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Jacques || Déterminé, perspicace et imaginatif

Premier Pas en Russie

Écrit par Jacques on 9 août 2011.

Nous avons un petit mois pour traverser la Sibérie et rejoindre la Mongolie. Et comme si ce n'est pas déjà assez long, nous acceptons avec enthousiasme l'invitation de Kostik pour le rejoindre au Nord du lac Baïkal. Une idée un peu saugrenue pour celui qui connaît vraiment le détour de 1500 km que l'on va s'offrir, dont 1000km sont sur des routes sans asphalte.

 Mais les « 5 Sans » ont traversé le Pamir, et ils ne peuvent pas imaginer que les routes Russes les feront autrement souffrir que les routes Tadjikes. Et pourquoi se rendre où tout le monde va, si on nous propose justement le contraire? C'est bien sûr avant tout pour connaître le goût des fruits défendus et vous en rapporter un peu de leur arôme.

 Depuis Astana, nous calculons la route la plus courte et la plus adéquate pour parvenir à Nizhneangarsk. Kostik questionne de son côté, pour savoir si les routes sont terminées ou encore praticables. Du mien, j'additionne les kilomètres. Finalement 3000km nous séparent qu'il faudra combler rapidement si l'on veut rester quelques jours à Nizhneangarsk, car après il nous faudra encore faire plus de 1500km pour rejoindre Ulan-Ude, puis la Mongolie.

 Mon Dieu que la Russie est grande! Et dire que nous n'en verrons qu'un tout petit bout. Mais voir ces champs cultivés a perte vue, qui s'amusent à emprisonner des forêts de leur long bras verts me laissent bouche bée. C'est presque incompréhensible, comment quelques kilomètres plus au sud, il n'y avait rien que de la steppe et qu'ici, la végétation pousse de toutes parts. Au-dessus de nous des rapaces de toutes tailles surveillent les moindres proies. Parmi les herbes et les fleurs des milliers d'insectes bourdonnent et volètent de tous côtés. Les forêts grouillent également de mammifères en tout genre et d'oiseaux plus discrets.

 La nature même cultivée par les hommes garde toute sa splendeur et sa grandeur, rarement j'avais entendu parler de la Sibérie comme un lieu regorgeant de vitalité et de verdure. La force de la nature est d'une telle ampleur que les routes sont construites sur des digues comme pour éviter les assauts de cette dernière qui à tout moment pourrait rapidement reprendre ses droits. Plus tard, quand nous traverserons la Taïga nous nous en rendrons encore plus à l'évidence.

 D'une ville à l'autre, les villages semblent inexistants, les maisons et les fermes également, mais alors qui laboure ces champs, ou se cachent les hommes et les machines agricoles? C'est en nous enfonçant dans les petites routes en terre qui pénètrent dans la forêt que nous trouverons notre réponse. Bien cachés derrières quelques kilomètre de forêts, semblent sommeiller ces magnifiques petits villages. Rien que des maisons en bois aux barrières et aux fenêtres peintes. Tout respire la simplicité, celle des bûcherons-paysans. Celle de ces hommes qui vivent toujours et encore au contact de la nature. Rien avoir avec notre Europe prônant l'écologie et dont quasiment plus personne ne sait ni labourer un champ ou couper un arbre. Ici l'empreinte des temps, celui qui s'écoule et celui des saisons se ressent au plus profond des maisons que l'humidité endolorit, recroqueville et ratatine comme de vieilles babouchkas centennaires.

 

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(Cliquez sur la photo pour accéder à l'album)

 En trois jours à peine, nous atteignons Krasnoyarsk où nous sommes attendus par les espérantistes de la ville. Professeur d'espéranto confirmé, Sergei est notre contact principal, et c'est à côté de chez lui que Droopy trouvera sa literie.

 Scientifique et chercheur passionné, Sergei a le profil même du personnage de dessin animé. Son petit corps discret ne peut concurrencer avec sa tête au front proéminent, qu'en émettant de temps en temps quelques toussotements timides, tentatives maladroites d'affirmer sa présence.

 Rapidement, le ton assuré et doux du discours chercheur nous fait oublié son physique, pour prêter attention à ses paroles remplies d'humour et d'ironie. Sa maîtrise de l'espéranto achèverait de convaincre les derniers récalcitrants qui s'obstinent à prétendre que l'espéranto ne peut égaler une langue nationale.

