Itinéraire

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Derniers commentaires

  • Gravatar Le dessin mignon arrière de ma maison, Zelia! avec quelques traits et couleurs que vous avez laissé un souvenir chaleureux
  • Gravatar Chère petite Zélia, que cela doit être doux pour Droopy d'entendre ce cris de tendresse! Garde cette spontanéité à ton
  • Gravatar Danseuses dans un patio andalou ! Quelle grâce et quel rayonnement ! A vous la vie !
  • Gravatar ! Pero que listita es mi chica! Lo que habreis aprendido, sin duda, es que todas las acciónes tienen sus consecuencias ( bue
  • Gravatar Comme je comprends ta lettre Zélia! Droopy, c'était un membre de ta famille, celui qui vous a porté sur les routes du mond
  • Gravatar Mi skribas por deziri al Zelia felicxan naskigxdatrevenon!!! Cxion bonan, kara knabineto!!! Mi sauxdadas vin!!! Kisojn!!! Eid

Le photographe

Écrit par Zélia.

Papa écri, maman fè des chozes sur l'ordinateure. Zachary et Zohra

qui jou a la d.s ... et on anten toc toc toc.

- Qui c'est ?

- A oui c'est le photografe.

- ZACHARY va ouvrir, un peu de bon sans!

- oui pa!

                                                         Zélia

Le_photographe1

Zélia a dessiné un photographe d'Almaty, venu avec sa collègue nous interviewer sur notre voyage pour un journal kazakhe, Florence.

                   (mis en ligne à Krasnoyarsk, Russie)                            

Les pays en "Stan"

Écrit par Florence.

Tout comme en Europe de l'est, nous avons à nouveau traversé en Asie centrale des pays de l'ex U.R.S.S. Le Turkménistan, l'Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Kirghistan et le Kazakhstan étaient sous l'emprise de la Russie jusqu'en 1991. De même qu'au début de notre voyage, les gens rencontrés se référaient d'eux-mêmes constamment à cette période dans leurs discussions. J'ai eu alors envie de les faire parler sur ce sujet pour découvrir si je pouvais entrevoir des différences entre le communisme vécu en Europe et en Asie. J'ai surtout cherché à connaitre l'opinion des gens quant à leurs conditions de vie avant et après la chute du communisme. Je leur ai alors demandé s'ils préféraient leur vie d'avant ou leur vie actuelle.

 

Tout d'abord, deux catégories se distinguent clairement dans leurs réponses: les personnes âgées de 60 ans et plus et les jeunes de 30- 40 ans qui avaient des avis bien différents; à quelques exceptions près. Les premiers regrettent plus l'époque du communisme pour plusieurs aspects: le niveau d'éducation gratuit était très bon. L'accès aux soins également non payant était correct. La Russie organisait le travail et les infrastructures dans les pays. Travail pour tout le monde dans les grandes usines à la ville ou dans les immenses fermes collectives à la campagne. Les salaires n'étaient pas mirobolants et pas de possibilités d'élever son niveau professionnel; mais tous avaient la certitude de recevoir leur paie à la fin du mois. Ces mêmes personnes reprochent aujourd'hui au pouvoir en place d'être complètement corrompu et de ne pas réussir à gérer les besoins fondamentaux de leur citoyens: le niveau d'éducation publique et le niveau de soins a dramatiquement baissé; les professionnels étant trop mal payés. Une infirmière nous a même raconté que certains médecins achetaient leur diplôme de médecine! Il est vrai que des cinq pays, le Kirghistan est le seul a avoir depuis dix années des élections présidentielles tous les cinq ans. Les autres ont le même président élu « démocratiquement » , au pouvoir depuis vingt ans; contribuant grandement à la corruption existante dans chaque pays. Dépourvus des financements et de l'organisation russe, le Tadjikistan n'arrive pas, par exemple à faire parvenir les infrastructures dans tout le pays. Dans les montagnes du Pamir, les gens n'ont ni électricité, ni eau courante. Partout, la police s'arrange pour recevoir des bakchichs afin d'arrondir les fins de mois. Une kazakhe nous expliquait sa frayeur de se faire arrêter par la police, sachant que même innocente elle devrait payer. Mais, nous pensons que la corruption est entretenue par la peur des gens; émotion bien compréhensible car c'est grâce à elle que l'URSS tenait les individus. Arrêtés à notre tour plusieurs fois par la police, nous avons toujours réussit à éviter l'amende par une affirmation très ferme de notre bon droit. Décontenancé par tant d'assurance, le policier nous laissait alors repartir.

