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Droopy || Petit, robuste et persévérant.

Sur les terres des frères rouges (3)

Écrit par Droopy on 28 avril 2012.

Droopy  et ses compagnons viennent d'échapper de justesse, pour la deuxième fois au dragon de la taïga. Par chance les esprits des monts Baïkals, étaient venus leurs porter secours, au dernier instant, alors que le monstre s'apprêtait à les dévorer. Ils avaient usé de leur magie ancestrale pour   élever la grande barrière invisible qui protège le lac Baïkal et ses montagnes environnantes, car personne ne peut pénétrer ses montagnes,sans leur consentement. Nos amis étaient donc les bienvenus et le dragon, lui, avait été rejeté en dehors du territoire sacré.

Nous étions au sommet de la montagne, le silence remplissait l'espace dans cette terre inhabitée. A côté de nous une  vielle ligne de chemin fer abandonnée, tentative manquée de conquête des lieux,

rouillait au soleil. Les poutrelles avaient presque toutes disparues, dégradées par les insectes et le rude hiver sibérien qui pénétrant le bois, année après année, le faisait éclater sous ses gels impitoyables.  Devant nous un vieux pont vermoulu, semblait patiemment attendre le même sort. En son centre, un gros trou béant nous offrait une vue inattendue sur la petite rivière qui s'écoulait en-dessous, indifférente à nos soucis de voyageurs.

A mes pneus, le gros, la babouine et l'ado s'affairaient pour changer la roue:

-        Huummpf....huuuummmpf, le gros resserrait les boulons.

-        Clé de 17, clé 13, rondelle, boulon, monte le cric. Lancait l'ado. A ses côtés, la babouine

s'éxécutait rapidement pour l'aider à fixer la roue crevée sous mon ventre.

-        Top chrono,  c'est terminé annonça le Gros.

-        23minutes et 15 secondes, nouveau record battu, s'exclama Bouboulineta toute fière voir son homme et ses rejetons accomplir l'exercice de si belle manière.

Restait le radiateur, qui gouttait impassible, comme si le temps n'avait pas d'emprise sur lui:

-        Plic...plic...plic... Une tâche sombre de dix centimètres de diamètre, imbibait le sable, juste au-dessous de la fuite.

-        Bah! On manque pas d'eau à bord. Répliqua le Gros qui sortit une bouteille et rempli le radiateur : « On va continuer comme ça! »

Maintenant, il s'agissait de passer le pont. Une inspection détaillée s'imposait, surtout  aux abords du trou. Celui-ci ne mesurait qu'un petit mètre de large, ce qui pour ma carrure héroïque, n'avait  rien d'impressionnant. Par contre, la sortie du pont était moins engageante. La terre s'était écoulée avec les pluies et les poutres portantes du pont exhibaient leurs coins posés à même le sol. On aurait dit que la sortie du pont nous souriait de tout son âge, comme une vieille personne qui n'ayant pas les moyens de s'offrir un dentier, révélait des gencives à moitié dégarnies et à moitié décharnées.

Mais un sourire restait un sourire, et cela ne se refusait pas, je m'avançai alors pour embrasser le pont, comme on embrasse une grande-tante prodigue en baisers baveux. Une seule idée en tête, accomplir son devoir et retrouver la liberté, loin de l'étouffante  proximité de cet être qui ne nous voulait certainement que du bien. Je m'engageai doucement et malgré quelques légers craquement, je senti le pont m'accueillir fermement. Puis en passant au-dessus du trou, l'air frais de la rivière vint me chatouiller le moteur, puis la transmission. Je frémis de plaisir et manquai tressaillir à cette caresse aussi imprévue que pernicieuse. Un petit coup d'accélérateur, et j'atteignis le bord. Puis touchant la rive opposée, je me cramponnai avidement et m'extirpai de ces bras vermoulus et langoureux.

