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Droopy || Petit, robuste et persévérant.

Sur les terres des frères rouges (1)

Écrit par Droopy on 17 octobre 2011.

Voici sous le Titre de : "Sur les terres des frères rouges", un nouveau récit des aventures de votre héros préféré : "Droopy, le Hardi" inspirée bien sûr de notre voyage. Voici donc le premier épisode, les autres suivront prochainement.

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Heureusement, que j'avais reçu mes titres de noblesse au Kazakhstan, car la quête de mon maître allait m'amener dans des contrées qui me feraient souffrir bien autrement que les terres arides sur lesquelles je venais de rouler ma bosse.

 C'est ainsi que j'allais affronter, l'un après l'autre, les chemins et les terres habitées, jadis, par trois géants rouges qui occupaient les vastes territoires de l'est du continent Asiatique.

Il s'agissait de trois frères, aux mœurs étranges et d'une force hors du commun. Par on ne sait quel miracle, ces géants avaient disparus, vers la fin du dernier millénaire, mais leur terrible réputation loin de s'éteindre avec eux, ferait, longtemps encore, trembler, les chevaliers plus braves, les héros les plus courageux et les montures les plus fières.

 On disait, de chacun d'eux, qu'ils ressemblaient à la terre qui les avait engendrés et qu'ils tiraient de celle-ci tous les trois une force mystérieuse, certainement le fruit d'une sorcellerie ancienne attribué à démon méconnu qui leur avait ainsi donné la vie.

 Le premier de ces géants, qui se nommait Roursof, avait tenu en respect, à lui seul le reste du monde. Insensible au froid et au gel, il pouvait supporter des températures extrêmes. Son endurance, sa force et sa vitalité faisaient de lui un être redoutable, à côté duquel même le plus grands et le plus féroce des ours polaires ne ressemblait qu'à un malheureux bébé phoque en détresse.

 On racontait que le deuxième, Bataar, bien que plus petit et trapu, était rapide comme l'éclair, sauvage comme un loup et farouche comme une biche. Aussi imprévu et inattendu que le vent, il était aussi insaisissable que ce denier et passait sa vie à lutter contre les bêtes sauvages de toute taille. Il tondait les yacks sauvages comme d'autres tondent des moutons, pour se vêtir de leur laine et s'abreuvait à leur pis comme on boit à une source. Son caractère fougueux et déterminé lui avait permis à une autre époque de dominer ses deux grands frères géants et d'étendre un empire si grand que même les longues routes de la soie avaient de la peine à parcourir.

 Le troisième du nom Woang, était le plus mystérieux. A la patience de l'éléphant, il alliait la méticuleuse labeur de la fourmi. Son royaume aussi impénétrable qu'une fourmilière, était bordé de montagnes brumeuses, de déserts interminables ou d'océans indomptables. Il aimait cultiver ses terres, comme une araignée construit sa toile. Et dans la douceur de ce paysage soyeux, dansaient sans fins des idéogrammes enchantés, piégeant l'esprit des ennemis les plus intrépides. Tantôt sorcier redoutable, tantôt administrateur infatigable, il cultivait les extrêmes, domptant par la magie ce qui résistait à son sens pratique.

 Il fallait que mon maître, n'eut d'autre quête, que celle de parcourir ces terres hostiles et barbares!

Par chance, nous pénétrâmes en Sibérie, en plein été, car affronter le froid de l'hiver nous aurait sans nul doute, coûter la vie. Sachez cependant que les dangers n'ont pas manqusé et écoutez comment sur ses terres, la route qui serpente sans fin, peut se muer en dragon cruel et fumant et vous engloutir comme comme un boa avale un vulgaire oeuf de poule, sans vous laisser ni le temps de prier, ni même celui d'esquisser un signe de croix.

 Nous avions quitté Bratsk et son vertigineux barrage, depuis à peine une demi-heure. Le soleil s'apprêtait à se coucher sur la taïga, comme un fakir sur un lit de clou . Les pics serrés de la forêt dardés vers le ciel menaçaient d'exploser le globe orange dans sa course fatiguée.

 Je roulais, depuis le matin, comme les deux jours précédents, moyennant de longues étapes pour arriver, dès que possible, à bon port. La lassitude se faisait sentir chez l'ensemble de l'équipage. Il était temps de trouver un coin pour se reposer avant la nuit tombante.

 Quand, soudainement, face à nous et à notre ignorance, derrière son voile de fumée, il se tenait là, caché, sans que nous puissions le voir ou l'imaginer. Pendant toute la journée, il avait craché son feu sur les voyageurs imprudents qui osaient prendre la route de Severobaikal. Et maintenant, depuis le haut de la colline, où nous nous trouvions, une fumée grise et épaisse s'étendait au dessus des conifères semblant vouloir étouffer la taïga à petit feu.