D'un autre côté, les personnes d'une soixantaine d'années reconnaissent qu'avec la chute du communisme, elles ont retrouvé la liberté: liberté d'expression, liberté de recevoir des étrangers sans être immédiatement interrogé par la police secrète et mis sur liste rouge et liberté de voyager à l'étranger. Et puis, le plaisir d'avoir plus à manger et surtout du choix. Une blague kazakhe circulait sous l'URSS. Ironiquement, les gens avaient l'habitude de se demander quelle sorte de fromage ils avaient mangé au repas; sachant qu'à cette époque il n'existait qu'un seul fromage disponible!

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Les plus jeunes, quant à eux, annoncent directement qu'ils préfèrent de loin le présent. C'est compréhensible, ayant vécu moins d'années sous l'emprise russe, ils ont ont été moins longtemps « formatés » par la propagande communiste. Leur discours quant aux conditions de vie après 1991 est donc plus optimiste. Un jeune tadjike d'une trentaine d'années nous affirmait que malgré la pauvreté encore présente dans son pays, la situation est bien meilleure qu'il y a 5 ans et que le pays progresse lentement, mais sûrement. D'après lui, les personnes plus âgées sont encore trop imprégnées de la propagande russe. Elles ont de la peine à rebondir et à s'adapter à un nouveau style de vie. Interviewés sur notre voyage par un journal local, nous avons exprimé notre indignement face à l'état des routes tadjikes et avons vivement encouragé le journaliste à l'écrire pour essayer de faire évoluer la situation. Celui-ci âgé de 60 ans nous a dit que c'était impossible car il serait aussitôt censuré et aurait de graves ennuis. Lorsque nous avons relaté cette histoire au trentenaire, il nous a affirmé que ce journaliste ne risquait plus rien, mais qu'il réagissait encore comme à l'époque soviétique. Au Kyrgystan, Rash 42 ans, chez qui nous avons fait du cheval, m'a avoué son bonheur à la chute du communisme car il a pu monter son affaire touristique. Nous vivons mieux aujourd'hui, me disait-il, car il y a plus de liberté et moins de contrôles. Avant tout le monde recevait son salaire tous les mois, mais aucune permission d'élever son niveau professionnel et de faire un business. Pendant quatre ans après la chute du communisme, me racontait-il, c'était vraiment très difficile. A la campagne, les gens qui avaient travaillé aux fermes collectives, se sont retrouvés tout à coup démunis; plus personne pour leur dire comment cultiver les terres et s'occuper des bêtes; ils devaient se débrouiller tous seuls. Complètement perdus, les paysans en sont arrivés à perdre tous leurs animaux en les vendant ne sachant qu'en faire. De même, les terres ont été laissées à l'abandon; les gens ont eu tellement faim que les moins débrouilles allaient jusqu'à quémander de la farine. Puis, petit à petit les gens se sont organisés et ont commencé à cultiver les lopins de terre que les russes leur avaient laissé et à reprendre des animaux. L'apprentissage de la liberté a été douloureux.

 

Peu de différences donc entre les conditions de vie sous l'URSS en Europe de l'est et en Asie centrale; si ce n'est qu'en Asie les gens étaient beaucoup plus coupés du monde. Ils n'avaient pas la possibilité comme en Europe d'essayer de s'échapper à l'ouest. Néanmoins, traversant des pays de confession musulmane, nous avons été étonnés par le côté libéré des femmes en comparaison avec la Syrie, la Jordanie et l'Iran. En effet, exceptées les familles musulmanes pratiquantes; les femmes sont très peu voilées, elles expriment leur avis, parlent indifféremment aux femmes et aux hommes et ont de l'influence à l'intérieur de la famille. Après plusieurs discussions, nous avons pu confirmer ce que nous pensions; à savoir que le communisme a grandement contribué à l'émancipation des femmes puisque les Hommes étaient censés être tous égaux. Entre les hommes et les femmes, du moins, cela semble avoir fonctionné... Mais espérons que cela dure, car nous avons déjà constaté dans certains de ces pays une influence grandissante de l'Islam. Dans les familles pratiquantes, les femmes se retrouvent reléguées à la maison, à servir par exemple le repas sans le partager avec les invités...

 

 

 

 

 

Tutoriel : Enregistrer une photo / Registri foton

Écrit par Jacques.

Plusieurs d'entre vous m'ont déjà demandé, comment copier une photo depuis nos albums. voici un tutoriel rapide qui vous y aidera.

