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Jacques || Déterminé, perspicace et imaginatif

La Métamékanik

Écrit par Jacques on 9 janvier 2013.

À Orphée, à Euridyce et aux fleuves infernaux : Chaque prison est un enfer que seule la poésie dématérialise.

Dans la planète Veturi, la mer n'existe pas. Je pense même qu'elle n'a jamais existé. En lieu et place coule l'omniprésente rivière Mékanik. Tantôt fleuve ou lac, tantôt rivière ou ruisseau, elle est l'objet de vénérations constantes par les Véturiens. Sa taille ou sa forme n'ont que peu d'importance. Seule sa présence et son humeur sont déterminantes. Car si la Mékanik décide du sort de chacun sur la planète, le véturien averti sait y découvrir les signes essentiels qui lui permettent de vivre ou de se survivre à ses côtés.

À chaque fois que l'on se trouve au bord l'eau, on se trouve forcément en présence de la Mékanik, et cette présence implique toujours un message. Quelques fois il se peut que sur la berge on trouve une admission, et si par malheur on ne s' aperçoit point de cette présence silencieuse ou criarde, ou que l'on fait simplement semblant de ne pas la voir, alors les problèmes commencent sérieusement.

Sur Veturi, les mots naissance et mort n'existent pas, ici les êtres sont admis ou échappés par la rivière Mékanik. Admissions et échappements sont les deux grands mystères auxquels les bateliers n'ont jamais pu répondre. Et pourtant parmi les bateliers, ils est commun de vivre cinq cent ans. On raconte que certains d'entre-eux sont si vieux, qu'ils ont arrêté de compter leurs années de vie.

 

C'est ainsi, car loi est toute simple le temps ne passe pas lorsque l'on vit pour la Mékanik, c'est-à-dire lorsque l'on vit sur l'eau. Il faut poser pied à terre pour que biologiquement le temps s'écoule vraiment. Ainsi les enfants de bateliers sont confiés pendant leurs sept premières années à des villageois afin qu'ils grandissent normalement. C'est toujours une période difficile, car pour le batelier, il s'agit d'un nouveau rituel d'acceptation ou sa vie est mise en jeu. Certaines fois la rivière n'accepte pas le choix que le batelier a fait en confiant le soin de son enfant. Le batelier est alors échappé et l'enfant est considéré comme un mal reçu.

 

Recevoir un enfant n'est jamais un choix sur Veturi, c'est toujours une obligation et les bateliers qui vivent constamment au bord des eaux reçoivent par conséquent plus d'enfants que les autres. Pour éviter cela ils fuient les eaux jaunes, vertes ou roses on les appelles les eaux de ressources ou les eaux colorées. Ces eaux sont plus denses que les autres et traduisent les humeurs fécondes de la Mékanik. La vie y est toujours grasse et abondante. Dans ces eaux ont trouve la plus grande diversité de poissons et sur les berges, la végétation et la flore sont un refuge pour les habitants et les animaux les plus divers. Bien entendu, c'est là que l'on reçoit le plus d'enfants.

 

Moi, je n'étais pas un batelier et pendant longtemps j'avais espéré recevoir un enfant. Ainsi j'allais tous les jours à la pêche. Je recherchais toujours les eaux les plus colorées, je m'enfouissais dans les jungles, ou dans les marécages. Mais rien à faire ! La Mékanik se montrait certes généreuse avec moi et je péchais toujours des grandes quantités de poissons, pourtant jamais je ne faisais de pêche miraculeuse, jamais je ne tombais sur une admission. Pendant 15 ans, je péchai, vendis, écaillai, vidai, lavai, apprêtai, cuisinai, mangeai du poisson, mon obsession et ma foi étaient mes seules raisons de vivre et quand je ne péchais pas, je priais avec ferveur ou chantais sans trêves des litanies désespérées sur les bords de l'eau, pour que la Mékanik, veuille bien m'entendre et exaucer mon désir. Nombreux pensaient que j'étais devenu fou et les Véturiens me surnommaient la sirène céleste.

 

Mais un jour, alors que je m'appliquais à taquiner une truite arc-en-ciel avec une de mes plus belles mouches, j'entendis un appel que je reconnus aussitôt pour l'avoir si longtemps attendu. Le cri de l'enfant pénétra ma chair et mon coeur et fis mouche directement dans mon âme, j'en oubliai la truite, laissai tomber ma canne à pêche et me mis à courir. Mes jambes s'emballaient sans vraiment savoir, où elles devaient aller, attendant un nouveau cri ou un nouveau signe pour décider de la direction et se porter vers l'enfant. Cet instant magique ou divin, qui produit une force motrice explosive et presque indomptable, se nomme l'état de «  Transe-Mission ». Un mélange de joie et de fatalisme qui confond l'esprit le plus incrédule et libère les tristesses les plus enfuies.

Un état qui consume vos désirs exaltés et brûle votre respiration par saccades comme une mort subite qui vous tue, mais qui anticipe déjà une libération sauvagement contenue. Puis, vient alors le deuxième cri, celui de la certitude, celui qui vous assure que vous n'avez pas rêvé, que votre souffrance n'était point vaine, mais bien méritée. Alors vous démarrez, sans hésitation aucune et vous vous propulsez en klaxonnant de toutes vos tripes, pour annoncer votre présence salvatrice.