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 Sans comprendre vraiment, nous pénétrâmes plus en avant dans la forêt. C'est alors que la grisaille nous envahit subitement, on y voyait pas à 10mètres , puis pas même à 5, puis plus rien, où presque ! A ce moment là, la douce et lisse peau du serpent asphalté se déroba sous mes pneus. Je me mis à trembler de tous mes membres, et chacun de nous tressaillait, sursautait, cahotait comme un vieillard de mille ans soumis à une crise aiguë de Parkinson.

 C'était déjà trop tard, et j'avais beau m'accrocher aux écailles rocailleuses de tous mes crampons acérés, Le dragon s'était réveillé et nous étions cramponnés à son dos poussiéreux. Nous nous hissions le long de sa colonne vertébrale , comme un chaton, trop petit, grimpe en écartelant ses pattes, le long d'un tronc de baobab sans fin.

 Et je ne sais encore, si je chatouillait le monstre, ou si notre progression, à rebrousse-écailles, le hérissait. Toujours était-il qu'il s'ébrouait et se secouait de toutes ses squames. Des nuages de poussière ocres et âcres nous enveloppaient de toutes parts. Cette dernière, insidieuse et perfide s'infiltrait comme le plus vil des poisons dans chacun des mes interstices.

 Au delà, des vapeurs sombres, on devinait que le ciel s'obscurcissait, nous abandonnant à notre sort

sur le dos de la bête immonde. Il fallait faire quelque chose, dormir sur le corps du monstre aurait été d'une trop grande imprudence. Imaginez- vous qu'il se gratte ou se mordille, dérangé par notre présence.

 Je décidais alors de sauter au bas de l'animal, pour atterrir sur le premier buisson, un tant soit peu confortable aux abords du reptile géant. Entre deux gros arbres, j'aperçus l'espace suffisant pour une telle entreprise. D'un bon, je quittais le dos du dragon pour atterrir sain et sauf sur la terre ferme.

 Quel bonheur, nous pourrions dormir, à l'abri, malgré les essaims de moustiques qui se collaient à mes vitres dans l'espoir évident de dévorer mes passagers protégés.

 A l'intérieur, tout était recouvert de poussières comme le grenier d'un château abandonné.

Chaque objet était joliment poudré ou fardé à souhait de ce maquillage pour dragonne délaissée en quêtes d'amours renaissants.

 Au petit jour, remis de nos émotions, nous reprîmes la route. La poussière recouvrait la végétation qui bordait la piste caillouteuse. Le monstre qui nous avait malmené semblait s'être endormi à présent. Seuls les cailloux de la piste témoignaient silencieusement de notre affrontement de la veille. Nous n'avions pas rêvés, ce chemin était ensorcelé et à chaque instant, il pouvait nous réserver de mauvaises surprises.

 Pourtant, il nous fallait encore poursuivre notre route pendant deux longues journées. Secoués tout au long du voyage, nous n'avions que de brefs instant de répit, lors des traversées des villes et des villages où, par bonheur, nous avions droit à quelques kilomètres asphaltés. En arrivant à Ut-Kutsk, mon maître ne pouvait que constater quelques blessures sans trop d'importance, dues certainement à l'affrontement du soir.

 

A nouveau, j'avais perdu quelques dents, et mon capot ne se fermait plus correctement tant cela était douloureux. Ensuite un mauvais coup avait décelé, la barre anti-roulis ce qui me provoquait quelques vertiges. Mes roues étaient un peu moins alertes dans les virages, m'obligeant, un peu plus, à rouler des mécaniques, comme un voyou ivre de bagarre.

 En fin d'après-midi, nous nous arrêtâmes au bord d'une rivière pour nous baigner et nous désaltérer, Nous apprêtions à souper dehors, lorsque qu'une horde de moustiques sauvages, nous envahit de toutes parts.

 Les bêtes qui étaient voraces et particulièrement agressives, attaquaient tour à tour comme des piranhas volants. Elle s'infiltraient par le nez et les oreilles et tentaient même de pénétrer dans les yeux de mes compagnons qui secouaient leurs têtes comme des hard-rockers et dansaient comme des indiens pour échapper aux assauts. Mais à chaque fois que l'un d'eux s'arrêtait, voilà que les petits monstres fondaient sur lui comme sur du miel,

 Bientôt mon maître et sa famille n'eurent d'autre recours que de se réfugier en mon sein. L'ado, Bouboulineta, et Miss Tic choqués par tant sauvagerie ne voulaient plus mettre un pied dehors.