Pluraj el vi iam demandis min kiel copii fotojn el niaj albumoj. Jen rapida informilo kiu helpos vin.

1) Dans la galerie photos :  Ouvrez l'album qui vous intéresse.

1) En la fota galerio: Malfermu albumon kiu interesas vin

2) Choisissez la photo de vos rêves, en cliquant dessus!

2) Elektu foton  el viaj revojn klikante sur ĝi !

3) Ensuite, une fois celle-ci agrandie, des icônes apparaîtrons comme sur la photo ci-dessous.

3) Poste, kiam ĝi estas grandigita, aperos piktogramoj kiel sur ci-tie suba foto.

RSZtuto_photo01

Bonvolu kliki kiel klerigita ruĝe sur la bildo

4) Cela vous conduira à "Picasa", notre site d'hébergement des photos, directement sur la photo désirée.

4) Tio kondukas vin al "Picasa", nia fota gastiganta retpaĝaro, rekte sur dezirata foto.

5) Là, en faisant un clic droit sur la photo, vous pourrez enregistrer la photo sur votre disque dur ou ailleurs selon convenance. Comme indiqué ci-dessous!

5) Tie, dekstre klikante sur la foto, vi povos registri ĝin en via komputilo aŭ kie vi volas. Kiel monstrata sur la suba bildo.

tuto_photo02

 

Et voilà !

Kaj jen !

 

 

 

Adjan, la petite kyrgyze

Écrit par Zohra.

Quand nous arrivons a Bishkek, nous appellons Sylvien, un travailleur de Médecins Sans Frontières. Pour le rejoindre, nous prenons un taxi qui passe 3-4 fois devant la bonne rue, sans la trouver. Finalement, il s'engouffre dans une ruelle très étroite pour déboucher dans une petite cour, où nous nous garons.

Le spoir, pour l'anniversaire de Zachary, il pleut. Alors  avec Sylien , Djamil et Marketa, nous allons restaurant pour sa fête. Plus tard Garance et Iano, nous rejoignent. Comme cadeau Zachary reçoit une statuette de cheval, ma soeur et moi recevons également, chacune un parapluie.

Le lendemain, Zélia et moi jouons sur une motte de terre. Quand, là, devant nous, une petite fille avec des fleurs dans la main, nous regarde sans rien dire. Maman nous appelle à ce moment, pour faire l'école.

Zélia termine l'école avant moi et joue avec la petit fille sur la motte. Quand j'arrive, elles ont fait des pâtés de sable et ont planté des fleurs dedans. Je creuse un trou en forme de siège et je le rempli de feuilles pour le rendre plus confortable. Nous utilisons ensuite les parapluies pour faire de l'ombre.

Zélia demande à la petite fille en anglais : "What is your name?". Celle-ci ne comprends pas la question. Alors grace à Djamil, qui la veille m'a enseigné quelques mots de russe, je lui dit: "Mia nova, Zohra" Puis, je la pointe du doigt.  Elle me répond en souriant: "Adjan"

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(Veuillez cliquer sur la photo, pour accéder à l'album!)

Adjan, nous montre son jardin et ses passages secrets. Nous y attrapons des crickets et des sauterelles que nous mettons dans une bouteille. Adjan sans faire exprès leur arrache les pattes. Nous explorons son jardin rempli de blé et de coquelicots. Dans sa maison il y a une pièce avec une douche et à côté une double pièce avec des canapés pour dormir.

Nous offrons comme cadeau un puzzle à Adjan que nous ne pouvons pas faire dans notre camping car. Elle pourra certainement mieux jouer avec.

C'est ainsi que pendant plusieurs jours, nous jouons avec notre nouvelle copine. Des fois dans le jardin, des fois dans la cour en faisant tarzan avec une branche d'abre et d'autre fois en grimpant sur les conduites de gaz longent les murs de la rue ou encore en piquant des cerises chez les voisins.

Le dernier jour,  après s'être bien amusé à Bishkek, Zélia l'a embrassé très fort pour lui dire aurevoir.

Petites fugues Tadjikes

Écrit par Jacques.

(En l'absence de Droopy, qui a pris quelques vacances méritées au Kyrgyzstan, c'est à son maître de prendre la relève des derniers récits en cours...)

La vallée est étroite, du haut de leurs parois rocheuses, les montagnes nous dominent, 3000m plus haut, et tombent à pic sur nous. De chaque côté du fleuve, les rares espaces un peu plus larges sont occupés par des villages.

