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Florence || Dynamique, patiente et joviale

La Ville Cachée

Écrit par Florence on 17 novembre 2011.

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 Émue par ce pan dramatique de l'histoire laotienne, je prends la place de Zachary pour vous relater notre découverte de la ville cachée.

 

Au nord-est du Laos, non loin du Vietnam, la province montagneuse de Houaphanh a été la cible d'intensifs bombardements américains de 1964 jusqu'à 1973. Pendant ces neuf années, 20'000 laotiens, l'administration du mouvement révolutionnaire pour un lao indépendant et des volontaires rejoignant la révolution se sont cachés et protégés des bombardements dans des montagnes transformées en un réseau de caves. Cette région est connue dès lors comme le lieu de naissance, en 1975, de la République Démocratique du Laos toujours en vigueur aujourd'hui.

 

Arrière plan du conflit:

Pendant la colonisation française de l'Indochine (Laos, Cambodge et Vietnam) un mouvement nationaliste s'est créé au Laos dont le but était le contrôle du pays par ses propres citoyens.

A la fin de la 2ème guerre mondiale et du colonialisme, un traité franco-laotien a été signé pour la création d'un Laos indépendant et d'une monarchie constitutionnelle. Mais cela ne suffit pas à stabiliser le pays.

Pendant les années cinquante, dans le climat de guerre froide, les USA versèrent de l'argent au Laos afin d'influencer la politique du pays et d'enrayer la création d'idéologies communistes; ce que faisaient justement le mouvement nationaliste pour un lao indépendant « le Pathet Lao ». Le Pathet Lao avait effectivement établi son pouvoir à Houaphanh et Phongsali, où le siège central de son gouvernement était basé dans les grottes des montagnes de la région. Le reste du pays restait par contre sous l'influence du gouvernement monarchique. Mais les USA étaient déterminés à stopper l'influence grandissante du Pathet Lao. Ils construisirent secrètement une base militaire où ils stationnèrent des avions de guerre. Contrairement à la guerre du Vietnam, la bataille menée au Laos était inconnue. Même le gouvernement monarchique qui autorisa le déploiement des forces aériennes américaines sur le sol laotien, ne mesuraient pas les conséquences de sa décision.

 

Création de la ville cachée:

En 1964, les bombardements intensifs de la province de Houaphanh commencèrent. Les chefs du Pathet Lao comprirent aussitôt le danger et ordonnèrent à tous les habitants des environs de venir s'abriter dans les grottes des montagnes ou à l'abri des forêts.

C'est ainsi que la ville cachée commença à se construire. Nous avons pu visiter quelques unes des 200 caves de la ville et entendre, grâce à un enregistrement audio, les témoignages poignants de survivants de l'époque.

 

Construction de la ville cachée:

Quelques caves servant de salle de réunion au Pathet Lao existaient déjà, mais elles étaient insuffisantes pour abriter tout le monde. Il a donc fallu les élargir, dynamiter et creuser les montagnes, déblayer les roches, renforcer les grottes par la construction de plafonds, de murs et de planchers; puis séparer chaque cave en chambres et bureaux. Les hommes travaillaient 24 heures sur 24 en équipes de jour et de nuit. Des réservoirs d'eau furent prévus ainsi que des « chambres d'urgence » semblables à nos abris anti-atomiques suisses, en cas d'attaque chimique. Elles étaient équipées de filtres à air mécaniques et de portes métalliques.

Les cuisines au feu de bois étaient toujours à l'extérieur des caves. Les habitants devaient se lever à 5 h. du matin pour cuisiner une heure de temps les plats de la journée avant le lever du soleil et avant le début des bombardements. De même à 18 h., au coucher du soleil ils pouvaient cuisiner le repas du soir.

Plusieurs caves communiquaient entre elles, créant un large complexe sur plusieurs étages! Une communication sûre et efficace étaient nécessaires dans toute la ville: des sirènes d'avertissement des attaques aériennes, des messagers et un téléphone interne étaient opérationnels avec noms de code et mots de passe. Une radio diffusait des nouvelles dans tout le pays et des journaux et des livres étaient également imprimés et distribués !

