaus et son copain ont mis sur la vigne de la terasse des cartons pour faire de l'ombre. Et nous avons mangé dessous.

Dans mon dessin, je montre papa et Zachary entrain de sculpter des bâtons en bois pour la marche. Zachary à fait de très belles gravures d'animaux.

Mais plus tard dans le Pamir, on nous les a malheureusement volé.

Bisous et Au revoir

esperanto-domo
Mis en ligne à Osh (Kyrgyztan) le 17 mai 2011.

 

Des Routes de La Soie (2)

Écrit par Droopy.

A une dizaine de kilomètres de la ville, la route se détériore rapidement, et si tout le pays est d'une propreté impeccable, le bitume turkmène avec ses ornières, ses nids de poules, ses morceaux de pistes, et ses parcelles refaites est un vrai casse-tête pour le conducteur étranger. Dans ces conditions, il devient difficile de rouler à vitesse constante. Régulièrement, nous freinons pour éviter des chocs ou des rebonds trop violents. Et pourtant, plusieurs fois par heure, je me prends des coups. Que ce soit à 60, 50 ou 40 km/h, l'attention doit être constante, sous peine d'exploser un pneu ou de tordre un pont. Par chance, les conducteurs sont moins fréquents et seul de temps en temps quelques illuminés foncent, à tombeau ouvert, dans leurs blanches voitures aux vitres teintées. A l'inverse, les quelques bus ou camions que nous croisons battent des records de longévité, traînant leur corps ridés de rouille sur cette route qui tient plus de la bure que de la soie.

 

Par chance, pour le dernier jour, la route qui mène de Bajramaly à Turkmenabat, est un peu meilleure et nous permet d'arriver dans les temps à la frontière. Curieusement, malgré les dires d'autres voyageurs, nous ne subissons ni contrôles, ni pressions des nombreux policiers que nous croisons. Astucieusement, dans les villes, le gros, va jusqu'à leur demander régulièrement la route, car en dehors d'Ashgabat, les signalisations sont quasi inexistantes et les kilomètres ne sont nullement indiqués.

 

Dommage qu'il soit si couteux d'obtenir des visas d'une ou deux semaines, car si le secret de la soie se cache encore quelque part dans ce pays, ce sont certainement les délicieuses et colorées femmes turkmènes qui le détiennent. Les brefs contacts que nous avons eus pendant notre traversée nous ont séduits et c'est avec regret que nous aurions volontiers fait plus connaissance avec la population.

 

Puis, avant de quitter le Turkménistan, nous nous acquittons encore d'une dernière taxe de 42 $ pour passer un pont démontable, seul voie d'accès vers la douane de Farap. Bientôt, nous serons à Bukhara et Samarcande, au coeur des routes de la soie, mais pour ceci, il nous faut encore faire les pleins de diesel et passer les douanes.

 

Si les cow-boys turkmènes, nous jettent dehors, comme ils nous ont reçus. Les attentionnés douaniers ouzbeks, nous laisseront, à notre grande surprise, passer sans nous demander ni taxe, ni assurance, ni même un quelconque sums...

 

Les routes ouzbekes sont légèrement meilleures, tant que nous ne quittons pas les grands axes, sinon le rodéo recommence et je me plais quelquefois à faire rebondir dans la cabine mes valeureux passagers. Finalement, ces routes rebelles, réveillent mes instincts sauvages et, quelque fois, j'en arrive même à rêver de liberté, surtout quand nous empruntons les pistes pour bivouaquer dans les déserts.

 

Je m'imagine alors, être un de ces animaux fabuleux que l'on rencontre dans les contes merveilleux.

A mi-chemin entre le pur sang mongol et le dromadaire mamelouk, je parcours les steppes en galopant. Mon célèbre hennissement rappelle aux autres animaux que la liberté est la plus belle des conquête. Et si au loin passent de grandes caravanes, transportant mille et une merveilles vers la belle Samarcande, je les fuis à vive allure, préférant la poussière des paysages, aux tissus soyeux de la ville.

 

Au loin , m'attendent déjà les montagnes Tadjikes, imprenables citadelles que la nature a érigé pour se protéger des hommes.