Du côté Tadjik, une route, en triste état, borde la berge. Du côté afghan, la route n'existe toujours pas, seul un chemin pour les ânes s'accroche, comme il peut, aux flancs des géants de pierre.

La vie afghane défile ainsi, comme un film pour les spectateurs tadjiques et vice-versa. Les deux communautés s'apprécient comme les habitants d'une même vallée. Ici, la vie est difficile pour les uns, comme pour les autres, Si la guerre n'a jamais cessé depuis plus de 30 ans pour les afghans, elle était encore une réalité tadjike, il y a 15 ans. Alors, il semble normal que les deux communautés se soient toujours entraidées, impossible de stopper ou de contrôler le commerce entre ces deux rives.

Malheureusement, le petit commerce est souvent supplanté, par le gros commerce : celui que la guerre amplifie...celui des drogues et des armes. Celui dont le bénéfice juteux et ne profite que ponctuellement à quelques habitants, car les vrais bénéficiaires sont toujours ailleurs, bien plus loin...Ne nous voilons pas la face. Souvent nous oublions aussi, bons suisses que nous sommes, que nous produisons des quantités industrielles de munitions légères ou de détonateurs pour mines anti-personnels. Ces mines même que l'on retrouve encore enfouie le long des berges

du Piandj. Mais cela ne nous empêche pas de voter majoritairement encore et toujours, en faveur de ces exportations nationales d'une neutralité plus qu'abjecte.

Mais, dans cette région, la population apprécie les suisses et surtout les genevois. Il se trouve que leur Imam, Aga Khan, est leur plus grand bienfaiteur, et ce dernier réside à Genève. Et oui, s'il y a une fondation active qui aide la population et qui devance toute autre fondation internationale, c'est bien entendu, l'Aga Khan Foundation. Financement de projet en tout genre de l'assainissement de l'eau à la construction de l'université de Khorog, en passant par les bourses pour étudiants et l'aide à la paysannerie locale.

Entre les mines, l'armée, la contrebande et la quasi inexistence de place le long des rives, il est plus prudent de questionner l'habitant avant de choisir un endroit pour la nuit. Nous apprendrons par la suite que nos amis cyclistes allemands Torsten et Rike ont eu droit tout de même à quelques réveils militaires, kalachnikov en main. Par deux fois, ils ont campés à de mauvais endroits...

Notre première nuit, nous nous arrêtons, à une station service, nous invitons le pompiste à partager notre repas et le questionnons sur l'état de la route. Visiblement, la partie de Shurabad était de loin la plus mauvaise. Pour la suite poussière et nid de poules seront au rendez-vous, mais finalement la progression se fera à 50km/h sur la dénommée « Pamir Highway »

Pour la deuxième nuit , nous sommes accueillis au sein d'une famille près de Khorog, dont la grand -mère est enseignante d'anglais. Une aubaine, nous pouvons poser de nombreuses questions pour satisfaire notre curiosité. Cette fois, les repas sont plus frugaux, soupe et thé nous sont servis à volonté. Quelques fruits secs, des bonbons et des petits brioches faites maison sont les délicatesses qui accompagneront notre repas. Les légumes viennent du jardin, le pain est fait à la maison et la famille est nombreuse.

Dans la tradition, quand les enfants se marient, les épouses rejoignent la famille de leur mari et travaillent pour celle-ci. Les parents se doivent de construire une maison pour chacun de leur fils ainés. Le cadet, lui, reçoit la maison familiale et s'occupe des parents. Mais les temps ont changé et chez Mayira, qui a quatre garçons, les parents ont construit une maison, à deux étages pour les 2 ainés quant aux deux cadets, ils se partagent la maison familiale. Les temps difficiles, l'étroitesse de la vallée et la rareté des terrains ne permettent plus de construire pour chaque fils une maison. Ainsi, le nombre d'habitants sous un même toit augmente considérablement. Un bonheur pour les trois Z... qui peuvent jouer avec les 4-5 enfants de 3-à-7 ans qui tournent,sautent et grimpent tout autour de nous.

Firdaus, le grand père est aux anges, non seulement il adore les enfants mais surtout l'arrivée de ses visiteurs est pour lui un changement bienvenu dans son quotidien. Seigneur chez lui, il nous ressert la soupe et le thé avec insistance, sans même attendre notre réponse...Puis, il demande à Zachary de prendre des photos de tous le monde, difficile de lui refuser quoi que ce soit.