 

Organisation de la communauté:

Pendant ces neufs années, afin de se défendre et de survivre, chaque personne avait une tâche bien déterminée: hommes et femmes de tout âge étaient entrainés pour défendre la communauté. Ils possédaient des armes procurées par les pays communistes qui les soutenaient: le Vietnam, la Chine, la Mongolie et l'URSS, afin d'abattre les avions américains. Ces mêmes pays aidaient aussi par d'autres dons tels que de l'essence pour faire tourner les générateurs qui éclairaient et assuraient le bon fonctionnement des grottes principales: écoles, hôpitaux et salle de réunion. Des dons de nourriture en boîte pour suppléer les difficultés à cultiver les terres et élever des animaux. Mais les gens étaient débrouilles et cultivaient le riz jusque dans les cratères des bombes ou sous le couvert de la forêt où ils allaient aussi chercher des racines de bambou, des fruits et des légumes pour améliorer l'ordinaire. Les travaux des champs avaient lieu de 18h. à 22h. ou grâce à la lune pleine jusqu'à minuit; puis de nouveau de 3h. à 6h. du matin. A chaque sortie des abris, chaque détail avait son importance pour ne pas se faire repérer du ciel: les habits devaient se confondre avec la nature et beaucoup de bêtes furent abattues car les pilotes américains savaient que: « où il y a des bêtes, il y a des hommes ».

Les femmes avaient spécialement une surcharge de travail: remplacer au travail les hommes partis se battre, cultiver les terres pour nourrir la famille, élever les enfants et cuisiner; le tout accompli seules!

Les enfants pouvaient poursuivre leur éducation et le Pathet Lao créa même un programme pour contrer l'illettrisme des paysans de la région. Les enfants suivaient les cours le matin et les adultes l'après-midi. L'école secondaire et tertiaire était par contre poursuivie au Vietnam.

Pour les enfants, grandir dans les caves étaient particulièrement ennuyeux puisqu'ils n'avaient pas le droit de sortir la journée. Ainsi, tous les loisirs organisés dans la grande salle de réunion étaient bienvenus: projection de films, spectacles présentés par des artistes venus spécialement se produire dans la ville cachée. Les cérémonies religieuses, fêtes et mariages étaient aussi célébrées, mais plus simplement.

Enfin, tout un réseau de soins étaient accessibles dans les « caves-hôpitaux » dont la construction et l'assainissement reçu l'aide des vietnamiens. L'un d'eux, le plus grand s'appelait « l'hôpital de l'amitié ». Le personnel était formé de docteurs et infirmières laotiennes, mais aussi de docteurs vietnamiens et cubains venus soutenir le peuple laotien.

 

Fin des bombardements:

Malgré les millions de tonnes de bombes lâchées sur le Laos, l'influence politique et militaire du Pathet Lao au début des années septante, directement depuis la ville cachée, continua de s'étendre dans la plupart du pays, sauf dans les villes de la vallée du Mékong. Les USA n'arrivaient pas à les vaincre... Les alliances en place pendant les années de conflit impliquaient que la paix au Laos était dépendante de la paix au Vietnam. En janvier 1973, un cessez le feu fut signé entre le Vietnam et les USA. En conséquence, en février, un cessez le feu fut également signé entre le gouvernement monarchique et le Pathet Lao.

Les habitants de la ville cachée purent sortir de leurs abris et reconstruire des maisons parfois non loin des caves. La ville construite fut nommée Viengxay, ce qui signifie: « ville de la victoire ».

Le 2 décembre 1975 (jour de fête nationale au Laos), le Pathet Lao avait gagné du pouvoir sur l'entier du pays. Le Roi abdiqua et la République Démocratique Laotienne fut établie, ce qui signifiait que le Laos était enfin complètement indépendant.

 

Conséquences actuelles des bombardements:

Pendant ces neufs années de bombardement, des 270 millions de bombes lâchées, on estime à 30% le nombre de bombes qui n'ont pas explosées sous l'impact. Ces bombes non explosées disséminées un peu partout sur le sol laotien notamment au nord-est, tuent ou blessent encore aujourd'hui une personne par jour.

