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Jacques || Déterminé, perspicace et imaginatif

Contrastes et frustrations en Absurdie

Écrit par Jacques on 20 octobre 2011.

Passer du pays le moins dense en population au pays le plus peu peuplé du monde demande certainement un effort d'adaptation. Mais vivre la liberté mongole, pendant deux mois où finalement chacun se débrouille au milieu des pistes et des steppes avec un naturel presque déconcertant, devait bien avoir son prix. Ce dernier nous l'avons payé avec un gros lot de frustrations en Chine. Les conditions vous ont été énoncée, par Florence dans son dernier article «  Nous avons joué au riche » un self driving tour, tranformé en cage à roulette express, dont quasiment le seul bénéfice réel serait de se gausser crânement d'un «  Nous avons l'avons fait à moins de 2000 $ »

 Autrement dit, nous n'avons quasiment pas profité du pays, nous n'avons presque rien compris et pour ainsi dire, nous avons vécu un rêve éveillé dont seuls la durée de trois semaines et les 4000 kilomètres parcourus ont marqué notre expérience. Oui, un de ces rêves fatigants dont le réveil

vous laisse une bousculade d'images et d'impressions incomplètes.

 Essayons de reconstruire le fil de cette traversée et de tirer quelques fonds exploitables pour reconstituer notre psychologie de voyageur ébranlée. Tout d'abord, on ne peut que relever les innombrables contrastes qui chavirent la tête et tordent l'esprit.

 

RSZfrustrations

(Cliquez sur la photo pour accéder à l'album)

 En arrivant à Erlianhote, Droopy est mis aux arrêts, dans une arrière-cour d'hôtel. Dès que nous y pénétrons, une ventilation énorme nous rabat les oreille. Nous décidons de nous parquer le plus loin possible de celle-ci, en espérant qu'elle ne tournera pas jour et nuit. Une fois installés, les reflux des canalisations nous chatouillent les narines désagréablement comme brise épicée de selles en putréfaction, puis un chauffage central au charbon, logé dans un réduit à proximité, exhale de fortes odeurs de combustion qui peu à peu viennent nous racler la gorge. Le temps d'obtenir tous nos permis pour traverser le pays, nous pourrons, ainsi, nous initier spontanément aux diverses formes de pollution de cette cour aux charmes inoubliables.

 

Dehors, c'est-à-dire en ville, silencieusement vélos, vélomoteurs et scooters, tous électriques tiennent le haut du pavé. De même quelques jours plus tard à Xian (8-12millions d'habitans). nous apprenons que les transports publics, les taxis et bon nombre de véhicules fonctionnent tous au gaz. Bien sûr tout cela se passe sous un ciel gris, malgré l'absence de nuages. A la clarté du ciel, on devine les tentatives infructueuses du soleil qui derrière le rideau opaque de smog, se bat pour entrer en scène. Sachez tout de même que si les chinoises ont un teint si joli, c'est que leur peau est ainsi préservée des rayons du soleil.

 Pour réussir notre pari et traverser les vastes terres du milieu, il nous faut absolument prendre l'autoroute et délester régulièrement nos portemonnaies, lors des péages hi-tech chinois. A chaque passage à la caisse, notre véhicule est filmé, photographié par les caméras et notre plaque est relevée par la souriante agente des autoroutes. Tout est informatisé au point d'être presque suivi kilomètre par kilomètre. Ne croyez pas que j'exagère, car preuve en est, la vitesse d'intervention de la police des autoroutes a de quoi faire pâlir la meilleur patrouille d'intervention du TCS. Nous avons crevé par deux fois, dans notre parcours et en moins de dix minutes, les agents étaient là, sans que nous les appelions. Comment ont-ils été si vite informés ?

 

Depuis la chaussée nous contemplons, autant que nous pouvons le paysage et la campagne omniprésente. Partout, il y a des petits champs, des petites terrasses et si chaque paysan travaille à la bêche, les tracteurs, eux, sont inexistants et auraient certainement de la peine à labourer de si petites parcelles. Parfois, un buffle aide à la labeur de ses travailleurs d'un autre âge. Tantôt une femme, bat encore le blé au fléau, tantôt les épis de maïs sont égrainés, à la main, puis mis à sécher sur le bord même des routes, des ponts, des toits enfin sur n'importe quelle surface plane qui ne soit pas cultivable.

 Les montagnes chinoises ressemblent souvent à des pyramides mayas, peu importe le type de culture: blé, maïs, bananiers, bambous, caoutchoucs, thé, tomates... Degré par degré, les terrasses d'arbres et de plantes gravissent le sommet, rien ne résiste aux millions de mains puissantes de la formidable armée agricole chinoise. En Chine, tout pousse, tout croît, la nourriture abonde ainsi dans les marchés.

 Dans les régions, où il y a un peu plus d'eau, ce ne sont plus les champs qui nous surprennent, mais les viviers de poissons qui s'étendent les uns à côté des autres. La Chine à signé un pacte avec la déesse de la reproduction...Elle reproduit tout, la nature vivante comme la nature morte.

