Itinéraire

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Florence || Dynamique, patiente et joviale

Le Lac Blanc

Écrit par Florence on 17 septembre 2011.

Dès notre arrivée en Mongolie, les enfants n'attendent qu'une seule chose: refaire du cheval...

A Ulaanbaatar, nous prenons contact avec une petite agence locale qui organise des trekkings à cheval dans un parc naturel (Khorgo nuur) du centre de la Mongolie. Nous discutons de l'organisation avec Veronika, une jeune cavalière allemande qui travaille justement au camp « horseback tour » pour financer son séjour.

Après avoir acheté une carte routière et nous être renseigné sur l'état des routes, nous partons enfin pour l'aventure; c'est le cas de dire... Nous arrivons à destination cinq jours après notre départ et l'équipe de « horseback tour » nous accueille au camp. Tout est prêt pour que nous partions dès le lendemain à cheval faire le tour du lac Blanc pendant cinq jours. Veronika et Chudro, un guide mongol nous accompagnent avec, en plus de nos montures, deux chevaux de bât qui transportent la nourriture, les tentes et quelques habits de rechange.

 

Etant donné que le parc n'a pas de routes, nous nous retrouvons seuls, dès le premier après-midi dans les vastes étendues de la steppe mongole où les enfants peuvent se déplacer librement sur leurs chevaux; le bonheur... Ils trottent, ils font de petites courses tandis que je vais à mon rythme sur un cheval plus lent, ce qui me convient très bien...

Les journées se passent tranquillement: départ le matin selon les habitudes mongoles; c'est-à-dire sans se stresser. Deux heures de cheval, grande pause à midi pour manger, deux heures de cheval l'après-midi. Arrêt au bord du lac assez tôt en fin de journée pour planter les tentes et démarrer le repas au feu de bois. Nous sommes ravis sauf en ce qui concerne la nourriture... Les mongols ont l'habitude de tout cuisiner dans la même casserole; celle qui se loge dans le trou du poêle de la yourte. Comme ils cuisinent très gras, nous avons donc constamment un arrière goût huileux en bouche. Nous comprenons pourquoi on nous a tant parlé du thé mongol gras! Ce n'est pas du beurre qu'ils rajoutent, mais c'est la graisse de la veille qui surnagent dans la tasse!!! Nous avons même eu le privilège d'avoir du thé aux légumes, la casserole ayant été mal lavée le soir précédent dans l'obscurité! Mais l'aventure, c'est l'aventure. On ne vient pas en Mongolie pour sa gastronomie, mais pour son côté sauvage et cela nous le vivrons à cent pour cent ...

 

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Le troisième jour, après une nuit passée dans la yourte d'un éleveur, nous arrivons au bout du lac. Le paysage est magnifique, la steppe s'étend à perte de vue et pas une âme qui vive à l'horizon. Nous traversons une rivière et croisons un troupeau d'une quarantaine de chevaux sauvages. La sensation est exceptionnelle, nous avons l'impression d'être seuls au monde uniquement entourés d'animaux sauvages.... C'est à ce moment que le chargement contenant les casseroles glisse sous le ventre du cheval de bât et vient frapper ses pattes. Il prend peur et se met à galoper dans notre direction effrayant nos chevaux et le troupeau sauvage tous partis au galop. Jacques et moi réussissons à arrêter nos montures car le cheval toujours effrayés par le bruit des casseroles change de direction et se dirige vers les enfants. Tous les chevaux prennent de plus en plus de vitesse car plus le cheval galope, plus les casseroles s'entrechoquent et continue de tous les effrayer... J'ai juste le temps de voir les trois enfants s'accrocher tant bien que mal à leurs montures tout en essayant de les arrêter. Tout à coup Zélia glisse sur le côté et tombe en plein galop non loin du troupeau de chevaux... Peu après le cheval de bât réussit à se débarrasser de son chargement et se calme; ce qui permet à Zachary et Zohra de pouvoir arrêter leurs montures. Tout le monde se précipite alors vers Zélia pour constater heureusement qu'elle n'a rien de grave. Juste deux bosses au front et un gros bleu à la cuisse. Elle pleure, choquée, mais courageusement elle se reprend et sèche ses larmes. Entre temps, Chudro récupère le cheval et le chargement cassé, cabossé et éparpillé à droite et à gauche. Je suis aussi sous le choc car j'ai eu terriblement peur que Zélia ne tombe au milieu des chevaux sauvages se faisant alors piétiner. Jacques et moi décidons qu'elle devrait remonter à cheval ne serait-ce que dix minutes afin de ne pas rester bloqué de peur. Ce serait dommage et surtout, nous avons de toute façon encore deux jours de cheval, que ce soit dans un sens ou dans l'autre pour rentrer au camp... Elle décide par contre d'échanger sa monture contre la mienne plus lente et plus docile.