Le lendemain à 8heures, quelqu'un frappe avec force, à la porte de Droopy. C'est Firdaus, il me fait comprendre que le petit déjeuner est servi et que si l'on veut arriver à Iskashim pour le marché, il faut se dépêcher. j'acquiesce et lui dit que nous arrivons. Par contre, nous n'avons pas prévu d'aller à Iskashim , mais plutôt de nous arrêter à Khorog pour faire le plein de nourriture et de diesel. Mmmm...je sens alors, déjà, que la journée sera spéciale.

Je réveille tout le monde et nous nous présentons dans le jardin. Pour le petit déjeuner, il y a du pain et du thé au lait auquel Firdaus rajoute une grosse cuillerée de beurre salé, avant de servir Florence.

Pendant ce temps, je profite de mettre un peu les choses au clair avec Manucher, le fils cadet, qui parle un peu anglais, lui expliquant que nous ne pensons pas aller à Iskachim. Un bref échange entre lui et son père, se termine brusquement avec le fiston qui s'en va en levant les bras en signe de dépit.

Mmmm...c'est bien ce que je pensais...quand le Firdaus à quelquechose en tête...ce ne doit pas être facile de lui faire changer d'avis. Mayira vient alors partager le thé avec nous. J'en profite pour à nouveau mettre les choses au clair. Le couple échange quelques mots en tadjik et aux têtes qu'ils font se lit leur profond désaccord.

La famille, n'a pas de voiture et Firdaus compte bien profiter du camping-car pour faire une petite fugue, loin du village. A Iskashim, le bazar est plus grand et souvent plus attractif. Faire un tour jusque là-bas est donc une aubaine quand le ticket peut être gratuit. Car ici, le diesel est cher, même très cher pour les habitants de la région. En outre, en écoutant les discussions de la veille, Firdaus a bien compris que nous voulions visiter la source d'eau chaude de Garmshashma.

Alors, il s'improvise guide de la journée, bien décidé à ne pas laisser passer cette chance. En retournant vers Droopy, Firdaus et Mayira s'échangent encore quelques mots dont ont peut aisément douter de la tendresse au regard furibond qu'ils se lancent.

C'est parti, nous roulons en direction de Khorog, accoudé à la fenêtre Firdhaus, salue avec entrain chaque connaissance qu'il croise sur son chemin, tout fier d'être abord de Droopy. Tantôt, il nous demande de nous arrêter pour acheter un peu rhubarbe que nous mangeons crue, tantôt il menace du poing un petit gamin qui fait mine de nous tirer la langue.

Puis, me montrant le radio-cassette, il ordonne en allemand...Musik, bitte!! Au milieu des histoires pour enfants, je déniche une cassette de bon punk allemand. Je me dit que vu le personnage cela devrait faire l'affaire. C'est ainsi que nous traversons les villages tadjiques en écoutant « Les Toten Hosen » à fon. Firdaus est heureux. La journée est belle et printanière!

A Khorog nous débarquons à l'improviste chez sa tante pour le diner. Le vieux est un vrai goupil, il sait y faire. La tante une cuisinière de talent dont les petit plats sont délicieux...Seigneur, il nous laisse faire ripaille. Puis voyant que l'heure avance, d'un coup de tête, il me fait comprendre qu'il faut y aller. Pris en otage, nous suivons notre guide ravisseur.

 

Fugue

(cliquez sur la photo pour accéder à l'album)

Dans sa tête, c'est objectif Garmshashma. Ça je l'ai bien compris. Du coup je décide de faire l'impasse sur les courses, d'autant que nous avons rudement bien mangé. Nous faisons le plein de fuel, remettons la cassette de musique punk et repartons sur la route défoncée qui mène à Iskashim.

 

Finalement, à deux heures nous sommes devant l'entrée des sources chaudes. Il est encore temps de prendre le bain. Nous payons la moitié du prix, car le Firdhaus connaît tout le monde et surtout, il n'est pas venu les mains vides. Au gardien des bains, il lui montre une charmante bouteille de vodka qu'il a réussi à dégotter, sans même qu'on s'en aperçoive. A boire, tout à l'heure entre copains !

De l'autre côté, de la rivière, c'est un encore un ami qui loue aussi quelques chambres.

Il avait prévu son coup aussi pour la nuit. Sans hésiter, il nous fait parquer dans son jardin.

Nous partons aux bains, les femmes ont droit, aujourd'hui au charmant bassin extérieur. Pour les hommes, c'est le jour des bains intérieurs aux catelles jaunies et décollées.

