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Droopy || Petit, robuste et persévérant.

Sur les terres des frères rouges (6)

Écrit par Droopy on 22 octobre 2012.

Après un retour difficile sur les pistes de la Taïga, Droopy et ses compagnons arrivent à Jigalova.Le pauvre Droopy est bien mal en point, mais heureux de trouver un garage pour faire panser ses blessures. Si les stations services sont, pour les véhicules, des restaurants de première nécessité, les garages sont alors des centres de santé aussi indispensables que salvateurs pour ces montures épiques qui parcourent le monde comme le vieux Droopy. Quelques fois le matériel et les instruments sont très sommaires, comme ses hôpitaux de brousse que l'on rencontre dans les régions éloignées de l'Afrique. Toujours est-il que les quelques docteurs, infirmiers ou bons frères que l'on y trouve sont entièrement voués à la cause de leurs patients.


 C'est ainsi qu'en arrivant au coucher de soleil, nos amis découvrirent la jeune équipe de gais mécanos de Jigalova, qui au-delà de faire tourner leur petite affaire grâce au « shinomontage » démontait des épaves et récupérait toute pièce qui pouvait encore servir. Il s'agissait de trois jeunes hommes d'à peine 30 ans qui étaient prêts à relever n'importe quel défi. De toute manière, à Jigalova la concurrence était inexistante et il fallait bien faire avec les moyens du bord.

 Après, un coup d'œil rapide à la blessure de Droopy, Alexander trouva dans son stock une vieille lame de ressort de minibus qui, après quelques modifications, ferait certainement l'affaire. Entretemps, la nuit était tombée et la petite famille cuisinait quelques pâtes bien méritées. La journée de demain s'annonçait de dur labeur pour certains et de patience obligée pour d'autres.

 Dès le matin, quelques voitures patientaient devant les portes, la plupart venaient y réparer les pneus, avant de s'élancer sur la fameuse piste meurtrière, et tenter la traversée de la taïga en une journée. D'autres y étaient là pour quelques soudures, afin de consolider les pièces usées qui seraient soumises à rude épreuve.

 Alexander et le Gros attaquèrent le travail à 8h30. Il fallait sortir l'ensemble de la suspension afin de pouvoir remplacer la lame cassée. Nicolaï était grand et sec. Muni d'un bandeau dans les cheveux, et fagoté dans ses habits de travail, son allure se situait à mi-chemin entre le pirate et le gitan. Il aimait la musique rock et la petite fumée. D'un naturel bavard, il s'efforçait de faire apprendre au Gros, les noms des outils qu'ils utilisaient ainsi que les nombres, dans sa propre langue afin de pouvoir s'entraider correctement.

Peu à peu, à force de travailler ensemble et d'unir leurs efforts tout en échangeant quelques noms de groupe musicaux, les deux hommes se liaient d'amitié. Malgré quelques heures de résistance, il finirent par sortir la suspension ce qui leur valut valu un cri de joie à tous les deux. Nicolaï satisfait envoya un de ses amis chercher des bières et commença à se rouler un joint alléchant comme premier salaire de ce début journée de travail. Le Gros, refusa l'alcool ce qui surprit évidemment son compagnon, mais pour ne pas offenser plus son collègue de travail et ne pas casser l'amitié déjà engagée, accepta une taffe la douce marijeanne. Nikolaï voulut encore insister, mais le Gros, lui fit comprendre qu'il y avait encore du « robota » qui les attendait et qu'il valait mieux garder toutes leurs capacités.

 SRFR6Il s'attaquèrent alors à modifier les pièces. Alexander mettait du cœur à l'ouvrage et ses grimaces témoignaient de sa ferme volonté de vaincre le métal récalcitrant. D'ailleurs, il n'hésita pas une seconde à sortir toute la panoplie guerrière qu'il avait à disposition : perceuse, meuleuse, arc électrique et chalumeau. Au bout de deux heures, les transformations étaient faites. Il fallait maintenant remettre la suspension en place. Les deux hommes se remirent sous le camion et la danse des outils, menée au rythme des coups marteaux dura jusqu'à la tombée de la nuit.

 Le travail était fini, il était donc à nouveau l'heure de festoyer, le Gros fut invité à l'étage où l'on sortit les bières, on mit la musique à fond et l'on discuta le tarif de la journée de travail. Le local ne tarda pas à être enfumé d'essences paradisiaques tandis que Jim Morrison continuait à s'égosiller en chantant « Baby light my fire ». Le marché conclu, Nikolaï divisa le butin en quatre, une part pour chacun des travailleurs et la quatrième pour la caisse commune.