C'est bon nous avions traversé, les battements de mon coeur, se joignaient en cadence aux larmes du radiateur... Poc, plic...poc,plic...poc,plic... Qui aurait pu croire qu'une vielle Mercedes-Benz de mon âge eut encore pu vivre tant d'émotions.

Nous reprîmes la route sur le large sommet de la montagne. Après quelques heures et quelques vérifications du radiateur,  nous abordions déjà la descente, quand soudain, au détour d'un virage

le grand lac s'étendit majestueusement devant nous. Presqu'au même moment la route réapparut et ce fut un plaisir de descendre les longs lacets qui menaient à Sévérobaikal, sans soubresaut et sans poussière.  A la sortie de la ville, nous attendait un jeune homme avec un grand sourire, les bras écartés pour nous accueillir. C'était le brave Kostik, il monta à bord et nous emmena jusqu'au petit village de Nizhneangarsk.

 

Kostik

 Situé à l'extrême nord du grand lac sacré, le village se composait, pour la majorité de maisons en bois. Depuis toujours le lac approvisionnait les hommes en poissons. Pour eux, il était une entité puissante et très ancienne pour laquelle le nom de « lac » était une appellation irrespectueuse qui ne convenait pas à cette étendue immense de presque 800km de long. Pour les locaux, il s'agissait d'une mer, riche en poissons et en faune, comme ces phoques d'eau douce qui peuplaient les quelques îles existantes.

 C'était d'ailleurs, une mer extrêmement dangereuse qui gelait l'hiver sur plus d'un mètre de profondeur et sur laquelle on pouvait circuler en voiture ou même y installer une voie ferrée. Bien sûr, à chaque printemps, elle emportait son lot de vies humaines qui trop imprudentes, avaient mal calculé le dégel. Le reste de l'année, les caprices des vents rendaient la navigation difficile et régulièrement des marins qui n'avaient pas su lire les changements du ciel, sombraient avec leurs bateaux dans les eaux froides et profondes.

 La légende veut que Rursof (cf. Episode 1) soit justement né dans ces îles froides et inhabitées. Personne ne se souvient de son enfance. Les mauvaises langues racontent que sa mère n'arrivant pas à combler son appétit gargantuesque, l'avait abandonné sur une des îles en pâture aux phoques pour s'en débarrasser. Toujours est-il que le jeune géant vouait à aux phoques du Baikal, un respect qu'il n'accordait que très rarement aux humains et personne ne s'aventurait à aborder ce sujet , ni même à faire la moindre allusion à sa naissance.

 Dans la région, il s'était imposé dès l'âge de quinze par sa force et son habileté à naviguer sur les eaux. Excellent nageur, on l'avait souvent vu  plonger nu, dans les eaux glacées, pour récupérer un de ses hommes passé par dessus bord. Une fois sorti de l'eau, sa peau prenait alors une teinte rouge vive et dégageait une chaleur ardente pendant plusieurs jours. Très tranquillement, il déshabillait le marin, le prenait contre lui et l'enveloppait dans les peaux d'ours qui lui tenaient de vêtement. Rapidement l'homme se réchauffait et reprenait vie. Une expérience marquante qui faisait de ces hommes, sauvés par Rursof, des êtres d'une confiance et d'une loyauté à toute épreuve et prêt à n'importe quoi pour le géant. Parmi les locaux on les appelait « les envoutés ».

 Rursof était donc rapidement devenu un chef indiscutable qui en quelques années seulement avait soumis tous les clans du Baikal sans distinction aucune. Il était redouté comme combattant en duel et encore  plus redoutable s'il était en équipe. Grâce à ses envoutés, il possédait une organisation sans faille qui faisait l'unanimité parmi tous ses hommes, au vu de toutes les victoire qu'ils emportaient les unes après les autres. Ainsi il avait quitté le Baikal pour soumettre tous les peuples de l'au-delà, comme on avait l'habitude de nommer les contrées barbares habitant l'autre versant des barrières montagneuses.