 

Une odeur de diesel emplit fortement mes narines et mon estomac gargouille goulûment, si les rêves nourrissent l'esprit, la dure réalité revient sur le devant la scène. Je ne suis qu'une triste machine qu'il faut abreuver de divers liquides nauséabonds. Dans mes folles galopades, le câble du compteur a lâché. Nous sommes désormais, plongés dans un monde sans vitesse, où les kilomètres n'avancent plus. A Samarcande, nous visitons une clinique qui tente un bricolage sans garantie, car les destriers de mon espèce sont rares dans ces contrées. Le bricolage tiendra exactement 15,3 km que le compteur affichera désormais comme souvenir de Samarcande.

 

Le jour même nous entrons en territoire Tadjik, si nous arrivons à 16h30 en douane, c'est à la nuit tombée que nous en sortons, les douaniers ouzbeks nous laissent à nouveau passer sans faire aucun problème. Quelques questions et quelques visites de la cabine arrière, plus par curiosité que par contrôle. Jamais, non plus, ils ne nous demanderont de preuves concernant nos nuitées.

 

Par contre avec les Tadjiks, s'écouleront les lents quarts d'heures d'une corruption désabusée...le temps de regarder tout le derby entre Manchester et Everton sur un vieux poste de télévision aux accents soviétiques. Même le médecin, nous arrachera quelques dollars pour justifier les 5 prises de température, inscrites dans son livre de bord poussiéreux.

 

Nous rejoignons la ville de Khujand, et nous nous nous garons près du fleuve. Demain nous passerons notre baptême de la montagne avec notre premier col à 3400m.

 

Bam,bam, bam quelqu'un tape fortement contre la carrosserie. Il est 5 heures 30 du matin, le gros enfile son short et se présente à la porte, sans trouver ses lunettes. Un policier, sorti tout frais de l'oeuf, marmonne quelques mots en Tadjik avant d'entamer une danse des canards, où plusieurs fois, il croise ses ailes, à hauteur de bec en fronçant les sourcils. Le gros décrypte rapidement le flou message qu'il perçoit avec ses yeux de taupe mal réveillée. Puis, il acquiesce de la tête, signe généralement bien perçu, dans le langage international de la police.

 

C'est ainsi que nous levons le camp, de bon matin, pour gravir le col du Sakhristan, la route est bonne, sans comparaison, avec les pays précédents. D'ailleurs régulièrement nous nous acquittons d'un péage, que nous jugeons bien adéquat, même s'il ne s'agit pas d'une autoroute. Mieux vaut payer un petit peu et avoir une bonne route, que ne rien payer et devoir réparer sa voiture.

 

Malheureusement quand nous nous présentons à 2400m, devant le tunnel en construction, un ouvrier nous explique que celui-ci n'est pas terminé et qu'il nous faut redescendre pour prendre la piste défoncée qui conduit au sommet...25 km de détour, au milieu de la poussière et des camions. Si nous arrivons à atteindre le 15 km/h dans la montée, en descente l0 km/h sont une vitesse nécessaire pour éviter la chute dans le ravin. Chaque véhicule monte à son rythme en cahotant sur la route, Zachary nous a rejoint depuis un bon moment, dès qu'il s'est vu suspendu au-dessus du vide, depuis la fenêtre de sa couchette. On est tout de même, plus rassuré dans la cabine avant, même si régulièrement nous observons des carcasses de voitures pourrissant au soleil, sur les flancs de la montagne.

 

A quelques mètres du sommet nous dépassons un gros poids lourds, qui peine lourdement. Soudain, en arrivant à sa hauteur, son radiateur explose, des jets d'eau sale et brûlante surgissent et vienne gicler contre ma cuirasse, je suis trempé sur le côté droit. Les coulées grisâtres me déguisent ainsi en zèbre de la route pour les jours suivants.

 

Sans contexte, le Tadjikistan s'adjuge, dès notre deuxième journée, le prix de la route la plus difficile que nous ayons parcourue. Arrivé à Ayni, nous nous remettons de nos émotions en achetant quelques abricots secs et en cassant la croûte. Le soir, nous nous offrons un bivouac de rêve près du lac d'Iskenderkul. La récompense est à la hauteur de l'effort.

 

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Le troisième jour, pour rejoindre Duchambé, nous avons encore un deuxième col à passer. Il culmine à la même altitude que le premier. Tout autour de nous des Mont-Blancs nous encerclent et nous toisent du haut de leurs 5000m. Cette fois-ci, à 2500m, le tunnel nous attend. Seule une des deux voies est praticable. Tout contents, nous nous engageons sans tarder dans ce raccourci. Mais voilà, qu'à peine à une centaine de mètres plus loin, nous sommes dans l'obscurité la plus complète et la route est parsemée de mares aux canards. L'eau coule depuis le sombre plafond. Sur les côtés, des butes de terres aux formes imprécises rétrécissent accidentellement les parois poisseuses de cet interminable intestin qui nous avale sans faim. Au sol, dans certaines mares, nous apercevons, sortant leurs têtes hors de l'eau, de vilains serpents métalliques, prêts à nous mordre les pneus.