 Pourtant, il fallait ranger la table et le matériel qui étaient resté à l'extérieur. Le gros et la babouine se caparaçonnèrent pour affronter de face l'armée ennemie et récupérer le butin volé. Bottes montantes, pantalons double couche, laine polaire, vareuse ou anorak de haute montage, linge de bain autour de la tête, du nez et la bouche, puis finalement lunette de piscine. La stratégie était simple, pas laisser un seul centimètre carré de peau à l'ennemi, foncer dans le tas, tout ranger et remonter aussi vite que possible dans le camping-car.

 Le plan fonctionna à merveille et quelques minutes plus tard, nos combattants étaient de retour à l'abri.

 Le lendemain, juste avant de gravir les montagnes du Baikal, le dragon de la route se rappela à notre

souvenir, claquant sa queue comme un long fouet, je bondis d'un seul coup dans les airs et atterris brutalement sur le bitume. Derrière une sirène semit à hurler, l'ado à moitié defiguré tenait son front difforme entre ses mains, une bosse longue de 8cm, large de 4 cm et haute de 2cm, lui donnait un air de gargouille à faire fuir le bossu de notre Dame!!!

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(Pour vous souvenir de l'abum, veuillez cliquer sur les photos!)

 

A suivre....


Droopy Gravatar   15.11.2011 09:08
Réponses Oui Non @ araceli, peu importante l'histoire, tant quelle continue c'est que le héros principal (ici le narrateur bien sûr) n'est pas mort. Je vais profiter certainement de ma prochaine hospitalisation pour écrire quelques pages de mes exploits.
@Caroline, vos compliments me vont droit à coeur et m'inspirent déjà de nouvelles lignes. :D
@L'Avi et Béatrice, plutôt hard rock que baroque, le Zachary, vous auriez du le voir secouer la tête...on sentait les vibrations de son solo de douleur jusqu'au bout des tifs!!
@ Nerita, a ver si me dejan un poco de tiempo par escribir, entre la marchas forzadas, el maquillaje (entre nosotras, me hicieron un nuevo tatuaje que me queda que no te cuento), las visitas ginecologicas y los baños de pied en los rios..es que una no tiene, ni tiempo para un mail , mujer!
@ Totof, 5 pedaliers ce sera peut-être au retour, on commencera pas la Hollande ou la Belgiquepour rééduquer les mollets et les fessiers... ;)
@ Claudio et Carla, voilà qui me donne du courage avant ma prochaine opération du coeur, on m'a découvert un mauvais souffle, je vous dis pas avec l'âge cela ne s'arrange pas!!

Bises à tous

 
 
claudio & carla Gravatar   07.11.2011 21:23
Quelle aventure! Oui Non C'est avec un énorme plaisir que nous avons bu les mots de cette aventure!
Nous en demandons encore :)

Merci et un grand encouragement pour le Hardi et pour tous ses protégés.
 
 
TOTOF Gravatar   03.11.2011 14:33
Oui Non le vélo c'est cool on peut le porter à besoin mais c'est une personne pour chaque pédalier  
 
Nerita Gaiteiro Gravatar   23.10.2011 20:14
Droopy, cualquier día Oui Non me iré al otro barrio por los cambios de tensión que me producen tus historias: primero me sube a mil y despues de tanta emoción, quedo tan agotada que me baja a menos 100. Y, además, eres como las drogas ! produces "mono", al terminar de leer una quiere seguir haciendolo aunque las emociones la maten. Y para rematarlo, la carita de sufrimiento del príncipe heredero ( Za, cariño, con chichón y todo estás guapísimo).
Cuenta, cuenta, cuenta mas porfa....
 
 
jaume sans Gravatar   20.10.2011 07:38
Oui Non On voit, cher Droopy, que tu nous cachais quelque-unes de tes qualités: quelle imagination, quel torrent verbale. Nous nous demandons que vas tu faire quand tu auras à nous décrire les fôrets equatoriales...
La foto de Zachy est moins baroque mais on voit bien que les chameaux et les montagnes ont ét éun trè bon modèle... Nous esperons que maintenant n'y a déjà plus de trasses.
Bisous à tous
L'avi et beatrice;);)
 
 
Caroline Gravatar   17.10.2011 18:29
Oui Non OUah quelle verve! Les épreuves routières vous mettent peut-être à mal, cher Hardi, mais elles n'abiment en rien votre prose qui nous tient en haleine à chaque phrase!
 
 
araceli Gravatar   17.10.2011 12:20
Roursof le terrible Oui Non On mâche la poussière, on se gratte les morsures des moustiques et l'on respire à plein poumons l'air vivifiant de la taïga. Adelante caballero andante sin Rocinante!Nous attendons hors halène la suite de l'aventure8)  
 
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