 Le soir nous faisons plus ample connaissance, j'apprends ainsi que le professeur a contribué à la conquête spatiale, à l'époque où les russes damaient le pion aux américains. Et que sa maman était àl'âge de 16 ans, au front, lors de la bataille de Leningrad face au nazis. En peu de temps, nous abordons de nombreux sujets historiques qui nous tiennent à cœur en riant des absurdités et des contradictions qui remplissent l'univers des êtres humains.

 Chaque soir, je revois ainsi ma connaissance sommaire de l'histoire, sous un éclairage russe qui offre bien des intérêts, quand on sait à quel point nous ne connaissons que ce que l'on veut bien nous raconter en occident. Nous passons ainsi en revue de nombreux sujets comme la persécution des espérantistes sous Staline, les guerres d'Afghanistan ou de Tchétchénie ou encore l'effondrement du bloc soviétique ou les luttes de pouvoir au sein de la ville de Krasnoyarsk. Avec Sergei ce ne sont pas les sujets manquent mais le temps pour en discuter.

 Ce n'est à chaque fois que vers deux trois heures du matin que nous nous séparons pour quelques heures de sommeil. La journée nous visitons la ville ou les administrations pour nos démarches et rencontrons également les autres espérantistes de Krasnoyarsk qui ont eu connaissance de notre présence et qui veulent nous rencontrer.

 Nous faisons connaissance d' Ala, Evelyna et Zoya qui nous emmènent faire un petit tour télésiège sur les monts qui entourent la ville. Puis nous mangeons les fameux raviolis russes tous ensembles.

D'autre espérantistes nous rejoignent et nous terminons notre dernière soirée chez Zoya.

 Sergei reçoit encore des appels d'espérantistes qui veulent nous rencontrer. Malheureusement nous devons quitter la ville, le lendemain, si nous voulons profiter un minimum du lac Baikal et de la famille de Kostik.

 C'est ainsi la tête pleine d'anecdotes et de visages que nous reprenons la route. Nous dormons dans les champs de fleurs, les chemins forestiers, ou auprès des rivières pour reprendre la route, dès le matin, et rouler le plus possible.

 Sans peine nous arrivons à Severobaikal après 4 jours dont deux passer sur les pistes poussiéreuses. Seul un pneu crevé et une bosse d'anthologie sur le front de Zachary sont venues retarder notre progression Napoléonienne.

 A Severobaikal Kostik vient nous trouver pour nous emmener chez lui.


Jacques Gravatar   01.09.2011 04:03
Oui Non @ maki maki : ooooh! cela pourrait payer bien pplus que tu ne l'imagine, mais d'une monnaie autrement brillante que celle qui sonne et qui trébuche! ;)
@jaume : Quina malasort que no em pogut veure la toundra, molt mes al nord. Aixo també m'agradaria! Pero amb la Mongolia també tenim uns paisages delicios...ya arriven dins un par de dius les fotos. ;)
@Nerita : Ya vamos sembrando como podemos...tal vez sea tarde per nunca sin esperanza! Un beso.
@Araceli: Houlalala!! Un triple post (comentaire), la vitesse à bon dos ,il me semble! Pour l'instant nous n'avons pas croisé de chamanes,malheu reusement il ne courrent pas les rues. Par contre lestumulus de pierre ou les tissus accroché aux arbres abondent en tout lieu. Sur l'undeux nous avon accroché un slip de Zachary, faute de mieux,...je sens que ce lieu va se souvenir de nous!
@Caroline: la Russie et l'espéranto font bon ménage...une vrai joie de la découvrir par ce biais ;)
 
 
Caroline Gravatar   19.08.2011 19:09
Oui Non Je pense à vous alors que l'on commémore les 20 du putsch soviétique. Je me souviens bien de ce jour-là, j'étais en vacances en Valais : ma mère m'a réveillée pour m'annoncer que Gorbatchev avait été renversé. C'est la suite d'une conscience politique née en 1989, avec l'Allemagne et la Roumanie de ma vie d'adolescente. 20 ans déjà! et pour le simple pékin (si j'ose dire), la Russie reste encore très mystérieuse, en partie due à sa grandeur, je pense. Vous me donnez bien envie de la découvrir...
Et moi, vous m'avez convaincue de l'importance de l'espéranto, même si je ne trouve à l'heure actuelle pas le temps de m'y mettre! Mais ça viendra!
 