 

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(cliquer sur la photo pour voir l'album)

Zélia se remet vite en tête avec Zachary, Zohra et moi quand même pas vingt minutes après la première chute, nos chevaux repartent soudainement au galop. Ils sont effrayés par le cheval sans cavalier de Jacques qui nous dépasse à toute vitesse. Je pense aussitôt effrayée: « ce n'est pas vrai, cela recommence... Au secours!! » Zélia prend peur, mais elle arrive à se raisonner aidé par Zachary qui lui crie de tirer une des rennes pour faire tourner la tête du cheval de côté et l'empêcher de voir l'objet de sa peur. Cela marche, elle réussit à immobiliser sa monture, bravo! Nous voyons Jacques arriver à pieds. Au moment où il a croisé un groupe d'oies, celles-ci se sont envolées, elles ont effrayé son cheval (les chevaux mongols sont décidément très peureux) qui est parti au galop. Jacques qui n'avait qu'un seul pied dans l'étrier a perdu l'équilibre et est tombé... Cette fois Zélia a eu très peur pour son papa croyant qu'il s'était blessé en chutant. Pour ce soir, ce sera la fin des cavalcades et nous irons à pieds jusqu'au bord de l'eau planter nos tentes et manger un repas vite cuisiné. Mais je n'arrive pas à profiter de la beauté du coucher de soleil et ne peux m'empêcher de penser que si les chevaux s'effraient si facilement, nous n'en serons pas à notre dernière galopade incontrôlée avec d'autres risques de chute.

 

Le lendemain, Zélia va déjà mieux et après deux trois recommandations faites aux enfants, nous repartons. Nous avons décidé d'être particulièrement attentifs à tout troupeau d'animaux croisés et de descendre de cheval si nécessaire. Cette précaution me tranquillise à moitié car en Mongolie, dans la steppe, c'est dix fois par jour que l'on croise des troupeaux de yacks, de chèvres, de moutons, de chevaux et d'oiseaux. Magnifique me direz-vous. Oui, mais malheureusement pas aujourd'hui depuis les événements de la veille. C'est moi qui n'arrive plus à me raisonner et qui imagine le pire à chaque bête entrevue. Je suis la seule à descendre de cheval à la vue d'un troupeau de yacks. Puis par la suite je dois me raisonner pour ne pas mettre pied à terre à chaque animal rencontré. Pour couronner le tout, il se met à pleuvoir et le vent se lève. Je me demande aussitôt si les chevaux ont peur du tonnerre. Bref, je ne me sens plus rassurée et en confiance avec nos montures. Jacques voyant mon malaise grandissant demande à Chudro si c'est possible de rentrer rapidement au camp aujourd'hui, quitte à refaire une journée de cheval le lendemain pour compléter les cinq jours. Il répond par l'affirmative et nous accélérons la cadence. Pour rentrer au plus vite, il faut prendre un raccourci, c'est-à-dire traverser un petit fleuve... Chudro prend Zélia sur son cheval et je lui proposerais bien de faire la même chose avec moi... Interdiction d'enlever les pieds des étriers (d'accord, nous avons compris pourquoi hier) et nous traversons le fleuve les pieds dans l'eau. Je prie pour que les chevaux qui ont de l'eau jusqu'au ventre gardent leur équilibre dans le courant. Ouf tout le monde est passé. Mais mes craintes ne sont pas finies, nous devons ensuite traverser pendant une bonne heure un terrain volcanique rocailleux dont la plupart des pierres sont fissurées. Zélia est en bonnes mains car Veronika tient son cheval, mais toutes les montures trébuchent régulièrement et manquent plusieurs fois de glisser dans les fissures. Alors que nous apercevons enfin le camps, c'est le cheval de Chudro qui tombe les pattes arrières dans une fissure jusqu'à la queue!! Jacques, Veronika et Chudro doivent allier leurs forces pour réussir à sortir le cheval en le tirant par la queue... Pour moi, c'est le coup de grâce: si même le guide n'arrive pas éviter de tels incidents, nous sommes tous perdus!!! Je décide donc de finir le reste du chemin à pieds en tenant mon cheval par la bride.

 

Le lendemain, Zélia repart de son plein gré trotter et galoper avec Jacques et les enfants pour voir le cratère du volcan; pendant que je reste tranquillement au camps pour me remettre de toutes ces émotions...

La Mongolie aventureuse aura réussi à révéler mes limites...