 

Chaque phare, en face ou derrière nous, est une lueur d'espoir. Le fait de savoir que nous ne sommes pas tout seul est un déjà un soulagement. Nous progressons lentement, car la poussière mêlée à l'humidité rend la visibilité avec les longs phares impossible. Les vitres se salissent régulièrement et c'est certainement pas l'endroit le plus charmant pour changer un pneu. Zélia, demande combien de jours doit durer ce tunnel, d'elle même vraisemblablement pour s'aider à patienter, elle répond : «  Il peut durer six jours ce tunnel ». Après une bonne vingtaine de minutes, enfin, la sortie apparaît.

 

Sur les versant de la montagne, la neige reflète avec force les rayons du soleil. Après ce long moment passé dans l'obscurité, toute cette lumière nous aveugle, le gros doit même mettre ses lunettes de soleil, pour y voir plus clair !

 

Dans 50 km, nous serons à Duchambé, notre baptème Tadjik c'est bien passé. Là-bas, je passerai une bonne visite médicale, avant d'entamer la M41, la route qui traverse le Pamir, avec ses cols à près de 5000m et ses pic culminant à plus de 7000m. (A suivre...)

Au coeur des Routes de la Soie

Écrit par Zachary.

Dès notre arrivée en Ouzbékistan, la poussière nous envahit, maman se plein d'avoir les pieds sales. Mais surtout quelle chaleur!

Papa nous avait prévenu avant de passer la frontière, qu'il fallait être très discret. Comme tous les hôtels du pays appartiennent au fils du président, il semblerait que tout touriste surpris à camper dehors pourrait être emmené par la police et obligé à prendre une chambre dans un hôtel. Pour cette raison nous bivouaquons de manière très discrète. Cette fois, nous quittons l'autoroute, pour une petite route de campagne, perforée comme un gruyère. Celle-ci ne tarde pas se transformer en un sentier de terre qui débouche sur le champ d'un paysan.

Rapidement des enfants de notre âge viennent nous rendre visite. Nous faisons leur connaissance avec Zohra ce qui nous permet de rester tranquillement sur les lieux pour la nuit. Le lendemain sur la route papa freine devant un gros tuyau qui crache de l'eau, pour que maman lave notre linge. Au bout de quelques minutes, des personnes s'attroupent. Maintenant une dizaine de personnes regardent maman frotter et étendre son linge sur la barrière. Un homme plus bavard finit par lui demander si nous venons de Roumanie. Ce qui la fait bien rigoler.

A Samarcande, devant le mausolée de Tamerlan, je me couche sous le camion avec papa, pour repérer le câble du compteur qui vient de lâcher. A nouveau attroupement se forme autour du camion. Les téméraires vont jusqu'à ouvrir pour grimper à l'intérieur. Heureusement maman monte la garde, puis laisse gentiment une dame visiter et prendre une photo. En échange, elle lui demande son téléphone pour passer un coup de fil à Anatoli, un contact espérantiste, qui nous envoie son ami Rafiq en secours.

 Chez Anatoli, nous rencontrons Alexandre et Ines. En entendant leurs noms, je devine qu'ils sont français. Effectivement, il s'agit d'un couple de diplomates, vivant au Kazakhstan qui visitent eux aussi Samarcande. Nous apprenons, pendant le repas, qu'avant chaque gorgée de vin ou d'alcool, la coutume dans ses pays veut que nous portions un toast. Cela signifie, que chacun son tour se doit de faire un petit discours pour honorer les invités ou l'hôte de la maison.

 

Le lendemain, nous nous garons devant le bureau de Rafiq. Ce dernier , nous prose de visiter la ville avec sa fille, Nodira. Nous découvrons le Registan, une grande place avec trois imposantes Medresi, de vieilles écoles religieuses qui forment le coeur de l'ancienne ville de Samarcande.

 La plus fameuse est certainement l'observatoire : Ulugbek, du nom du petit fils de Tamerlan, célèbre astronome qui la fit construire. C'est ici que furent établies les plus grandes découvertes en astronomie au début du XVème siècle.