 Au milieu des enseignes aux idéogrammes moqueurs, nous n'avons guère le temps d'apprendre à reconnaître les noms ou les marques. Les produits de bases sont tous chinois, les produits de moyenne gamme aussi, seul les produits de luxe ou de dernier cri sont écrits en lettre latine...mais on le sent bien, ce n'est qu'une question de temps, car le générique est déjà certainement en fabrication dans quelque usine inaccessible aux selves-drivers que nous sommes.

 Heureusement, la nourriture est excellente et fraîchement tailleé, découpée, écaillée ou déplumée peu importe le restaurant que nous choisissons, même le restoroute est meilleur que n'importe lequel des self-services européens et un repas nous coûte de 7 à 15 francs pour toute la famille, 25 francs dans un restaurant de classe. Par contre l'hygiène dans la rue, les marchés, et les cuisines renverse même les mouches. Entre la noircissure des poêles à charbon, les carrelages enduits de graisse ou d'huile, les crachats à côté des tables et des chaussures, il vaut mieux penser avec son ventre ou sa langue que de manger avec les yeux.

 C'est alors que nous nous régalons, car les plats défilent et si certains reviennent de temps en temps, comme les pommes de terres effilés ou les racines de lotus, pour le reste, rien ne se ressemble et cette diversité ravissante nous manquait depuis la Turquie.

 En Chine les petites villes sont énormes et comptent facilement 2millions d'habitants autant dire que dans les grandes villes comme Xian ou Chengdu, il y a foule. Les toilettes publiques cumulent en général deux files de pissoirs et de vespasiennes au total de quoi mettre facilement 40 à 60 personnes en même temps. Pour l'intimité essayer de trouver une heure creuse et vous trouverez l'équipe de nettoyage entrain de frapper à votre porte. En ville, dans les musées, les magasins, les transports publics...bref partout il y a du monde. Mais si pour nous, cela est vite inconfortable, les chinois eux semblent vivre cela très bien. Leur sociabilité à de quoi vous laisser bouche bée. Quoi de plus normal pour un chinois que de s'inscrire à un groupe de danse, de taï-chi ou de gymnastique et d'exercer son sport favori, sur la place de la Pagode à Xian, avec 40 copains, parmi une foule de plusieurs centaines de personnes.

 Contrairement à la nourriture, les lieux à visiter nous estomaquent: de 15 à 25 francs l'entrée, mieux vaut donc rester à table que d' étouffer au milieu de mille chinois, venus contempler le même boudha que nous. Comble de malchance, une de nos semaines coïncidait avec les vacances nationales. Sur les lieux, les familles chinoises étaient aussi attirés par nous que par les attractions nationales. Ils s'arrachaient Zélia et Zachary, pour les offrir comme décor de photo au dernier de la famille. Et si par un quelconque stratagème, ces derniers parvenaient à éviter la photo, c'était à notre tour de servir de toile fond pour leur souvenir de vacances. Cela fait toujours un drôle d'effet que de recevoir une rafale de 20 photos à bout portant, sous le regard amusés de trois pandas géants qui pour une fois ne sont pas pris comme cible!

 Ceci dit, nous avions dès lors, de bonnes raisons de fuir tout lieu indiqué par les belles pancartes brunes qui annoncent toujours les attractions touristiques.

 Contraste dans le contraste, notre groupe s' évertuait à jouer les «  Trois Suisses » avec cette ponctualité qui nous est propre. Chaque matin les moteurs denos véhicules démarraient à 8h00 souvent le notre, en premier, bien conscients de la lenteur de Droopy.

 Une organisation qui vise l'objectif premier, ne pas perdre de temps. Chaque halte se voit donc rentabilisée, pour cumuler les besoins essentiels, manger, faire le plein de fuel et des eaux, vidanger les vessies et faire quelques courses. Une autocensure qui limite le vrai voyage, celui qui laisse le temps à l'imprévu, à la rencontre et à la découverte. Le soir après avoir bouffé notre quota d'heures et de routes nous cherchons avant tout un endroit calme pour nous reposer. Entre nous, on parle anglais, français, allemand et bien sûr suisse-allemand ce qui n'est guère dépaysant !

 Je me plais, par instant, à imaginer que l'on nous a enfermés dans une galère chinoise où à la place de ramer, on nous as ordonné de rouler, en tenant la cadence. Chacun fait de son mieux, mais la frustration transpire, échauffe et échaude nos habitudes helvétiques qui n'apprécient guère la dépendance et les diktats non soumis aux votes populaires. Nos pauvres guides sont alors contraints à jouer des rôles encore plus absurdes. Ces derniers connaissent certes le chinois et la Chine, mais sont de piètres navigateurs ou conducteurs. Face à l'expérience du groupe, ils ne peuvent pas faire le poids...leur futilité ne peut qu'augmenter de jour en jour, malgré leur bonne volonté. Aider du GPS de Chrigi ou de nos réflexes prompts à reconnaître les carrefours clés et les pancartes essentielles...ils sont trop lents ou alors contraints de demander la route aux locaux.