 Mais laissons là, Rursof et sa légende, qui pourraient faire certainement le sujet de plusieurs livres, pour revenir au village de pêcheurs, où nous venions de pénétrer avec notre nouvel ami. Après quelques discussions sur le meilleur endroit pour nous garer. Il fût décidé que je serais parqué au milieu du village à quelques rues de l'église. Nous nous installâmes dans une large cour entre deux grandes maisons en bois, dedeux étages et avec deux entrées chacunes. Au total une douzaine de  familles habitaient chaque immeuble.

 Kostik, nous avait averti de la rudesse et de la méfiance des habitants qui n'avaient guère l'habitude des étrangers. D'autant plus que nous ne parlions pas la langue de la région et qu'il était même difficilement imaginables, pour eux que des étrangers venus d'ailleurs parviennent  jusque dans cette contrée que seuls les natifs supportaient toute l'année.

 Ce soir-là, personne ne se présenta à nous, mais aux mouvements des voilages qui recouvraient les fenêtres, on se savait observés à chaque fenêtre...

(A suivre...)


matuteram Gravatar   07.05.2012 12:48
de la rudesse et de la méfiance des habitants qui n'avaient guère l'habitude des étrangers Oui Non Mais vous, vous aviez l'habitude des habitants de certains de nos cantons fondateurs, je parie, donc, que le dialogue n'a pas tardé à jaillir!  
 
tata banya Gravatar   06.05.2012 14:00
maki maki Oui Non "aux mouvements des voilages"...tout un sous-entendu de senteurs, des mirages et d'émotions mais tu ne nous caches,savammen t, la suite. Allez la belle, plus de courage. Et au deuxième jour...il enleva...les lunettes?
Ilal Aman
 
 
jaume sans Gravatar   03.05.2012 14:46
Oui Non Salut Droopy
Tu ne sais pas comment tu nous as manqué tout ce temps! Tu nous manques encore puisque nous ne savons rien de toi après que tu as été embarqué à Malaisie d'une façon si acrobatique...
Nous attendons tes nouvelles, espérant qu'elles soient des bonesnouvelles et que tu te trouves en pleine forme disposé a traversér montagnes et lacs... et fleuves sans ponts...
Nous te remercions d'avoir emmener sains et sauves les cinc sans à travers l'Eurasie et nous espérons que tu fairas de même maintenent en Amérique Latine.
Nous te remercions aussi de nous avoir raconté cette belle légende de Rursof.
Nous attendons de nouveaux rapports . Nous aimerions savoir aussi qu'est-ce qui s'est passé
dans le petit vilage de Kostic dont tu as été le centre...
À beitôt, donc. Bisous à tous
L'avi et Beatrice
;);)
 
 
Nerita Gaiteiro Gravatar   02.05.2012 20:05
Droopita Oui Non que largo se me hizo el tiempo sin leer tus aventuras. Escucha: pac pac pac----poc plic, pac pac pac----poc plic.....era el ritmo del mio cuore mientras leia el paso sobre el puente maldito sabiendo ya que el quinteto estaba bien y tú habias atravesado sin problemas un par de oceanos. Y el Baikal padre-mar para unos, lago para otros..que te pareció a tí tras tanta milla acuática?. Espero pronto saber que pasó con los vecinos de la aldea pero estoy segura que enseguida consideraron a los nuevos amigos de Kostik como amigos propios. Una caricia larga larga.  
 
araceli Gravatar   29.04.2012 20:28
Oui Non Grande coquine de Droopy! Tu nous as bien caché ton aventure sur le pont! Quelle frayeur! Décidément tu cherches à te "relooker" en jeune dynamique téméraire de la nouvelle génération! Rien contre, mais garde la sagesse matriarcale.;)
Que les routes américaines tiennent,malgré ton effronterie,les égards dûs à ton âge et à
ta légendaire hardiesse.
 
 
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