En revenant près du camping-car, un responsable de la voirie, cherche à nous coller une amende, espérant gagner un peu d'argent facile. Malheureusement, pour lui papa ne se laisse pas faire et va chercher Rafiq. L'employé furieux prétend qu'il est interdit de se garer à cet endroit. Pour rester cohérent, il fait alors déplacer, dans un grand remue-ménage, une quinzaine de voitures qui se garent quotidiennement sur les lieux. Évidemment, le lendemain les voitures sont revenues à leur place.

Comme la veille, je n'avais pas pris ma caméra, nous retournons au Registan, pour filmer depuis le minaret. Une fois en haut, à ma grande surprise, je dois attendre derrière une longue queue de touristes, pour passer ma caméra par le trou au sommet de la tour. Cela m'étonne, car le policier, au pied du minaret a du ouvrir trois cadenas pour me faire entrer. Bien sûr, ce sésame de quatre dollars, entre directement dans la poche du gardien. Ce dernier, nous avait d'ailleurs, déjà proposer la veille de le soudoyer, sans passer par la caisse et pour une somme plus modique.

 

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 Papa m'explique que Samarcande était le carrefour de toutes les Routes de la Soie, et que dans cette ville vécurent de nombreux hommes célébres: mathématiciens, poètes, médecins et philosophes. Cette période dorée dura plusieurs siècles et la ville était alors connue sous le nom de «  la perle de l'orient ».

Ma grand mère paternelle, m'a aussi envoyé un mail expliquant la légende la soie que je vous transmet ici:

Il y a fort longtemps une princesse chinoise, buvait dans son jardin, tout en jouant avec un cocon de vers à soie. Par maladresse, ce dernier tomba dans sa tasse de thé, quand elle le ressorti, il avait pris la consistance d'un fil aussi solide que de l'acier. Elle décida donc de planter des mûrier blanc, pour élever des vers à soie. Les chinois ont longuement et jalousement gardé le secret. Puis, un jour, ils finirent par emporter parmi d'autre marchandises le précieux tissu. C'est ainsi que naquirent les Routes de la Soie.

Des Routes de La Soie (1)

Écrit par Droopy.

Approchez fidèles lecteurs!

Oyez, bonnes gens, les récits de nos aventures !

C'est l'heure de tendre l'oreille, car nous entrons enfin dans le vif du sujet. C'est maintenant, que les nuits engendrent les rêves et que les bornes comptent le temps. En entrant en Iran, nous avons pénétrés le monde des contes et décomptes. Si certains peignent les diables sur les murailles, d'autres croisent les monstres en chemin.

 Il est bien facile de penser que le régime iranien est une cruelle chimère, mais la réalité est toute autre, car c'est de mes deux phares que l'ai vue et dans mon corps que je l'ai vécue. Si pour certains la Route de la Soie est l'escalier qui mène aux rêves, pour moi, destrier cuirassé, il s'agit d'une descente en enfer. Et pendant que mes maîtres, posés sur mes doux coussins, discutent de beaux tissus , de jardins en fleur et de palais miroitants, moi, de mon côté, j'apprends à vivre mes peurs et mes cauchemars.

 En passant la porte iranienne, j'ai d'abord admiré le joli tapis d'orient qui se déroulait à mes pieds, une route de qualité, sans trou, ni ornière, aux pentes douces et jolies. Une vraie découpe de berline aux formes envoutantes...mais je ne savais pas encore que c'est dans ce genre de corps que le diable aime à se cacher. Pour ravir sans merci, les âmes qui trop innocemment succombent aux multiples désirs. C'est aussi pour ça, m'a-t-on dit, que dans ce pays l'on cache les femmes, dans les plus sombres habits.

C'est en quittant Tabriz, pour rejoindre la Mer Caspienne que d'un seul coup le tapis sans fin sur lequel je roulais, s'est mis à voler. Et au lieu de monter vers le ciel, il s'est décidé à rejoindre le chaos des enfers.

Dans ce royaume de damnés, où nulle règle ne semble régner, chaque âme conduit sans peine, jouant avec le destin, comme un pendu joue avec sa corde.

 Et c'est pour le plus grand désarroi des verts épouvantails de la circulation que, les drôles d'oiseaux qui se tiennent aux volants, cherchent irrémédiablement, à embrasser leur mort. Sur le bord de la route, des carcasses de voitures trônent piteusement sur des échafaudages de fortune. Dernier recours trouvé pour essayer d'effrayer le chauffard. Mais ces martyres en puissance semblent bien confondre les funestes monuments, avec de nobles statues auxquelles ils auraient droit. Que ne ferait-on pas pour passer, même stupidement, à la postérité!