 Ils aimeraient bien nous montrer quelques jolis en coin en plus, mais le temps presse et le danger qu'un des véhicule tombe en panne , n'est pas nul. D'ailleurs Droopy supporte avec peine la cadence et montre des signes évidents de fatigue. Pour le prix que coutent les guides nous aurions pu passer un mois de plus à vraiment visiter le pays. C'est le comble de l'absurde!

 Pour s'assurer tout de même quelques espaces, le groupe se sépare par deux fois. Une première sans réelle permission, la seconde en faisant un compromis. Cela nous octroie le temps de rencontrer quelques espérantistes à Xian et à Chengdu, une maigre consolation qui nous permet tout de même de glaner quelques infos sur le mode vie des chinois.

 De leur côté, nos amis de routes s'offrent quelques visites, délestés de notre présence ralentissante. Mais au final, deux bouchons ainsi qu'une route défoncée à Panzihua viennent torpiller la visite la plus importante de la traversée. Nous ne verrons pas les vieilles villes de Lijiang et ses environs magnifiques.

 Le choix est à nouveau frustrant, mais raisonnable. Cet art du compromis, nous permettra d'atteindre le Laos entier et dans les temps. Une manière de voyager qui pour ma part me rappelle la course effrénée du Lapin dans Alice au Pays des Merveilles !

 Ceci dit nous avons désormais accompli la partie la plus difficile de notre voyage en atteignant le Laos, où depuis quelques jours, nous vivons heureux et avec beaucoup d'enfants !

 


Jacques Gravatar   15.11.2011 10:08
Réponses Oui Non @ Araceli, Le Blondel, il n'a jamais dû être vraiment déraisonna ble...enfin va pour pertes et profits car ce cahier là, il est facile à remplir, ha,ha,ha!!:'(
@ Mamyjeanne, Le plus positif, c'est qu'on apprécie encore plus la liberté retrouvée...on peut à nouveau se défouler à coup de baguettes de bamboo sur ces cancres de gamins qui font l'école buissonnière!!;D
@ Maki,maki, Et s'il nous découpent en rondelles, comme il circoncisent les montagnes, nous avons pas fini de souffrir...par contre, on sera trempés, entre leurs délicates baguettes, lambeaux par lambeaux, dans la fondue bouillante ...arf, je crois que je vais à nouveau frapper les enfants pour m'enlever quelques frissons.
@ Nerita, hablar chino, para que te coman crudo, NO! Mejor esperar que me metan en la sopa sin que me lo espere. En este sentido tengo carne de avestruz (vale mas que la de pollo, corre mas rapido!)

Ah! on se sent mieux, certaines fins ont du bon. :)
 
 
Nerita Gaiteiro Gravatar   02.11.2011 20:14
Una experiencia importante Oui Non a todos los niveles. La ocasión de comprobar cuanto hay de verdad en lo que nos contaron del pais, una forma de comprender el dicho " trabajar como chinos", de saber como inundan los mercados mundiales, de empezar a aprender otra manera de competir que la nuestra, de aprovechar nuestra tierra con la cabeza, etc, etc, etc..... claro, que no todo es perfecto, que se le va ha hacer. Creo que sería conveniente empezar a aprender el idioma.
La ciudad de la que hable es Da Fen (la de la pintura).
 
 
tata banya Gravatar   23.10.2011 13:38
maki maki Oui Non Ah mon vieux, tu te rappelles de l'image ? Gulliver par terre et les Lilliputiens l'attachant avec des milliers de ficelles pas plus épaisses qu'un cheveu? Tu verras bientôt que la grosse économie mondiale – notre Gulliver moderne- n'aura la même chance que Gulliver l'ancien: les chintoks ont mieux appris le système d'amarrage et ficelage!Tout ça d'appris
Ilal Aman
 
 
Vonaesch Gravatar   22.10.2011 07:05
avec beaucoup d'enfants?? Oui Non En avez vous récupéré un ou 2 supplémentaire ?
Vu ton esprit indépendant il n'y a rien d'extrordinaire que tu préfères la Mongolie et le reste de la famille Flo, les enfants qu'en pensent-ils
Quant au fait que vous ayez dû rouler sans arrêt, c'était prévisible vu la grandeur de la Chine et le nombre de jour dont vous disposiez.
A part la nourriture qui fait l'unanimité, n'y a-t- il rien de positif dans cette traversée?
Pour les enfants, oui, ils n'ont pas dû faire l'école. Bonne récupération.Bises à tous Mamyjeanne
 
 
araceli Gravatar   21.10.2011 15:09
pertes et profits Oui Non Le rôle de la raison est de montrer qu'il faut aller plus loin qu'elle, Maurice Blondel dixit.
La vie a toujours été, sur ce point particulièrement, fort généreuse avec toi et tu as, souvent, su lui laisser jouer son rôle sans lui permettre d'égratigne r le tien. Donc : Chine au chapitre des pertes et profits!
Tendrement

;)
 
 
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