Les touristes, ici, sont plutôt rares et c'est avec quelques ouvriers locaux que nous partageront les bains. L'eau est à plus de 50° et l'espace confiné retient les vapeurs. Après, 20 minutes nous sommes cuits. 10 minutes plus tard, nous sortons aussi ramollis que des raviolis chinois ayant dépassé leur temps de cuisson.

Nous rejoignons, le copain de Firdaus qui ne se fait pas prier pour étendre une nappe sur le sol, c'est l'heure de la vodka. Le gardien des bains ne tarde pas à nous rejoindre. Un peu de pain, une boîte d'anchois et Firdaus qui m'ordonne de faire le thé. Pas de soucis, qu'à cela ne tienne, je m'exécute...tout en me disant qu'il va falloir prendre l'animal à contre pied, sinon qui sait comment va finir notre petite virée.

La grossesse, la babouine et Miss Tic finissent par arriver...en quelques secondes j'explique rapidement à Flo qu'il faudra trouver moyen pour mettre les voiles, si on ne veut pas passer ici la nuit à chanter quelques chansons paillardes tadjikes avec nos confrères qui commencent à s'imbiber.

Le gardien des bains, disparaît puis revient quelques instants plus tard avec une patte avant de mouton dépiautée. Firdaus en discute le prix avec acharnement. L'autre gesticule fermement en levant son os comme un trophée. Puis, d'un seul coup ils se tournent vers moi, me demandent mon avis et me dressent la liste des ingrédients du barbecue du soir avec le prix à payer...

Je les regarde avec étonnement et refuse clairement en bloc. Pas de barbecue, ici, ce soir, car nous retournons à Khorog. Visiblement, il ne s'attendaient pas à cette réponse. Sans leur laisser le temps de réagir, je demande alors à Firdaus, s'il vient avec nous où s'il reste ici. En même temps ,je dis à Flo de plier bagage et aux enfants de s'installer dans le camping-car. Alors que le gardien, déjà légèrement sous l'effet de la vodka, laisse pendre sa patte de mouton pour tenter de comprendre ce qu'il se passe. Firdaus a vite compris et nous assure de sa compagnie pour le retour vers Khorog.

Du coup, nous aidons à ranger le pic-nique et montons en voiture. Comme prétexte de notre précipitation, je fais comprendre à Firdaus que nous aimerions encore trouver un café internet

pour consulter nos mails. ( Et surtout, un bon moyen de reprendre en main, le cours de l'histoire)

Pour adoucir, la situation, je remets les « Toten Hosen ». A Khorog, nous peinons à trouver un café internet ouvert, le seul qui est ouvert affiche complet pour la soirée. Toutes les places y sont occupées par de jeunes gameurs en pleine partie de « counter strike ». Nous faisons encore le tour de la ville, mais sans succès!

En revenant, sur la rue principale, je demande alors Firdaus dans quelle direction il veut aller.

Il me dit qu'à droite, Je lui réponds que très bien, mais que nous nous partons à gauche en direction de Murgab.

Pas de soucis, il m'embrasse, me sert fortement dans ses bras et veut me laisser le fond de la bouteille vodka. Je refuse clairement, puisque comme il le sait, je ne bois jamais. Il me sert une dernière fois la main, visiblement satisfait de sa petite fugue. Et nous partons de notre côté, passer la nuit dans un parking que j'ai repéré à force de tourner en ville.

La ballade en chevaux

Écrit par Zélia.

Bonsoure tout le monde.  Un jour nou pareton en canpicar roulé juseke a Rash qui a des chevos.

Sur  les chevos nou savon fè dabore un petit tour.  Aprèe la  nuit on pouvè fèr une grande balade.

Sur mon dsun il y a papa et le guide.

Aurevoir.

la_ballade_en_cheveaux

La promenade à cheval dont vous a parlé Zélia a eu lieu au Kyrgyzstan à Barskoon près du lac d'Issyk-Kul. Nous avons offert ces trois jours à cheval pour l'anniversaire de Zachary et Zélia.

Le Kyrgyzstan ressemble étonnament à la Suisse avec ses montagnes, ses rivières et ses vallées vertes. Par contre, nous n'avons jamais vu autant de chevaux que dans ce pays.

J'ai particulièrement apprécié notre court séjour chez "Shepherd's Way Trekking".  L'accueil chaleureux de Rash, le professionalisme dans l'encadrement durant les ballades à cheval et l'attention dans la préparation des délicieux repas - pris dans la yourte- et autres commodités.