 Le lendemain, nous reprîmes la route en direction d'Irkutsk. Le Gros semblait nostalgique et serait bien rester quelques jours avec les joyeux lurons de Jigalova. Mais, le pays de Rursof était immense et ses lois inviolables, or notre communauté n'avait le droit de la traverser que pendant un mois, et déjà trois semaines s'étaient écoulées, depuis que nous avions pénétré ses terres interdites.

 Heureusement, il n' y avait plus d'obstacles majeurs jusqu'à la frontière, désormais la route serait bonne, il nous fallait encore réparer le pare-brise et faire le plein de gaz et de provisions avant de rejoindre les terres de l'autre géant rouge, Bataar qui nous attendait plus au sud. Irkutsk, notre prochaine destination, était certainement la ville la plus indiquée pour résoudre ses derniers préparatifs.

 Pour moi, les humaiens restaient souvent des êtres surprenants, car bien qu'ils se donnaient toujours de la consistance lorsqu'il chevauchaient des montures, il était évident, pour nous qui les supportons, que souvent ils ne savaient pas, où il allaient. Tantôt, il se décidaient pour un chemin, puis subitement ils nous arrêtaient et fesaient demi-tour pour revenir sur leurs pas. Tantôt ils fesaient des kilomètres en empruntant des chemins de traverses comme s'il s'agissait de raccourcis connus depuis leur plus tendre enfance et finalement après quelques heures, il se retrouvaient au même croisement, hésitants et dans le doute, presque incapables de se décider. La vie des hommes semblait être un calvaire d'incertitudes et de dilemmes, une quête sans fin de chimères insensées. Pour nous, les montures, les choses ont tojours été bien plus simples, il suffisaitt d'aller droit devant, de s'efforcer et de se laisser guider.

 En ce sens, le Gros semblait quelquefois avoir des instants de lucidité, comme ses patients souffrant d'Alzeimer qui reprennent tout-à-coup conscience de la réalité avant de repartir dans leur enfer illusoire. C'est certainement ce qui lui arriva à Irkutsk. Ayant à peine pénétré dans la ville, il tourna subitement le volant m'obligeant ainsi à braquer violemment sur la droite pour m'engager dans une banlieue de la ville. Évidemment, je pensais qu'on était à nouveau partis pour nous perdre et nous amuser à découvrir quelques chemins inutiles, mais ce ne fut pas le cas.

 Moins d'un kilomètre plus loin, il s'arrêta à un « shinomantage » répara un pneu crevé de la veille, puis repris la route pour se diriger dans une petite rue. À nouveau il s'arrêta, descendit et se mit à gesticuler avec quelques locaux en montrant mon pare-brise. Un des hommes lui fit signe de le suivre et nous entrâmes dans le garage d'un vitrier. Un jeune homme aux yeux clairs m'opéra le pare-brise avec soin. Muni d'une seringue, il injecta dans la fente de la vitre un précieux médicament. Pendant un court instant, je sentis comme une brûlure. Ma vue se voila, je laissai couler quelques larmes puis après quelques minutes, je recouvrai complètement ma vision. Le jeune homme demanda un souvenir en guise de payement. La babouine et le tic s'empressèrent alors de faire deux dessins. De son côté, le Gros lui remit une petite tapisserie jordanienne qui nous servait de décoration. Un échange qui ne fit que des heureux.

 Cet instant de lucidité se poursuivit toute la journée, car à peine sorti de la clinique ophtalmologique, le Gros reprit les rennes pour me conduire, en moins de dix minutes, chez un vendeur de gaz qui remplit aussitôt notre bouteille de réserve. Trois heures plus tard, nous avions résolu nos principaux soucis de voyageurs. L'après-midi se poursuivit de la même manière, nous gagnâmes le centre-ville en un clin d'oeil et nous nous installâmes aux abords de la place Kirova pour bivouaquer. La soirée fut ensuite animée par une scène rock, à laquelle nous pûmes participer aux premières loges depuis le parking.

 Cette nuit là, j'endormis en pensant à cette journées bénie qui avait accompagné mon maître, l'inondant de lumière dans sa dure croisade. Pour une fois, il n'avait pas erré dans ses quêtes obscures et désespérées à la recherche de faux Graals de contrefaçon, illusions perfides que la matière s'appliquait à lui procurer. Quel bonheur de le voir jouir du paradis terrestre, comme une noble monture, guidé par l'insouciance et récompensé dans l'effort.

 

(à suivre...)


Droopy Gravatar   09.01.2013 03:23
Réponses Oui Non @ L'avi et Béatrice: Malgré les nombreux préjugés que nous avons entendu sur la Russie, la Sibérie nous à laissée une impression trés forte d'humanité et de solidarité. Quant aux choix des chemins c'est une autre affaire, on écoute souvent trop, et quelque fois pas assez, les autres. Et surtout on cherche trop à contrôler sa vie, plutôt qu'à s'en enrichir consciemment.