 
araceli Gravatar   15.08.2011 13:39
Au bord de la rivière Oui Non Idyllique! Quelle beauté. Quels paysages! Quelle rivière enchanteresse aux poissons uniques au monde! Qu'ils puissent garder leurs chatoyantes couleurs!
Sacré Droopy, il fait des roues et des" paliers" ( es el nombre en español de la pieza que has roto y me recuerda el pantano de Córdoba, en donde aprendí a conducir con un camión que sacaba arena del rio … y se me rompió la misma pieza…Satur me dejo con el chofer y el mecánico "para que estuviese al corriente la próxima vez !!!) pour se rendre intéressant!
La scène des mécanos ressemble comme une sœur à celle que j'avais vécue! Gloire à toi, digne fils de ta mère.



;)
 
 
araceli Gravatar   15.08.2011 09:19
la vitesse...est dangereuse Oui Non Accepte toutes mes excuses: je viens de relire ton texte et je m'aperçois du décalage entre sa date de parturition et les infos que j'avais eues oralement de l'endroit où vous êtes actuellement ! : j'attends donc patiemment!
Description passionnée et passionnante:av anti carissimo!;)
 
 
araceli Gravatar   15.08.2011 09:12
Oui Non As-tu oublié ou égoïstement gardé pour toi de nous parler des Bouriates qui vénèrent le lac et le tiennent pour sacré?
Avez-vous pu participer aux cérémonies pratiquées par les chamanes (les smalgas) pour s'attirer les bonnes grâces des esprits, où ils attachent de lambeaux d'étoffes multicolores aux branches de bouleaux?

;)
 
 
Nerita Gaiteiro Gravatar   15.08.2011 09:00
Mis felicitaciones Oui Non cariño, has tenido la suerte de conocer, ver y respirar un pedacito de aquel jardin sobre el que hablaba Moustaki (--il y avait un jardin qu'on appelait la terre , il brillait au soleil comme un fruit défendu....) y del que hoy quedan algunos restos desperdigados , quizás por haber estado lejos de las manos destructoras y deseosas de poder de nuestro "maravilloso" mundo occidental, Atila del presente. No lo olvideis nunca y hablad de él a todos, las semillas al viento pueden caer en tierra fertil y dar su fruto y ¿quien sabe?.....en el futuro los pequeños llegados y los por llegar cifren mucho de su felicidad en las cosas sencillas porque la esperanza ha de ser siempre lo último que se pierda. Las fotos para mirarlas más de una vez.  
 
jaume sans Gravatar   11.08.2011 15:58
Oui Non Abans de llegir el teu reportatge i després de contemplar les fotos de la Taiga he mirat la data i vaig que és del dia abans del teu aniversari. Avui és un dia després i suposo que ho haureu celebrat amb una sèrie de vivències i records inesborrables.
Recordo que quan estudiavem geografia em feia un bollit d'estepa, tundra i taiga... Ara se m'han aclarit un xic més les idees, si bé un dels aspectes que demanarien l'experiència s'ha d'escapar per força... el de la immensitat d'arbres, de flors, de conreus, d'extensions d'aigua, d'indrets sense habitacles.
Extraordinari com tu dius l'impacte que deu deixar el poder de la naturalesa.
Interessants els contactes amb esperantistes amb tants punts comuns i em tanta diversitat d'enfocaments segurament.
Gràcies pel reportatge i les fotos
Petons a tots. Es bonic veure les cares de satisfacció entremig de paisatges, flors i carroussels.
L'avi i Beatrice;);)
 
 
tata banya Gravatar   10.08.2011 15:56
maki maki Oui Non Ok. ok. ok. vu ta passion à décrire tes contactes émparatis tes , je sens que je vais me payer un petit cours de rattrapage , ou d'initiation: ça peut payer,un jour où l'autre un espérantiste à Genève aura besoin de mes services .Génial le grand Jacques, le bonheur déteint ton bleu de mécanicien improvisé.
Ilal Aman
 
 
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