Les routes perses sont ainsi de longs cimetières cumulant 25 000 morts par année et un demi million de blessés, à moindre prix , les américains s'offriraient volontiers quelques guerres !!!

Le code de la route n'y est quasiment jamais observé. Passer son examen de conduite doit donc être un vrai calvaire. En effet, nous avons croisés quelques malheureux élèves conducteurs pétrifiés dans leur véhicule, certainement en plein dilemme, ne sachant pas si leur fallait obéir à leur instructeurs ou plutôt se fier à leur instinct de survie.

Heureusement pour nous, le gros roulait doucement, optant soit pour la voie toute à gauche, soit pour la voie toute à droite, stratégie payante, car on ne peut pas contrôler simultanément les deux côtés et qu'à tout instant surgissent des véhicules. Le nombre d'infractions au code de la route est incalculable et d'une diversité telle que l'on ne peut l'imaginer. Seul un dessin de Mordillo pourrait peut-être l'illustrer.

Ainsi par exemple, j'ai participé à une partie de volley-ball sur un boulevard à trois voies. J'ai dépassé des voitures qui remontaient l'autoroute en marche arrière. J'ai pris, devant des agents de la circulation, deux voies de bus en sens interdit , à la demande de notre guide iranienne. En Iran, on débouche d'abord sur la voie et ensuite on regarde si les voitures qui arrivent ont de la place pour se pousser sur le côté. Enfin, tout espace est bon à prendre, suffit d'arriver le premier. Après tout, c'est très simple, pourquoi s'embêter avec des lignes blanches ou des feux rouges, qui, soit dit en passant, sont plus souvent clignotants que verts ou rouges.

Mais, c'est aussi sur ces dangereux sentiers que l'on trouve quelquefois les hommes les plus purs, ainsi en arrivant à Téhéran, le gros et son ami Pouyan, m'ont emmené chez le docteur pour tenter de guérir ma vieille plaie suintante au carter. Celle que je trimballe depuis le mois de janvier. C'est là que nous sommes tombés sur un saint homme qui après moult efforts a su me soigner en appliquant un onguent miracle. Nous avons d'ailleurs découvert l'imposture des garagistes jordaniens de chez Mercedes qui non contents d'échouer dans leur entreprise, avaient par la même occasion doublé la mise en perforant mon carter. Qu' à cela ne tienne, notre bienfaiteur iranien, lui, n'a pas voulu nous facturer un seul real. tenant absolument à ce que l'on se rappelle de lui, lors de notre long voyage. Un bonheur multiplié par mille. Le gros, lui a offert une grande boîte de pâtisseries locales. Les deux hommes se sont embrassés comme des frères avant de repartir. Depuis, je suis heureux de ne plus laisser de trace, comme le petit Poucet, partout où je passe.

 Nous avons repris ensuite avec plus de quiétude, les belles routes iraniennes traversant déserts et montagnes. Peu fréquentées, elles prennent une autre dimension, car, comme souvent, l'homme y est le seul danger réel. Arrivés à Mashad, deuxième ville du pays, le cauchemar reprend, mais guère longtemps, car Saeid prends la famille en charge dans sa voiture. Pendant que moi je jouis du repos mérité, du grand guerrier. J'ai même droit à des soins complets, carroserie, moteur et châssis, dans les bains de l'immense terminal des bus de la ville. Quelques jours plus tard, nous quittons l'Iran.

 Propre et lustré des pneus à la capucine, j'entre triomphant dans la douane turkmène. Sans effet, car le ton change radicalement ; ordres, contre-ordres et taxes diverses surgissent par escouades de la bouche des douaniers, comme de vulgaires postillons belliqueux. Accoutrés de verts chapeaux de cow-boys, les militaires tiennent la douane, comme un poste avancé en terre ennemie. Ici, on ne badine pas , on obéit, on agit et surtout on paie. Seul avantage de cette efficacité, c'est que notre compte est vite réglé. Le gros passe trois fois à la caisse. Puis soulagés de quitter cette atmosphère peu accueillante, nous filons vers Ashgabat, la fameuse ville blanche.