Si vous pensez un jour visiter le Kyrgyzstan, je vous recommande vivement de vous arrêter chez lui; il organise d'autres activités que les promenades à cheval. Je vous laisse ses coordonnées:

Shepherd's Way Trekking

Gulmira, Ishen & Raiymbek Obolbekovs

www.kyrgyztrek.com

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Florence

 

 

Des Routes de la Soie (3)

Écrit par Droopy.

Tournicoti-Tournicota...me revoilà,

 Si vous suivez nos aventures depuis le début, vous n'ignorez certainement pas que je suis tenu à voir régulièrement un vétérinaire (ou un médecin): Bref, à passer un contrôle de sécurité, pour valider mon permis de circulation. Il s'agit d'un accord avec les autorités genevoises, car le gros ne m'avait pas présenté au  «  Bureau des Autos » avant de partir.

 Ma première visite eut lieu en Pologne. La seconde, je viens de la passer au Tadjikistan!

 Sachez que votre fidèle serviteur, héros des multiples aventures que vous lisez, se porte à merveille et a obtenu une prolongation de six mois pour parcourir le monde. Nous avons dû juste vérifier les freins arrières, qui manquaient un peu de mordant.

Évidemment, j'ai eu droit aux réflexions du gros bougon. Ce qu'il peut être lourd, des fois, celui-là :

 «Droopy, tu pourrais remercier le Grand Firdaus, qui nous a accompagné partout pour faire les démarches, te concernant. D' abord, à un premier lieu de contrôle, mais comme tu as la grosse tête, nous avons pu repartir dans une deuxième station pour les grands véhicules. Ensuite, il a fallu trouver un garagiste (pour les freins), puis de nouvelle vérification à la station de contrôle. Heureusement, une amie à lui qui est la traductrice...a pu nous faire rapidemment une traduction des documents. Traduction que nous sommes retournés chercher le lendemain.

Ce n'est pas fini, il a fallu trouver une notaire pour valider la traduction. Cette fois-ci nous sommes passés chez une première secrétaire pour imprimer le timbre officiel en russe du notariat, avant qu'une deuxième secrétaire-nous couse de fil rouge tous les documents, colle un joli autocollant jaune, y apose un deuxième tampon pour qu'enfin la notaire a signe de sa précieuse main le document final.

Bien sûr, il a fallu payer, à chaque une des étapes...mais certainement moins que si nous avions été tout seul, en gentils touristes avec des chemises à fleurs et des ray-bans.

Alors, Droopy, dans le futur texte, ne viens pas dire que l'on ne s'occupe pas toi!! »

 - «  Merci Firdaus, Merci tout le monde » m'exclamai-je poliment en clignant des phares!

 Mieux vaut laisser grommeler le gros, c'est sa manière à lui de ruminer quand sa digestion est difficile!

 

Le pneu, c'est qu'ensuite nous nous sommes garés dans cette jolie cour, dont Zélia vous a parlé. Et là, j'ai eu droit à une toilette complète avec la brosse pour le dos et de l'eau bien fraîche. Au total, trois personnes pour s'occuper de moi: le gros bougonneux pour savoner, l' ado boutonneux pour frotter et la jolie babouine pour rincer. Oui, oui celle qui adore provoquer tout le temps et qui grimpe partout en poussant des cris de bêtes sauvages...vous la reconnaitrez sans peine, avec son teint de gitane et ses cheveux de sauvageonne... Faut dire tout de même qu'elle est très serviable, même si elle aime bien, toujours, tout contrôler.

 

Quand tout cela fut terminé, je me sentais d'attaque pour le Pamir et ses cols de terreur. Car à force d'écouter tous les inquiets, cela finit par foutre la trouille, le PAAAAMMIIIIIIIIRRRR!

 Entre les talibans qui se cachent derrière chaque rocher, les narco-trafiquants et leur ânes chargés d'opium, les mines anti-personnels qui bordent la route pour vous arracher une roue, les montagnes à pic qui pilonnent régulièrement la route à coup de rochers pointus, les rivières qui attendent aux aguets pour vous happer comme des amibes géantes...je ne vous dis pas ! Sans oublier les noms de certains lieux effrayants, comme Kara kul, Morgab...qui nous rappellent en frémissant « Le Seigneur des anneaux et le Mordor ».