Florence Gravatar   16.10.2011 07:39
Reponses Oui Non @ Matuteram: merci,un commentaire qui me touche beaucoup...
@Tata Banya: c'est vrai que quand le froid est arrive a Ulaan baator mi-septembre, j'ai eu une envie de chocolat chaud bien suisse, bien bon!! Au prochain probleme, je vous appelle a l'aide, mais faut me laisser un numero de telephone... Il faut maintenant que je fasse de l'elephant!!
@ Neri: effectivement, il existe certaines peurs que l'on a de la peine a maitriser. Dans mon travail, je faisais face a des "fous" d'1m90, potentiellement violents avec de la crainte c'est vrai, mais je la gerais. Et la de simples chevaux me faisaient tellement peur!!
@ mamy: d'etre maman change beaucoup de chose et pourtant il faut laisser aller petit a petit ses enfants vers l'independance...
@ Chely: excellent l'image de la poule et des canards. Zohra est completement "canard" et moi "poule". Et les deux autres enfants sont aussi plus "canards" que "poules". Belle lecon!
 
 
matuteram Gravatar   08.10.2011 16:23
à révéler mes limites... Oui Non Pas vos limites,ma chère Florence, vos capacités, vos facultés et vos moyens.
Pas révéler mais relever!
Joseph Conrad aimait dire :
"…il y a de ces voyages qu'on dirait faits pour illustrer la vie même et qui peuvent servir de symbole à l'existence … " tel le vôtre, ma chère Florence.Vous avez tiré un pan de voile et c'est fort touchant!

 
 
tata banya Gravatar   07.10.2011 17:15
maki maki Oui Non Et pourquoi ne pas m'avoir crié:je serais venu à pas de course diabolitienne, un bon verre de choco à la main droite et un sourire enjôleur dans ma gueule de métèque, étendre un tapis fleuri à vos pieds plus un mur des nuages ensoleillés entre vous et les chevaux sauvages:c'est déjà du passé, avanti cara!
Ilal Aman
 
 
Nerita Gaiteiro Gravatar   25.09.2011 11:00
Acabo de ver las fotos Oui Non otra vez y me parecen preciosas; Creo que sacaré alguna para poner en casa. hasta otra..  
 
Nerita Gaiteiro Gravatar   25.09.2011 10:21
Yo no soy madre Oui Non pero creo que puedo entenderte porque, aún sabiendo que no había ya problemas, he tenido el corazón encogido todo el rato y aun siento angustia cada vez que pienso en ello. Pero sois todos unos valientes, especialmente mi princesa pequeña, y estoy orgullosa de vosotros. Tambien me acuerdo de la gallina de la que habla Cheli, la pobrecita parecía loca hasta que se convenció que a los patitos no les pasaría nada.
Estoy de acuerdo en que la aventura, los nuevos conocimientos, el crecer como persona, etc. es lo más importante solo que , posiblemente, el estómago no piense lo mismo , es mucho más terrenal, ya sabes... por lo menos el mío.
!!!!!!!!!!!! coraje, fuerza y adelante!!!!!!! !!
 
 
Vonaesch Gravatar   18.09.2011 07:41
Mère courage Oui Non Ma Flo , je suis de tout coeur avec toi et comprends ce que tu as pu éprouver. Mais c'est ce qui fait que tes enfants et ton mari t'adorent: ton amour pour eux , ton courage pour eux et toi, mais quelquefois c'est trop et il faut faire un break.
Quant à Zélia encore Bravo ( les enfants récupèrent plus vite) de galoper de nouveau
Bravo aussi à Zachy qui sera toujours le "grand frère qui donne de bons conseils" et à Zohra qui maitrisent,et comment, leurs chevaux. je vous serre (en pensée) dans mes bras et vous embrasse Mamyjeanne
 
 
araceli Gravatar   17.09.2011 16:37
une mère:tout un metier...une carrière...pluriuniversitaire! Oui Non Ptite mère, que je te comprends toi et tes angoisses. Dis-toi, qu'à chaque incident tu deviens plus forte et cette force invisible, mais bien réelle, s'étant comme un manteau protecteur, sur toi et ta couvée.
Ma mère avait fait couver à une poule des œufs de canard; parfait, magnifique jusqu'au jour ou mon père leur construisit un petit étang ; instinctivement les canetons (d'une semaine) se jetèrent dans l'eau sans demander aucune permission : la poule tournait affolée et appelait les petits qui la regardaient sans comprendre.
Je laisse les commentaires pour demain, mais je tenais à te faire parvenir ce petit message de gratitude, compréhension et tendresse
. Chely
 
 
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