 Nouveau pays de contraste, le Turkmènistan, est une sorte de grand désert, que la population s'efforce d'apprivoiser, le combat est rude et même si régulièrement une fine pellicule verte recouvre le sable aux bords des routes, et qu' ailleurs des arbrisseaux en lignes clairsemées offrent avec peine une résistance aux vents poussiéreux, la partie est loin d'être gagnée. Aux abords des cours d'eau et des grands fleuves, les champs fleurissent. Mais si les terres sont bien irriguées, c'est qu'elles dépendent avant tout de paysans volontaires qui laborieusement détournent les cours d'eau.

Quand à la route, elle est à l'image du pays. Tout l'argent est dépensé, à Asgabat, pour matelasser les rues de capitale où des dizaines de femmes aux turbans multicolores, battent la chaussée de leurs petits balais de paille. Elle traquent le grain de sable, comme s'il agissait de dangereux acariens. La ville immaculée semble sortie de l'esprit d'un empereur martien, allergique à la poussière, mais fanatique de la poudre au yeux. De luxueux arrêts de bus affichent l'heure et la date, poursuivies dans leur long cadre noir par quelques informations en langue turkmène. Sous un même toit, chaque arrêt se divise en deux compartiments, munis de sièges tout neufs d'un vert éclatant. L'un est à l'air libre, l'autre est à l'abri du vent, protégé par ses quatre murs vitrés. Ce soyeux décor n'est qu'une robe de princesse qui orne les rêves dorés du président et des habitants de la capitale... (A suivre)

 

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Sebastian, une rencontre

Écrit par Zohra.

Au Turkmenistan, en fin de journée nous rencontrons un cycliste allemand, Sebastian. Papa lui propose de camper ensemble. Vu que Sebastian fait 1m 92, il est obligé de monter sa tente car il est trop grand pour dormir dans le camion. Comme papa préfère parler allemand qu'anglais il est heureux de bavarder longuement avec Sebastian. Pendant ce temps, nous en profitons pour explorer les champs avec nos talkies walkies.

Le lendemain matin, les paysans du coin nous invitent à boire thé et vodka. A 9h du matin, nous acceptons le thé, mais refusons la vodka! Un des paysans, inquiet nous offre alors de l'aspirine!!  Après une demie heure, nous voulons partir, mais le paysan n'arrête pas de nous resservir de thé. Je dois couvrir ma tasse avec ma main et la mettre dans le dos. Au moment de se quitter, ils nous offrent une dizaine de poissons frais encore frétillants.

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Tout comme nous, Sebastian n'a qu'un visa de transit de cinq jours pour traverser les 800km du Turkmenistan. Nous lui proposons alors de faire la route avec nous jusqu'à Mary et mettons son vélo et ses affaires dans la cabine arrière de Droopy.  Avant d'arriver à Mary nous nous arrêtons pour vider les poissons. Papa, tout en bavardant avec Sebastian, nettoie machinalement les poissons: il les assommes de deux coup de paume puis il enlève les écaille. Ensuite, il coupe la tête et vide leur corps. Papa pris dans sa discution  tape trop fort sur la tête d'un poisson qui gicle au loin. Sébastian qui est  végétarien apprécie moyennement ce spectacle.

A Mary, nous nous quittons après avoir fait quelques courses ensemble au bazar. Chacun reprend la route de son côté.

Le jour suivant, tôt le matin nous rattrapons Sebastian. Comme la veille, nous le reprenons en stop. En chemin, papa freine brusquement car il a vu des tortues sur le bord de la route. Nous les prenons à bord et avons maintenant trois auto-stoppeurs!  A midi, nous nous arrêtons dans le désert. Nous relâchons les tortues que nous avons appelées  Drap et Cousin et mangeons notre poisson sauf Sebastian qui finit les restes de riz.  Comme papa continue de babiller avec Sebastian, nous avons le temps de rechercher Drap et  Cousin.

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Le soir, nous campons à nouveau dans le désert près de Turkmenabat. L'endroit est rempli de scarabées, Zélia et moi en ramassons vingt-cinq. Nous trouvons aussi des bousiers en plein travail et même un petit... scorpion. Avant de manger, papa nous aide à faire un feu tout en continuant de discuter avec Sebastian.

Le quatrième jour en fin d'après-midi nous passons ensemble la douane de l'Ouzbekistan. Papa et Sebastian nous dénichent encore un coin désertique pour passer la nuit. Le matin suivant, un chevrier vient observer la leçon d'allemand en plein air de Zachary. Nous l'invitons à partager notre brunch. Papa lui demande par mimes si les enfants peuvent faire un tour sur son âne et caresser son chevreau.

Cette fois, nous quittons Sebastian pour de bon après l'avoir accompagné jusqu'à la route.