Dans votre élan, la vitesse se démultiplie et vous envole au-dessus des herbes , écarquillant vos yeux, pour parer-la-brise qui tente vainement de vous aveugler, de vous distraire, de vous déconcentrer. Mais peu vous importe, vous savez déjà que le prochain cri vous précipitera du point mort haut au point mort bas, comme un piston qui s'enflamme et renaît à chaque compression. C'est alors que précisément il retentit, transperçant le vrombissement des eaux et dévoilant la position de l'enfant, comme l'éclat du soleil sur le rétroviseur de vos espoirs.

L'enfant était là, couché dans les herbes, agitant ses petits bras dans l'attente d'une étreinte que je ne tardais pas à lui offrir, son petit cœur battait fort. Je serrai le petit être contre moi et d'une voix douce et grave lui parlai tendrement. Il se tranquillisa, puis se mit à sourire. Je l'appelai Droopy. Ce qui en langue véturienne signifie « le réincarné, celui qui revient »

 

Mtamkanik

 Pour plus d'inspiration, veuillez cliquer sur la photo

 

Mis en ligne à Santa Cruz (Bolivie)

 

 

 

 


Nerita Gaiteiro Gravatar   20.01.2013 17:25
Mé-ta-mé-ka-nik.......... Oui Non Que difícil! cada vez leo matématik......por eso ahora lo he deletreado. Planeta, rio, Veturi, Mékanic, tierra, agua, pescador,.....una maravillosa historia de esfuerzo, amor y esperanza.
El resultado inigualable,Dro opy, una preciosa y ronroneante Droopy, brillante por dentro (pelin sucia algunas veces y con algún instrumento de limpieza olvidado) y supongo que por fuera.
!!!!!!!!!!!!!!! !enhorabuena Papi!!!!!!!!!!! !!! extensivo al resto de la familia.
 
 
matuteram Gravatar   18.01.2013 18:52
Désir de connaître et amour du savoir, est-ce bien une même chose ? Oui Non
Si je m’en tiens à Sucrates, mon cher Jacques, vous êtes, comme lui,un ami de la sagesse pas en sage.
Voues êtes dans l’exercice systématique de la pensée et de la réflexion pour atteindre une plus grande liberté :cela vous honore.
Vos divagations métamékaniques approchent du «jaïnisme » basé sur la non violence, le respect de la vie et la tolérance : vision juste des réalités, conduite et connaissance justes
 
 
araceli Gravatar   15.01.2013 23:21
Oui Non Voici la formule magique ou " Sesamo abrete" à employer dans votre planète " li diris ke li ne volas veturi " à répéter trois fois la nuit de pleine lune face à Vénus avant minuit et les pieds dans l'eau cristalline d'une rivière.
;)
 
 
araceli Gravatar   14.01.2013 17:19
Christophe, Héraclès = le portenfant Oui Non Citation de P. Claudel dans Le roi des Aulnes

« Tout ce qui passe est promu à la dignité d’expressio n, tout ce QUI SE passe est promu à la dignité de signification. Tout est symbole ou parabole »

Je lisais ce livre quand ton article est arrivé et certains entretiens avec toi ont émergé des fonds de ma mémoire.

" … je ne savais pas que porter un enfant était une chose si belle…. toute la gloire de Christophe est d’être à la fois bête de somme et ostensoir. Dans la traversée du fleuve il y a du rapt et de la corvée...".
A l’occasion lis le bouquin ; il est dans la série que je t’avais donnée à Madrid.Que dire de plus après le mot papa!?
Tendresse
 
 
jaume sans Gravatar   14.01.2013 14:56
Oui Non Quan vaig veure la foto al peu del teu text, vaig sentir un impuls a passar de llarg... provisionalment . Havia mirat l'album Enfer ou Mékanik i llegit el 7è episodi dels Frères rouges..i tenia ganes de canviar de temes. Només un cert sentit acadèmic, o deformació, si vols en va convencer a seguir l'ordre cronològic que després de l'alfabètic justifuica tants "desordres"
Bé ara estic contentissim d'haver-ho fet. No m'aturo a analitzar elements formals del text, però estic encisat per l'enfocament sibòlic que comporta tanta tendresa.
No sé si hi has parat atenció, però hi ha una gran modèstia en el tractament i una certa desviació del subjecte de la transmissió i objecte de les teves atencions. El pescador sembla que no realitzi massa esforç en el part. Tot arriba amb el corrent del riu. I tots els qui t'hem llegit coneixem esl esfoços teus i els dels teus. Per altra part totes les molèsties tenien com a destinatari Droopy, però en darrer terme anaven dirigits als 5sans i entorn!
Segur que no seré jo sol qui ho entengui així.
Una abraçada
L'avi i Beatrice;);)
 
 
tata banya Gravatar   09.01.2013 20:33
maki maki Oui Non

Qui Mekka nik? Mekka ne nik pas. Qui est le sujet Mekka ou Méta ? qui est donc le COD ?

Oui ,ce sujet est dans mes cordes et je retrouve dans ce texte le grand Jacques.
Ilal Aman
 
 
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