@ Nérita : Y su señoria, nunca pasa por el médico? :P ! Asi es, cada uno va pagando lo que seguramente busco à ignorar, pero mientras que uno sigue soñando es que el costo no sobrepaso el gozar.

@ Maki Maki : Sex, drogues et rock & roll ! Hé, hé tu pensais que la vieille, ne savait que se plaindre! Viens, mon mignon, éprouver un peu ta jeunesse...car bientôt il sera aussi trop tard pour toi! ;D

@ Matuteram : Croyez-vous qu'il m'offrira des terres? ou qu'il m'enverra dans un EMS pour canasson?:'(

@ Araceli : Pourfendons les vilains, tant qu'il nous reste courage et honneur. Car souvent les brigands ne se rencontrent pas sur les grands chemins, mais à la tête de régiments dressés à apeurer les foules!

@ Eida : Mi ege ŝatis Brazilon, mi ankaŭ pensis que estis bona loko por morti, sed finfine la spiritoj helpis min daŭrigi nian vojon, la dika barbulo certe ankaŭ kulpis iomete. Dankon por kuraĝigi min ĉar tiu freneza familio serĉas transiri la Andojn, sed mi denove komplotos ;)
 
 
Eida Gravatar   12.11.2012 03:31
Kuragxon, bravulo!!! Oui Non Mi scias, ke vi sxatis Brazilon kaj volas logxi en nia paradiza varma lando, Kara Droopy... Sed (laux vortoj de Zamenhof) "jam 'temp´ esta´'" por resanigxi... Nur iomete pli, kaj vi venkos komplete la taskon kiun ne kuragxas la malfortanimoj. Vi estas bravulo!!! Gratulojn, kara, kaj kuragxon! Vi sukcesos!!! Kuragxon, bravulo!! Vi venkos!  
 
araceli Gravatar   07.11.2012 15:46
Oui Non
Oh, oh ,oh Droopy ! Que tu es devenu philosophe et grand connaisseur de l’âme humaine et des longs parcours parsemés des dilemmes, d’incertitu des et des joies simples mais, oh combien nécessaire s !
Ton récit laisse sentir la grande complicité qui vous unit, née aux longs de ces heures de joie et d’infortune . L'épée et le chevalier faisant unité rien ne pourra les arrêter: gare aux voleurs de grands chemins!
 
 
matuteram Gravatar   07.11.2012 14:46
faux Graals de contrefaçon, Oui Non
Cher Droopy, vous rentrez dans l'âge de la sagesse et vous ressemblez au bon Sancho Panza ,toujours observateur, dévoué et fidèle à son maître sans pour autant feindre de confondre les moulins à vent avec des vaillants chevaliers. Persévérez car en bon compagnon d'aventures il saura vous récompense r .
 
 
tata banya Gravatar   30.10.2012 02:25
Maki maki Oui Non "Un jeune homme aux yeux clairs .... muni d'une seringue, il injecta dans la fente de la vitre un précieux médicament ..." ach, la petite dame indigne, ça suffit d'un beau jeune et la voilà qu'elle se met à parcourir les garages de France et de Navarre à la recherche de super biceps!
L'âge mûre n'est plus ce qu'elle était. Bel exemple pour la jeunesse.
Ilal Aman
 
 
Nerita Gaiteiro Gravatar   28.10.2012 21:57
Hola Droopy linda! Oui Non Paréceme señora mía que se pasea usted mucho por los talleres...le está tomando el gusto o quizás está dejando atrás sus locuras de juventud y pagando un poco por ellas+? En cualquier caso y a pesar de tantos médicos poniendole las manos encima, creo que su cabeza está muy clara y la percepción sobre lo y los que la rodean tambien. !No te pierdes ni un poquito de lo que pasa cerca de tí y los oidos te funcionan muy bien, no? !cotilla!.  
 
jaume sans Gravatar   23.10.2012 08:25
Oui Non En acabant de llegir aquest 6è episodi sento també una certa emoció davant les figures d'Alex i Nicolai i del vidrier d'Irkutsk i el seu comportament. Per sort encara es trioba gent d'aquesta mena i potser un dels béns del viatge és constatar que n'hi ha lluny d'aquí i potser més que no pas aquí.
De l'article però he subratllat el paràgraf que comença "Pour moi les humains restent...". Sñi senyor, una de les millors lliçons que ens dona la vida és la seva "imprevisibilita t". Sempre pensem agafar el millor camí, però moltes vegades no és el millor. Ara bé, si no teim pressa ens podem aturar en cada camí i sempre i trobarem coses per aprendre i coses per gaudir
Una forta abraçada
L'avi i Beatrice;);)
Ah Gràcies pel reportatge fotogràfic de l'escola Zamenhof. Cmprenc millor el que heu escrit abans sobre el refugi esperantista
 
 
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