Assez vite, à la fin du conflit, les vietnamiens aidèrent les laotiens à déminer les sols, mais la tâche est loin d'être achevée. Lors de nos promenades dans la région, nous avons croisé plusieurs fois des voitures de démineurs et nous en avons même vu à la tâche! De nombreux cratères de bombes ont été laissé à titre d'exemple et c'est tout simplement impressionnant de voir concrètement la taille du trou surtout quand il y en a tous les 20-30 mètres !!

 

Sans avoir influencé leurs pensées, les enfants ont exprimé d'eux-mêmes que: « décidément les USA font du mal un peu partout dans le monde... ». Il est vrai qu'en prenant connaissance de ce pan de l'histoire laotienne, il semble incroyable que les USA n'aient pas signé la convention contre les mines anti-personnelles de 2008 !

 


Nerita Gaiteiro Gravatar   24.11.2011 13:14
Me había olvidado Oui Non de contaros que entre el 28 de noviembre y el 02 de diciembre se celebra en Camboya la 11ª reunion de paises miembros del tratado de Otawa.Así podreis estar atentos a si sale algún acuerdo que merezca la pena o.......Ja!...... ya que estais en Indochina, acercaros a dar una vuelta por allí.  
 
Nerita Gaiteiro Gravatar   23.11.2011 14:24
Por desgracia, Oui Non Por desgracia, son siempre los mismos países y los mismos intereses. Laos, creo, ha sido el país más bombardeado del mundo. Y no olvidemos Camboya , Angola y Afganistán o Sudán Mozambique, Somalia, Irak o Colombia, El Salvador, Nicaragua y hasta en Europa -.Bosnia –Herzegovi na y Croacia-. Poner una mina no llega a dos euros pero quitarla son más de setecientos y muchas veces son las mismas empresas productoras de minas las que se ocupan de desminado…!sangran te, no es cierto?, pero un negocio redondo. Los muertos no son más que “daños colaterales” ¡ Tenemos el Tratado de Otawa, claro! pero al día de hoy solo lo han ratificado 158 paises ( el último Sudán del Sur este mismo mes) y en esa lista no están ni Estados Unidos, ni Rusia, ni China ni India entre otros muchos. Y si no son minas, son armas, petróleo, oro, diamantes, coltan……que más da mientras produzcan beneficios millonarios. Y desde luego Europa no queda libre de pecado…… mientras tanto solo nos queda gritarlo bien alto e intentar que grandes y pequeños comprendan que el fin no es tener sino compartir. Me alegra infinito saber que vosotros lo haceis tambien.  
 
jaume sans Gravatar   20.11.2011 15:37
Oui Non Et pourtant on n'a rien apris...
On n'a pas apris que avec de bombes, avec de la violence... on n'obtient rien d'un peuple décidé a lutter pour sa libertñe
USA a consacré le soidisant "droit d'intervention". Et les autres pays l'ont suivi.
Et la pagaille contiinue. Il faut regarder l'Afganistan,l'Irak, l'Egipte,... et on verra bien qu'est-ce qui se passe dans d'autres pays dont on ne cesse de louer l'actuelle stabilité et la recuperation économiqu e....
On a reussi même a cacher l'histoire. Derrière la ville caché il-y-a l' historire cachée.
Bienvenu tout ce qui peut aider à la recuperer.
Merci, Florence
Bisous à tous
L'avi et Beatrice ;);)
 
 
araceli Gravatar   17.11.2011 22:32
« où il y a des bêtes, il y a des hommes » et où il y a des des hommes... Oui Non Les "indochine":France,USA,Lao s, Cambodge et Vietnam

Une leçon d'histoire du passé qu'illustre malheureusement , pour ceux qui gardent les yeux ouverts et un esprit critique intacte, les guerres d'intérêt, larvées, actuelles, que des survivants raconteront demain à quelques rares voyageurs curieux.Te rappelles-tu des cités souterraines turques?
Merci Flo pour ce cris poignant et enflammé.
 
 
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