 Et puis, juste avant de partir Ben-Laden a été tué, puis arrêté. Du coup nous nous sommes dits, c'est le bon moment. Pendant que tous les méchants seront à l'enterrement, nous passerons dans leurs dos à toute vitesse et ni vus, ni connus, le temps d'un requiem et nous serons à 4000m d'altitude entre ciel et terre.

Et bien, ça ne s'est pas passé du tout comme ça, tout d'abord, juste avant de partir, nous avons rendu visite aux spécialistes, ceux qui font les 800km de Duchambé-Khorog en 15h00: les chauffeurs de mini-bus...Et bien, ils étaient tous d'accord: "La route est bonne et asphaltée, enfin il y a quelques endroits un peu moins asphaltés que d'autres, mais tout de même la route est plate." En gros, s'il pleut pas, tout va bien...et s'il pleut...ben faut attendre que les rivières passent. Mmmm...nous regardons le ciel, il fait beau et chaud avec 35° C à l'ombre des arbres de Duchambé, alors en route!

 

Partis l'après-midi, nous comptons bivouaquer près du barrage de Norak, à moins de 100km au sud de la capitale. Mais au village, un policier nous refoule, car la ville n'est pas inscrite sur notre feuille de route. Le gros insiste en argumentant que l'on va tout de même pas mettre toutes les villes du pays sur la feuille de route, non!

Le gendarme s'en fout, il ne comprend pas le français, du coup demi-tour, nous avançons encore une trentaine de km pour nous planquer derrière des collines aux formes joliment féminines. Au loin, des tourbillons de sable, troublants messagers du soir, soulèvent de la poussière en la transportant dans notre direction.

Au milieu de la nuit... plic , ploc, plic, comme dans les livres pour enfants, tombe la pluie! Au petit matin...plic, ploc, plic, la pluie n'a pas cessé !

Et dans quel état, se trouve le rouge chemin terreux que nous avons pris la veille?

 

Le gros se lève en sursaut, et se met au volant, pour sortir rapidement du piège qui se referme sur nous! Ouf , la route boueuse n'agrippe pas encore et nous rejoignons sans problème la nationale. Quelques heures plus tard...Plic, ploc, plic , c'est tout trempé que j'entre dans Kulab dernière grande ville, avant Qualeikum. C'est le moment de prendre des vivres, avant de grimper le col de Shurabab qui lui aussidégouline sous la pluie...

La route se présente plutôt bien avec quelques nids poules remplis d'eau, mais rien d'effrayant. Au sommet l'asphalte disparaît. Disons que nous nous y attendions, c'est un peu boueux, mais à côté du Sachristan, c'est de la gnognotte. Contrôle militaire, le gros corrompt, discrètement et à la demande, un des troufions, en espérant que c'est le bon, ça passe ! Mais était-ce vraiment utile... 

Puis, nous descendons. Heureusement, il ne pleut plus, car la route est écorchée vive, dénudée de sa belle peau de goudron, la terre et les pierres se détachent et se déplacent aux grés des eaux qui ruissellent et des véhicules qui passent. Nous progressons timidement, puis soudain...plus de route, mais une rivière.

Bien sûr, cela n'effraie pas la bête de franchissement qui est en moi, le gros se câle sur son siège, l'ado brait comme un âne en rut, la babouine sautille en poussant des petits cris d'exitation, Miss Tic, imite sa soeur en s'agrippant des deux mains aux appuie-têtes, et la Grossesse, s'accroche de partout, des pieds et des mains, en se disant que finalement après trois accouchements, ces eaux qui ruissellent sous ses pieds ne sont finalement pas les siennes.

Je m'élance prudemment, et avec constance. Par chance, il y a beaucoup de pierre et peu de sable.

les pneus accrochent, mais l'eau freine la progression, j'arrache un rougissement de puissance. Une roue s'enfonce, mais continue à mordre. Sans rétrocéder des trois autres membres, je me hisse parmi les lisses cailloux. 20 mètres plus loin, la route reprend.

Un groupe d'hommes, qui a observé la manœuvre, nous salue respectueusement, les enfants lancent des Saaloom de contentement, la Grossesse lâche un SAAAAlllaaaaaaaam en soupirant, délivrance sincère, de cette épuisante fausse-couche inattendue.

RSZ_Afghan_360

Nous voilà enfin, dans cette grande vallée, où le Tadjikistan et l'Afghanistan se font face. Chacun spectateur de l'autre, partageant la comédie humaine qui depuis longtemps se vit sur les deux rives du long fleuve.(A suivre)